<em>Watchmen</em>: les super-héros qui confrontent l’Amérique à ses démons passés et présents

Arts et spectacles

Watchmen: les super-héros qui confrontent l’Amérique à ses démons passés et présents

Andrew Marszal
Agence France-Presse
LOS ANGELES — Inspirée d’une bédé des années 1980. mais on ne peut plus actuelle, la série Watchmen, qui a triomphé aux Emmy Awards, mêle super-héros violents et satire politique pour mieux mettre la société américaine face à son passé raciste et aux démons qui la déchirent.

Avec onze récompenses à leur actif, les auteurs de la série ont profité dimanche soir de leur quart d’heure de gloire pour revenir sur les traumatismes historiques et les injustices sociales qui minent toujours les États-Unis, tout en laissant la porte ouverte à une éventuelle suite à la mini-série HBO.

Cérémonie virtuelle: l’audience des Emmy Awards au plus bas [VIDÉO]

Arts et spectacles

Cérémonie virtuelle: l’audience des Emmy Awards au plus bas [VIDÉO]

Agence France-Presse
LOS ANGELES — L’audience de la cérémonie des Emmy Awards, équivalent des Oscars pour la télévision américaine, a atteint dimanche soir le niveau le plus bas de son histoire, malgré une soirée 100% virtuelle sans accroc technique et généralement bien accueillie par la critique.

Selon les chiffres communiqués lundi par la chaîne ABC, qui la retransmettait, la 72e édition des Emmy Awards a rassemblé seulement 6,1 millions de téléspectateurs aux États-Unis, contre 6,9 millions l’an dernier et 10,2 millions en 2018.

Ellen DeGeneres présente ses excuses et souhaite tourner la page [VIDÉO]

Arts et spectacles

Ellen DeGeneres présente ses excuses et souhaite tourner la page [VIDÉO]

Mark Kennedy
Associated Press
NEW YORK — Ellen DeGeneres a utilisé son monologue d’ouverture de la nouvelle saison de son émission, lundi, pour répondre aux allégations d’«environnement de travail toxique», en s’excusant pour ce «qui n’aurait jamais dû arriver».

«Je sais que je suis dans une position de privilège et de pouvoir et je me rends compte que cela entraîne une responsabilité — et je prends la responsabilité de ce qui se passe à mon émission», a-t-elle déclaré dans une vidéo publiée lundi.

Le Festival REGARD débarque à Gatineau

Arts

Le Festival REGARD débarque à Gatineau

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Cet été, la mode était au cinéma en plein air et il semble bien que l’automne s’amorce sous le même thème puisque le Festival REGARD s’installe à Gatineau, ce jeudi et vendredi soir.

Présenté dans le cadre du Sentier culturel, le festival affichera une trentaine de courts-métrages provenant de divers pays. Projetés sur un écran installé derrière La Filature de la rue Hansen, sur les berges du ruisseau de la Brasserie, tous les films de la programmation seront accessibles gratuitement.

Le site ouvrira ses portes à compter de 17 h. On invite les festivaliers à apporter leurs chaises de parterre et une couverture chaude afin de profiter au maximum de ces deux soirées de projection. 

De l’animation est prévue dès 18 h sur le site et les projections débuteront au crépuscule. Deux volets seront offerts aux cinéphiles, soit une programmation familiale et un volet général.

Le tout débutera, ce jeudi, avec un spectacle du groupe gatinois Double Magnum, présenté dans le cadre des Sessions de balcon. Suivra la projection de cinq courts-métrages du volet familial. Enfin, pour terminer la soirée, huit productions du volet général sont au programme.

La programmation du vendredi débutera avec un DJ qui animera le site du festival. Il sera suivi du volet familial qui présentera cinq productions internationales. Enfin, pour clore l’événement, onze courts-métrages seront projetés. Pour obtenir la programmation complète du festival, il suffit de consulter le site du Sentier culturel.

