Jesse Cook sera de retour à Sherbrooke le mardi 21 novembre pour faire écouter sur scène son plus récent album, Beyond Borders.

Abattre les frontières avec la musique

L’émérite guitariste et compositeur Jesse Cook lançait le 15 septembre Beyond Borders, un album instrumental, mais pas moins politique.

« Le titre est une déclaration. Nous vivons à une époque où des murs et des frontières se construisent entre les peuples, qu’on pense au mur de Trump ou au Brexit en Angleterre. Il y a 30 ans, on avait détruit les murs avec Berlin et tout ça. Ma musique est instrumentale. Je n’ai pas les paroles pour parler des choses politiques, mais réunir les instruments du monde entier sur mes albums et faire que ces instruments s’harmonisent bien entre eux, pour moi, c’est politique. Et ça veut dire quelque chose », explique le musicien torontois.

Cela aurait été facile pour Jesse Cook de ne rien dire quand les États-Unis, pays où le guitariste se produit souvent en spectacle, ont élu Donald Trump en 2016. Mais il a fait un statut Facebook qui a provoqué de vives réactions.

« En résumé, je disais que j’étais surpris du choix des Américains, mais que j’espérais que ce n’était pas parce qu’ils étaient racistes ou sexistes qu’ils avaient pris cette décision. J’espérais qu’ils avaient d’autres raisons. Il y a eu de nombreuses répliques qui, en gros, disaient : shut up and sing [tais-toi et chante] », raconte l’artiste, doublement surpris que certains de ses admirateurs américains soient des électeurs de Trump.

« Toute ma vie, j’ai pensé que ceux qui aimaient ma musique étaient ouverts à toutes les cultures. Ma musique transporte tellement d’éléments que Trump n’aime pas avec ses sons latins, gitans et arabes. »  

« J’ai divisé mon public, mais je ne voulais pas que mes enfants dans 20 ans me demandent ce que j’ai fait et que je sois obligé de leur dire : rien. Je voulais leur répondre : oui, j’ai fait quelque chose. »

La tristesse par les harmonies

Après deux jours, Jesse Cook a supprimé son statut sur le réseau social. « Je crois en la liberté d’expression, mais je ne suis pas obligé de donner une plateforme à des commentaires haineux », note le musicien, ajoutant que le titre de son 12e album, Beyond Borders, est directement inspiré de la situation.

« J’ai toujours adoré traverser les frontières dans la vie comme dans la musique », résume-t-il.

La prochaine frontière qui l’intéresse est celle de l’Inde. « Certaines de mes compositions ont été utilisées dans des films hyper populaires de Bollywood. J’aimerais peut-être faire un album indien prochainement », explique l’artiste globetrotteur.

Et quand on traverse les frontières, est-ce possible de se perdre comme la pièce Lost, un des 12 titres du nouvel album, pourrait le laisser croire?

« En fait, j’ai composé Lost alors que j’étais triste, une mauvaise semaine, et je me suis dit que j’allais utiliser cette tristesse pour composer quelque chose de très profond. Car même si ma musique est souvent triste, je le suis rarement dans la vie. Après avoir fini la première version, je trouvais que la musique était moins triste que moi. J’ai alors pensé à Chopin qui explore la tristesse par les harmonies et j’ai ajouté des harmonies. Quand j’ai partagé la version définitive sur les réseaux sociaux, plusieurs de mes amis m’ont écrit, car ils étaient inquiets de mon état d’esprit », relate le guitariste, qui prouve encore que la musique n’a pas besoin de mots pour exprimer une émotion ou un message.

Pour sa présente tournée, Jesse Cook est accompagné de quatre autres musiciens dont ses complices de longue date Nicolas Hernandez à la seconde guitare et Chris Church au violon. En attendant, le musicien a produit des vidéos pour trois titres, Hembra, Double Dutch et Lost, sur YouTube.

Vous voulez y aller
Beyond Borders
Jesse Cook
Mardi 21 novembre, 20 h
Salle Maurice-O’Bready
Entrée : 45 $ (étudiants : 35 $)