Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
On regarde notamment les possibilités de recevoir des spectateurs à <em>La semaine des 4 Julie</em> cet automne, en respectant les règles les plus strictes.
On regarde notamment les possibilités de recevoir des spectateurs à <em>La semaine des 4 Julie</em> cet automne, en respectant les règles les plus strictes.

Applaudissez, le public est de retour

CHRONIQUE / Est-ce que ces images de parterres vides dans les émissions de variétés ne resteront qu’un vague souvenir de pandémie? Il se pourrait bien que oui. Qu’on rappelle l’animateur de foule, parce que différentes productions testent actuellement des tournages devant publics restreints, et ça marche. Après tout, depuis hier, les rassemblements de 250 personnes sont désormais acceptés par la Santé publique, y compris dans les studios de télévision qui permettent le «deux mètres». 

Ainsi donc, des émissions de Bijoux de famille, la nouveauté de Charles Lafortune à TVA (tournée à l’extérieur), et Le prochain stand-up à V, ont été enregistrées devant un nombre réduit de spectateurs, distanciés à moins qu’ils habitent à la même adresse. Bien évidemment, ça fait un public clairsemé, mais c’est mieux que rien. Curieux de voir ce que ça donne visuellement. On regarde aussi les possibilités de recevoir des spectateurs à La semaine des 4 Julie cet automne, en respectant les règles les plus strictes.

Par contre, à Télé-Québec, on semble moins pressé puisqu’on a repris les enregistrements de Génial! sans public, et que l’église de Y’a du monde à messe restera fermée aux fidèles, du moins pour l’instant. On réévaluera cet automne pour Belle et Bum. Même prudence du côté d’ICI Télé, où André Robitaille et Édith Cochrane ont entrepris les tournages des Enfants de la télé lundi, sans public.

Le plus ironique, c’est qu’à mon grand étonnement, vous avez été très nombreux à m’écrire que vous préfériez les formules sans public au printemps; «enfin, on entend ce qu’ils disent», «à quoi ça sert de crier?» et «les invités se sentent moins obligés de performer», me disiez-vous. Ça me rappelle les louanges pour le hockey sans commentaires durant le lock-out à Radio-Canada.

Il est vrai qu’à Tout le monde en parle, l’absence de public durant le confinement imposait une certaine quiétude, plus de réflexion dans les réponses. Et les applaudissements ne nous ont pas manqués un seul instant au spectacle de la fête nationale à Trois-Rivières. Mais je crains que les réactions du public feront terriblement défaut aux Enfants de la télé, où les rires fusent de partout durant toute l’heure. Pensez juste à La Voix, qui s’alimente énormément des acclamations de l’assistance. Pour La fureur, je pense qu’on peut oublier ça...

Heureusement, il n’est pas venu le jour où on ramènera les «rires en canne» de Symphorien. À V, par exemple, Le prochain stand-up, qu’animera Marie-Lyne Joncas, avait absolument besoin du public. De l’humour sans véritables rires, on s’entend que ce serait mortel. Un gag, silence, un autre gag, silence... Paraît que les tournages de Ce soir on char! au Ciné-Parc Saint-Eustache ont été démentiels, tellement le public d’automobilistes était heureux de renouer avec l’humour sur scène, dans un concert de klaxons. Les deux émissions seront de la première grille du «nouveau» V.

En ce qui concerne les séries de fiction, on a cru un temps devoir se farcir des reprises ou uniquement des séries déjà vues sur les plateformes numériques cet automne. Maintenant que plusieurs tournages ont repris, quel portrait peut-on faire de la programmation d’automne sur les grands réseaux? Le producteur André Dupuy dresse un bilan très positif des deux premières semaines de tournage de L’Échappée, qui prendra l’antenne de TVA un peu plus tard qu’à l’habitude cet automne, après la diffusion des six épisodes de Mon fils, excellente série du Club illico. «Il y a un esprit collectif très fort, autant chez les comédiens que chez les techniciens», me dit M. Dupuy. Il admet du même coup que les choses se compliquent lors des scènes à plus de trois ou quatre personnages, qui nécessitent plus de temps et de prudence.