L’acteur Michael Lonsdale est décédé à 89 ans [VIDÉO]

Cinéma

L’acteur Michael Lonsdale est décédé à 89 ans [VIDÉO]

Agence France-Presse
PARIS — Comédien des avant-gardes comme des productions populaires, l’acteur franco-britannique Michael Lonsdale, est décédé lundi à 89 ans, après 60 années de carrière et une consécration, pour ce chrétien fervent, pour son rôle de moine dans Des hommes et des dieux.

L’acteur à la chevelure et à la barbe blanche, interprète de plus de 200 rôles, est mort lundi après-midi à son domicile, à Paris, a précisé son agent Olivier Loiseau à l’AFP.

Catholique engagé, baptisé à 22 ans, il avait obtenu en 2011, à la veille de ses 80 ans, le César du Meilleur acteur dans un second rôle pour son interprétation de Frère Luc, moine cistercien libre et héroïque, assassiné à Tibéhirine, en Algérie, dans Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois.

La police britannique à la recherche des voleurs de cinq armes de James Bond

Cinéma

La police britannique à la recherche des voleurs de cinq armes de James Bond

Agence France-Presse
LONDRES — Scotland Yard a lancé lundi un appel à témoins pour tenter de retrouver les malfaiteurs qui ont fait main basse sur cinq armes de la saga James Bond, volées il y a six mois à une vingtaine de kilomètres au nord de Londres.

Le 23 mars au soir, alors que le nouveau coronavirus plongeait le Royaume-Uni dans le confinement, les cinq armes ont été dérobées chez leur propriétaire à Enfield. Si les voleurs ont été dérangés par les voisins, ils ont réussi à prendre la fuite avant l’arrivée de la police.

Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
35es Gémeaux: un bon et un beau gala

Télé

35es Gémeaux: un bon et un beau gala

CHRONIQUE / On ne voulait pas de Zoom ni de Skype, mais on aurait excusé quelques imperfections. Pendant que les Emmy s'y donnaient allègrement dans les remerciements à domicile, l'équipe des 35es Gémeaux s'est fendue en quatre pour nous offrir un gala bien au-delà des attentes et réunir les nommés en studio: pas d'images qui gèlent, beaucoup d'émotion, un décor beau, beau, beau, un superbe hommage à l'information, une Véronique Cloutier en pleine possession de ses moyens. Et les grands honneurs à District 31 et C'est comme ça que je t'aime.

Ce n'est pas ce qu'on peut appeler un gala paresseux. Pas question qu'on laisse le public avec l'impression qu'il était devant un semblant de gala parce qu'on est en pandémie. La réalité augmentée, qui permettait entre autres de voir les nommés debout en marge des extraits durant leur catégorie, aurait pu relever du gadget; pas du tout, elle apportait beaucoup de vie à ce gala. C'était superbement utilisé et, à ma connaissance, pas un seul pépin technique. Et on n'était même pas au Saint-Denis mais bien au Studio 42.

District 31 a autant séduit le public que les jurys des Gémeaux: la série de Luc Dionne a remporté le prix du public et celui de la série dramatique annuelle. «On va être là le plus longtemps possible», a lancé Fabienne Larouche en allant chercher le premier, faisant allusion à la deuxième vague annoncée, qui pourrait mettre fin aux tournages, ce qu'on ne souhaite surtout pas. Michel Charette allait plus tard cueillir le trophée du meilleur premier rôle masculin pour son interprétation de Bruno Gagné, alors que Geneviève Schmidt avait remporté celui du rôle de soutien pour Nancy Riopelle. C'était clairement leur année à ces deux-là.

Bien que les juges auraient dû penser à nommer Pier-Luc Funk pour Fragile, Antoine L'Écuyer, absolument phénoménal dans Mon fils, méritait pleinement son prix dans la catégorie des séries dramatiques. J'ai beaucoup aimé Florence Longpré dans M'entends-tu?, qui l'a remporté pour une deuxième année consécutive, mais tout le monde a souligné la performance exceptionnelle de Marilyn Castonguay en Huguette dans C'est comme ça que je t'aime. «J'ai pas mis de brassière. Liberté!» s'est écriée Florence Longpré en fin de discours, une ligne reprise avec humour par Guylaine Tremblay et Josée Deschênes, qui elles, en portaient un.

