Ann Thomas, commissaire de l’exposition et conservatrice en chef par intérim du Musée des beaux-arts du Canada, a présenté à la presse la nouvelle expo L’espace d'un instant : cinquante ans de collectionnement de photographies.

50 ans de photos exposées au MBAC

En exposant plus de 150 photos, l’Institut canadien de la photographie (ICP) du Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) veut mettre en lumière l’évolution du genre ainsi que l’influence qu’ont eu les photographes sur les générations qui les ont succédé.

Présentée du 4 mai au 16 septembre, L’espace d’un instant : cinquante ans de collectionnement de photographies, dévoile le travail d’une centaine d’artistes dont les célèbres Henri Cartier Bresson, Julia Margaret Cameron, Edward Burtynsky ou encore Diane Arbus, dont l’ICP a collecté depuis sa création en 1967.

L’exposition rassemble également les travaux de Lynne Cohen, Harold Edgerton, Walker Evans, Isabelle Hayeur, Zhang Huan, Josef Sudek ou encore Lisette Model et Charles Nègre.

« Cette exposition a été inspirée par les œuvres de la collection et par ce que les photos avaient à raconter à propos de l’art, de la science, de la société et de la justice, des idéologies politiques, du quotidien, de la technologie », explique Ann Thomas, commissaire de l’exposition et conservatrice en chef par intérim du MBAC.

Étendue sur plusieurs salles, l’exposition est présentée en sept thèmes différents afin de souligner les contrastes entre l’ancien et le moderne. On retrouve ainsi des photos sur les thèmes des conversations au fil du temps ; des innovations scientifiques et artistiques ; des explorations et découvertes ; d’un instrument de détection ; de la publicité ou encore des portraits et nouvelles trames narratives.

« Je ne voulais pas que ce soit chronologique afin de susciter des réflexions et que les gens voient que ce sont les mêmes sujets, mais si différents dans l’expression de l’image », souligne Mme Thomas.

Si plusieurs œuvres ont déjà été exposées comme la très célèbre Mère immigrante de Dorothea Lange ou encore La Cathédrale de Wells : une mer de marches de Frederick H. Evans, plus de la moitié des photographies n’avaient jamais été exposées.

Structure et contrastes

« Le défi a été de choisir moins de 200 œuvres dans une collection qui en compte 200 000, a fait savoir Mme Thomas. Et je ne voulais pas que l’exposition soit un pot-pourri d’images, mais qu’elle soit structurée afin de permettre aux visiteurs d’apprécier l’histoire du médium et la dialectique entre les images. »

Exposition notable de l’ICP, L’espace d’un instant : cinquante ans de collectionnement de photographies permet un voyage dans le temps, tant la technique de la photographie que dans l’approche du sujet. Tout en mettant en évidence que la photographie fige une époque dans le temps, l’exposition montre également à quel point les photographes sont influencés par leurs prédécesseurs.

« C’est une conversation entre deux époques. Il y a parfois un écart de 130 ans entre les photographes », explique Mme Thomas. Comme un daguerréotype effectué en 1845 et l’agrandissement d’une photo prise en 2013 que l’on peut voir dès le début de l’exposition. « Ce sont les mêmes sujets, les nus féminins. Le daguerréotype a été fait pour une étude afin de montrer la maîtrise de la technique. Quant à la photographie, elle montre davantage l’intériorité du sujet », commente la spécialiste.

La commissaire Ann Thomas fera une visite commentée de l’exposition ce samedi 5 mai.

L’espace d’un instant s’en ira par la suite à New York pour être présenté au Morgan Library & Museum du 15 février au 26 mai 2019.

Renseignements : beaux-arts.ca