On le sait: une production dispose d’un quart d’heure par jour pour tourner des scènes plus rapprochées, «à moins d’un mètre, sans masque de procédure ni protection oculaire», précise la CNESST. La production de L’Échappée n’a pas encore profité de ce privilège, mais le fera assurément dans les semaines à venir. «Avant d’y avoir recours, il faut que ça vaille la peine, parce que c’est complexe et les règles sont très strictes», affirme André Dupuy. Il précise que seulement quelques comédiens ont été sollicités pour ces scènes particulières, de même qu’une équipe réduite entièrement dédiée à faire respecter les règles.

M. Dupuy ajoute que les téléspectateurs sentiront la pandémie surtout dans les scènes d’hôpital. «On ne veut pas voir trop de masques», précise-t-il. L’auteure Michelle Allen a dû réécrire plusieurs scènes afin de limiter les complications sur le plateau. Pour l’instant, on compte tourner les 24 épisodes prévus. Le producteur convient qu’une nouvelle interruption due à une possible deuxième vague ne fait pas partie des plans. «On avance comme si tout allait bien, on continue de se protéger et on souhaite être épargnés.»

Par ailleurs, alléluia, les tournages de District 31 ont repris, nous assurant des épisodes manqués de la dernière saison, réunis en quatre heures dans la semaine du 7 septembre. Aetios Productions a plus récemment reparti la machine pour Toute la vie, sans date de diffusion pour l’instant. Dans le cas d’Une autre histoire sur ICI Télé, dont les épisodes de l’automne avaient déjà été complétés avant la pandémie, on reprendra le tournage sous peu pour les épisodes de l’hiver. Parenthèse: sachez que le comédien Brandon St-Jacques Turpin, largué par son agence d’artistes après des allégations d’inconduites sexuelles, n’apparaîtra qu’à quelques reprises durant l’automne dans la série de Chantal Cadieux. «Son personnage [de Colin] ne se retrouve pas dans les textes du prochain bloc dont le tournage débute le 19 août, et compte tenu des circonstances, il ne reviendra pas dans la série», m’informe la production par courriel. Entre nous, c’était la meilleure décision à prendre. St-Jacques Turpin jouait aussi dans L’Échappée, mais il était déjà prévu que son rôle de Jérôme ne revienne pas.

Dave-Éric Ouellet a avisé les producteurs de <em>C’est juste de la TV</em> de sa décision il y a deux mois, pour laisser le temps à l’équipe de lui trouver un successeur, aux côtés de l’animatrice Anne-Marie Withenshaw et des collaboratrices Thérèse Parisien et Nathalie Petrowski, toutes trois de retour.

C’EST JUSTE DE LA TV SANS MC GILLES

Oh que oui, j’ai appris que Dave-Éric Ouellet, alias MC Gilles, ne sera pas de retour cet automne parmi le panel de C’est juste de la TV, qui entreprendra sa 14e saison sur ICI ARTV. Après sept ans à livrer chaque vendredi soir ses «ça m’allume» et ses réparateurs, il travaillera désormais à temps plein au sein de l’équipe d’Infoman, à titre de producteur au contenu, en plus de son rôle de chroniqueur. MC a avisé les producteurs de C’est juste de la TV de sa décision il y a deux mois, pour laisser le temps à l’équipe de lui trouver un successeur, aux côtés de l’animatrice Anne-Marie Withenshaw et des collaboratrices Thérèse Parisien et Nathalie Petrowski, toutes trois de retour. Urbania, qui produit l’émission, a procédé depuis à des auditions pour trouver la bonne personne, et on sait qu’il s’agit d’un homme. MC Gilles, qui songeait à un départ depuis l’année dernière, poursuivra ses interventions au 98,5 et à RDS cet automne. Joint au téléphone, il affirme que son nouvel horaire chargé ne lui aurait pas permis de se consacrer pleinement à C’est juste de la TV et aux nombreuses heures de visionnement d’émissions. Ce rendez-vous a rallié 124 000 fans l’automne dernier et 110 000 à l’hiver, ce qui en fait l’émission la plus regardée d’ICI ARTV.