Élue meilleure série dramatique en plus de remporter les prix pour la réalisation et les textes en après-midi, C'est comme ça que je t'aime est certainement l'une des meilleures surprises que nous aura données la télé cette année. Dommage tout de même que Fragile n'ait rien eu dimanche soir, et une chance que Martin Drainville avait sauvé la mise en après-midi avec son Gémeaux du rôle de soutien.

Récompensée pour son rôle d'Anémone dans Une autre histoire, Marina Orsini n'avait pas remporté de Gémeaux depuis ceux de L'or et le papier et Les filles de Caleb en 1990 et 1991. Lâcher prise, qui a pris fin cette année, a remporté le Gémeaux de la meilleure comédie, en plus de voir l'une de ses vedettes, Sophie Cadieux, repartir avec statuette. Du côté masculin, c'est Fabien Cloutier qui l'a remporté pour Léo, dont on devra hélas se passer cette année.

Véronique Cloutier avait dit qu'elle laisserait ses collègues tranquilles, mais elle s'est quand même permise quelques gags salés, reprenant le titre de Lâcher prise pour «un documentaire qui relate les derniers mois dans la vie de l'agente de Lucie Laurier». Elle s'est aussi moquée d'un Normand Brathwaite fatigué, qui cherche ses ancêtres dans les pubs d'Ancestry. «Non Normand, on veut pas savoir d'où tu viens, on veut juste que t'ailles faire dodo!»

Sans conteste, le plus beau moment de la soirée: la chanson Face au vent par Mélissa Bédard, Louis-Jean Cormier et Marieme Ndiaye, sur fond d'images de cette folle année dans l'actualité. Un beau prétexte pour décerner le Grand Prix de l'Académie aux chefs d'antenne, journalistes et artisans des services de l'information, qui ne l'ont pas volé! Il n'y avait plus de compétition entre Sophie Thibault, Céline Galipeau, Pierre Bruneau et Patrice Roy, réunis sur scène. Et ce, quelques heures à peine après une conférence de presse du ministre Dubé, qui n'avait vraiment pas de bonnes nouvelles à nous annoncer.

Plusieurs numéros de présentations, pas tous, ont atteint leur but. On a réuni Simon Olivier Fecteau, créateur du Bye Bye, et son souffre-douleur Michel-Olivier Girard des pubs d'A&W, dans un numéro d'affrontement digne des Olivier. Le premier a fini par offrir à l'autre un rôle dans le prochain Bye Bye. Au nom de tous les travailleurs du Québec, Girard lui a dit: «Va chier!» Je ne serais quand même pas surpris de voir le comédien apparaître dans la revue de fin d'année... si elle a bien lieu! Marie-Eve Janvier et Katherine Levac, l'ancienne et nouvelle animatrice de L'amour est dans le pré se sont aussi taquinées, la deuxième félicitant la première pour À tour de rôles, «une émission que je vais sûrement finir par animer quand tu vas en quête de nouveaux défis».

Belle idée de demander à Raphaël Duplessis de la série Autiste, bientôt majeur de présenter la catégorie des médias numériques avec Élijah Patrice-Baudelot d'Alerte Amber. Gagnante pour C'est quoi l'trip?, Rosalie Bonenfant en a profité pour déplorer le manque de diversité dans les galas. «C'est quoi l'trip de célébrer juste une fraction de la population?» a demandé celle qu'on verra cet hiver à Deux hommes en or. Belle idée aussi de confier la catégorie des jeux à deux personnes du public qui aiment assister aux émissions, et qui s'ennuient des studios. Guy Jodoin, qui a gagné pour Le tricheur, son premier Gémeaux pour l'animation, a justement eu une pensée pour l'animateur de foule Gino Lévesque, le seul de l'équipe à avoir perdu son emploi.

Inspiré d'«Un café avec nos aînés», mon segment préféré de Bonsoir bonsoir! cet été, «Un café avec nos nommés» a ramené Patsy Gallant, Soeur Angèle et Shirley Théroux pour interviewer les nommés en téléréalité dans un numéro décousu mais drôle. «J'ai tellement hâte de pouvoir vous serrer dans mes bras», a lancé à ses parents Élyse Marquis, qui méritait pleinement son trophée des Chefs! Très émue, l'animatrice a salué le métier exigeant de cuisinier, «pas assez reconnu». France Beaudoin est repartie non pas avec un mais bien deux trophées fort mérités aussi, pour En direct de l'univers, spéciale du Jour de l'an et Pour emporter.

Il n'y a pas à dire, la télé méritait son gala cette année, et ses artistes et artisans aussi. Qu'on soit en zone jaune ou orange, on sera bien contents d'avoir la télé dans les mois qui viennent, en se les souhaitant pas trop pénibles.

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Trois candidats de l’Outaouais aux Directs de La Voix

Arts

Trois candidats de l’Outaouais aux Directs de La Voix

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Les candidats de La Voix reprenaient là où ils avaient laissé avant les mesures de confinement en mars dernier. Dimanche soir, on avait droit aux Chants de bataille enregistrés avant l’arrêt des diffusions.

Bien installée sur son «trône blanc», Ginette Reno a regardé avec satisfaction les candidats qu’elle a coachée afin de les préparer aux Chants de bataille, et ce, à titre de mentor de cette 8e saison. 

Cette partie de la compétition a été enregistrée avant la mise en place des mesures de santé publique. La production avait décidé de la remettre à plus tard afin de faire le lien avec les Directs qui eux, seront présentés dès la semaine prochaine et selon les recommandations gouvernementales actuelles.

«PandEmmys»: les vedettes d’Hollywood célébrées à distance aux Emmy, version coronavirus

Télé

«PandEmmys»: les vedettes d’Hollywood célébrées à distance aux Emmy, version coronavirus

Laurent BANGUET
Agence France-Presse
LOS ANGELES — Les vedettes des séries télé assistaient dimanche depuis leur salon ou leur chambre à la soirée des Emmy Awards, équivalent des Oscars pour le petit écran aux États-Unis, où les premiers vainqueurs ont comme prévu reçu leur récompense à distance, pandémie oblige.

Catherine O’Hara, sacrée «meilleure actrice» dans une série comique pour Schitt’s Creek, s’est ainsi vu remettre la statuette dorée des mains d’un homme revêtu d’une combinaison intégrale de protection biologique.

<em>Nomadland</em> se place pour les Oscars après sa victoire à Toronto

Cinéma

Nomadland se place pour les Oscars après sa victoire à Toronto

Agence France-Presse
LOS ANGELES — La cérémonie des Oscars, repoussée pour cause de pandémie, n’a lieu que dans sept mois mais le film Nomadland vient de consolider son statut de favori en remportant dimanche le prix du Festival international du film de Toronto (TIFF).

Ce road trip mélancolique signé Chloé Zhao, réalisatrice américaine d’origine chinoise de 38 ans, met en scène l’actrice aux deux Oscars Frances McDormand, dans le rôle d’une femme brisée qui plaque tout pour vivre sur la route.

Les réalisateurs noirs américains peinent encore à percer au cinéma

Cinéma

Les réalisateurs noirs américains peinent encore à percer au cinéma

Thomas Urbain
Agence France-Presse
NEW YORK — Ils ont vu percer Ryan Coogler (La panthère noire), Barry Jenkins (Moonlight) ou Jordan Peele (Get Out) et saluent des progrès, mais beaucoup de réalisateurs afro-américains se heurtent encore à un milieu du cinéma loin de les accueillir à bras ouverts.

Charlie Buhler voulait faire un film d’action, un thriller sur fond de pandémie, une idée qui la travaillait bien avant le coronavirus.

La jeune trentenaire, métisse, est allée frapper à des portes, mais «c’est déjà dur pour une femme de faire un film d’action, alors une femme de couleur...»

Sans aucun moyen, elle a tout de même réalisé Before the Fire, en partie dans la ferme de sa grand-mère, dans le Dakota du Sud dont elle est originaire. Le film a été sélectionné au festival international de Harlem, qui s’achève ce dimanche, en version virtuelle.

Ces cinq dernières années, un nombre inédit de metteurs en scène afro-américains ont accédé à la reconnaissance mondiale, dans des genres très différents, le plus visible étant Ryan Coogler, dont le Black Panther a ramassé 1,3 milliard de dollars au box-office.

«Les choses ont changé», observe Cheryl Hill, productrice noire et ancienne cadre des studios Disney. «Il y a plus de demandes. […] On ne peut pas encore parler de 2020, mais 2018 et 2019 ont été de bonnes années. J’ai espoir.»

Tous mentionnent le rôle des plateformes vidéo, Netflix notamment, qui ont ouvert des horizons aux minorités.

La baisse du prix du matériel et l’accès à internet ont aussi permis de faire plus facilement des films et de les présenter au public.

«Quand j’ai commencé», il y a plus de 20 ans, «ils disaient : il n’y a pas de marché» pour les films avec des acteurs noirs, se souvient Cheryl Hill, cofondatrice de la Harlem Film Company. «La suite a prouvé que c’était ridicule.»

Les Oscars montrent la voie 

Mais les portes ne se sont pas ouvertes en grand pour autant, constatent de nombreux professionnels.

«Je n’allais nulle part», se souvient Charlie Buhler, 32 ans aujourd’hui, «alors que les hommes blancs de mon âge gravissaient les échelons parce qu’on leur donnait leur chance, bien qu’ils n’aient aucune expérience.»

«L’industrie du cinéma est basée, depuis longtemps, sur l’apprentissage», explique Jonathan Tazewell, dont le film Gotta Get Down To it, a également été retenu par le festival, connu pour son ouverture à la diversité.

«L’idée, c’est vraiment de pousser quelqu’un que tu connais», dit-il. «Et si cela n’arrive qu’entre une personne blanche et une autre personne blanche, alors le visage de l’industrie ne peut pas changer.»

En 2019, la proportion des comédiens noirs dans les films aux États-Unis était de 15,7 %, supérieure à leur part dans la population américaine (13,4 %), selon une étude publiée début septembre par l’Annenberg Inclusion Initiative, un centre de réflexion rattaché à l’université de Californie du Sud (USC).

Mais derrière la caméra, parmi les 100 films américains à avoir rapporté le plus, seuls 6,3 % des réalisateurs étaient afro-américains. Quelque 93 % des producteurs étaient des hommes blancs.

La semaine dernière, l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences a mis en place une série de critères qu’une oeuvre devra remplir pour prétendre à l’Oscar du meilleur film, à compter de 2024.

Distribution, équipe technique, mais aussi production, ou programmes d’apprentissage à destination des minorités, il faudra désormais donner des gages de diversité.

Depuis sa création il y a 15 ans, le festival de Harlem a dans son ADN la mission de «présenter un nombre important de films (qui émanent de) voix sous-représentées», selon Nasri Zacharia, le directeur de programmation. «Nous donnons de la visibilité, de la reconnaissance.»

Pour Jonathan Tazewell, c’est maintenant aux grands festivals d’emboîter le pas, en adoptant des mesures similaires à celles des Oscars.

«La discrimination positive a mauvaise réputation parce que derrière, il y a l’idée que les gens qui en bénéficient ne le méritent pas», considère Charlie Buhler, «alors que ce n’est pas le cas. La communauté blanche bénéficie d’une forme de discrimination positive depuis des siècles.»

L’accélération du mouvement Black Lives Matter depuis le printemps infusera-t-elle le milieu de la culture en général et celui du cinéma en particulier ?

«Après le début du  #MoiAussi, se souvient Charlie Buhler, j’ai senti une vraie évolution dans les relations entre hommes et femmes. J’espère que ce sera la même chose cette fois.»

La liste: cinq œuvres sur l’identité juive pour Roch Hachana 

Arts

La liste: cinq œuvres sur l’identité juive pour Roch Hachana 

L'équipe des arts
L'équipe des arts
Le Soleil

1. Socalled

Parmi les nombreux chapeaux artistiques revendiqués par l’inclassable Josh Dolgin, alias Socalled, il y a celui de magicien. Même au-delà de ses tours, le Montréalais expert en métissages l’a souvent prouvé en studio en alliant une fascination pour la musique klezmer avec un don pour le hip-hop, le funk ou la pop. Un pied dans ses racines juives et l’autre dans la modernité, une imagination débridée… L’œuvre de Socalled n’a pas manqué d’occasions de nous captiver. Geneviève Bouchard

Trois jours de musique pour célébrer l'identité franco-ontarienne 

Journée des Franco-Ontariens

Trois jours de musique pour célébrer l'identité franco-ontarienne 

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Entre spectacles «en présentiel» et programmation numérique, la journée des Franco-Ontariens proposera une programmation éclatée, autour du 25 septembre.

À cause de la pandémie, le Festival Franco-Ontarien a dû modifier les dates de la tenue de sa 45e édition, qui devait initialement se tenir en juin. La scène du Franco recevra la visite d’Ariane Moffatt le 25 septembre, puis celle d’Isabelle Boulay, le lendemain. 

Ces deux concerts auront lieu au parc Major Hill et devant public... mais la foule est limitée à 100 personnes, COVID-19 oblige.

Les prestations seront toutefois captées, et diffusées en streaming live sur le site Internet du Franco. Une brochette d’artistes de la région y participeront.

Le rappeur Le R 1er, la chanteuse Rosie Valland (qui a enregistré plusieurs de ses chansons au studio des frères Levac, dans l’Est ontarien) et le duo folk électronique De Flore auront l’honneur  de partager la scène avec Ariane Moffatt.

Le 26, le temps d’une soirée aux accents country-folk, Isabelle Boulay sera elle aussi entourée d’une brochette d’invités.

Le public pourra ainsi voir Paul Daraiche, mais aussi une poignée d’artistes ottaviens»: Céleste Lévis, en tandem avec son complice scénique Marc-Antoine Joly (JOLY), Mélissa Ouimet et le duo Mountain Daisies.

Pour accéder au site, il en coûte 45 $. La soirée d’ouverture (Ariane Moffatt) est à guichets fermés. Les Internautes pourront accéder à la diffusion en direct moyennant une contribution financière de 11,58$. Le site au Parc Major Hill ouvrira ses barrières à 19h; les spectacles sont annoncés pour 19h30.

La billetterie en ligne se trouve ici.

Renseignements: ffo.ca

Le Démon blond au cinéma

Cinéma

Le Démon blond au cinéma

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Quand on entendait scander trois fois de suite ce prénom à l’intérieur du Forum de Montréal, on savait que le Canadien avait une bonne soirée. «Guy ! Guy ! Guy !», lancé comme un cri de ralliement, faisait trembler tous les gardiens de but de la Ligue nationale de hockey.

Idole d’une – ou plusieurs – génération de partisans de la Sainte-Flanelle, Guy Lafleur a marqué l’imaginaire au même titre que Maurice Richard ou Jean Béliveau. Lafleur a rempli les filets adverses et les poches de ses patrons pendant deux décennies avant de voir l’organisation qu’il vénérait lui tourner le dos.

Annie Villeneuve en «état de vigilance»

Musique

Annie Villeneuve en «état de vigilance»

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Ce n’est pas la COVID-19 qui mettra en danger Annie Villeneuve lors de son spectacle de samedi soir, mais plutôt le concept même de sa prestation.

La chanteuse originaire du Saguenay s’installera sur la scène de la salle Odyssée de Gatineau dans un environnement pour le moins « différent ».

<em>Célibataires à boutte</em>: cinq femmes en quête d’amour [VIDEO]

Télé

Célibataires à boutte: cinq femmes en quête d’amour [VIDEO]

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Comment fait-on pour rencontrer l’âme sœur en temps de pandémie? La question a été posée à cinq jeunes femmes célibataires dans le cadre d’une nouvelle émission qui sera diffusée sur les ondes de Canal Vie, Célibataires à boutte.

Cette série documentaire expose la quête d’une spécialiste en relations interpersonnelles, Olenny Pelletier, qui analyse le célibat en temps de pandémie. L’émission suit cinq jeunes femmes célibataires qui cumulent rencontres et relations dans l’espoir de trouver leur prince charmant. À travers diverses activités et situations, les téléspectateurs pourront découvrir ce que ces célibataires sont prêtes à accepter ou non pour y parvenir.

Panorama: lu, vu et entendu cette semaine

Arts

Panorama: lu, vu et entendu cette semaine

L'équipe des arts
L'équipe des arts
Le Soleil
Vu, lu, entendu cette semaine : La ballade de Baby,

Livre
La ballade de Baby ***
Roman, Heather O’Neill
Alto nous avait gratifiés, l’an dernier, de la traduction du deuxième roman d’Heather O’Neill, Mademoiselle Samedi soir. Voici arrivée celle, encore une fois par Dominique Fortier, de son premier titre, publié en 2006 : La ballade de Baby. L’autrice anglo-montréalaise pose ici les bases de l’édifice romanesque qu’elle continue d’ériger depuis. Elle explore l’univers des marginaux poqués par la vie, mais qui n’ont pas moins une existence riche de sentiments, de contradictions et d’espoirs (souvent déçus). L’intérêt de ce premier essai, moins fort que Samedi soir ou L’hôtel Lonely Hearts, réside dans son choix de confier la narration à Baby, 12 ans, bientôt droguée et prostituée, qui habite avec Jules, son jeune père électron libre. Coin Sainte-Catherine et Saint-Laurent, la gamine va découvrir le monde des laissés pour compte avec la naïveté de l’enfance, qui cédera peu à peu la place à la lucidité «adulte». C’est cru, ça brasse, ça fait mal en dedans, mais, comme toujours, il y a la voix d’une autrice originale et pertinente.  Éric Moreault

Emmy Awards: en direct mais 100% virtuelle

Arts et spectacles

Emmy Awards: en direct mais 100% virtuelle

Andrew Marszal
Agence France-Presse
LOS ANGELES — Pas de tapis rouge, pas de célébrités en tenues de gala, pas de Trône de fer: la 72e édition des Emmy Awards, équivalent des Oscars pour la télévision américaine, doit relever dimanche le pari d’un show 100% virtuel, une première à Hollywood depuis le début de la pandémie.

Le coronavirus bouleverse depuis six mois l’industrie du divertissement, tous les tournages ayant été suspendus en Californie avec le confinement.

Un retour sur disque pour Travis Cormier

Arts

Un retour sur disque pour Travis Cormier

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Le Québec l’a découvert en 2016 et l’a suivi sur toutes les scènes de la province. Aujourd’hui, Travis Cormier revient aux sources en proposant une chanson qui pourrait bien tracer la voie à un nouvel album.

Inscrite dans des sonorités country rock, She’s Gonna Be a Song a été lancée vendredi sur toutes les plateformes de téléchargement, et ce, accompagnée d’un vidéoclip.

« C’est une chanson et un style qui me ressemblent beaucoup, de confier au Droit le chanteur originaire de Moncton. Je me suis impliqué dans le processus de création autant dans l’écriture que dans la composition et dans la réalisation. Je suis très fier du résultat. »

Pour cette chanson qui raconte l’histoire d’un coup de foudre, Cormier s’est associé à deux auteurs-compositeurs, soit le Montréalais Ken Presse et Luke Sheets, de Nashville.

« On a écrit la chanson ensemble, en travaillant à distance, explique-t-il. On se faisait des réunions de production sur zoom. J’avoue que j’aime bien travailler comme ça. Ça me permet de réunir rapidement des collaborateurs autour de moi, tout en restant à la maison. »

Travis l’avoue d’emblée, il est un gars de gang, qui aime travailler en équipe.

« Je ne suis pas du genre à rester dans mon sous-sol pour composer des tounes, avoue-t-il. J’aime beaucoup mieux être entouré de gens compétents et avec qui je suis à l’aise. Je crois beaucoup au travail d’équipe. Ça donne de très bons résultats. »

Winston Groom, l’auteur de Forrest Gump, est mort à 77 ans

Arts et spectacles

Winston Groom, l’auteur de Forrest Gump, est mort à 77 ans

Associated Press
FAIRHOPE, Ala. — Winston Groom, dont le livre Forrest Gump est devenu un film à grand succès et un véritable phénomène culturel aux États-Unis, est mort à l’âge de 77 ans.

La mairesse de Fairhope, en Alabama, Karin Wilson, a annoncé sur les médias sociaux que M. Groom était décédé dans sa ville. Un salon funéraire local a également confirmé le décès et a déclaré que des arrangements étaient en cours.

L’acteur Roger Carel, la voix d’Astérix, décède à 93 ans

Cinéma

L’acteur Roger Carel, la voix d’Astérix, décède à 93 ans

Agence France-Presse
PARIS — L’acteur Roger Carel, comédien et légende du doublage francophone, qui a prêté sa voix à de nombreux personnages de dessin animé dont Astérix et Mickey, est décédé à l’âge de 93 ans, a-t-on appris vendredi auprès de son fils.

L’acteur est mort le 11 septembre et a été inhumé dans la plus stricte intimité à Villejésus (ouest) jeudi, a précisé à l’AFP son fils Nicolas.

Du cirque à marée haute

La Fabrique culturelle

Du cirque à marée haute

La Fabrique culturelle
Télé-Québec
Huit membres du collectif Acting for Climate Montréal ont passé une semaine à expérimenter l’eau, les vagues, les falaises et la forêt du mythique Sea Shack afin de mettre sur pied un concept de spectacle in situ et, surtout, de tenter de répondre à la question: «Coudonc, ça se fait-tu, troquer un chapiteau de cirque [contre] une forêt, un lac, un fleuve?» (La réponse est oui, mais oubliez ça; ça ne roule pas dans le sable, une roue allemande.)

Ayant remplacé cet été ses concerts festifs pour des résidences de création artistique, l’équipe du Sea Shack a invité la troupe de cirque à venir explorer le potentiel de ses lieux. L'occasion était parfaite pour ces huit circassiens unis bien sûr par une délicieuse folie, mais également par un désir de pratiquer leur art de façon écoresponsable; de pousser cette réflexion dans un environnement grandiose et plutôt festif. Une expérience enrichissante, à la fois pour le collectif et pour l’équipe de La Fabrique culturelle!

Les membres du collectif sont Anne-Marie Godin, Samuelle McGowan, Raphaël Filiatreault, Agathe Bisserier, Clara Prezzavento, Heidi Blais, Mathieu B.-Girard et Nathan Biggs-Penton.

Crédits

  • Télé-Québec Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine
  • Caméraman-monteur-réalisateur: Julien Leblanc
  • Coordonnatrice: Caroline Bujold
  • Technicienne en production régionale: Janie Poirier
  • Œuvres du collectif Acting for Climate Montréal: Anne-Marie Godin, Samuelle McGgowan, Raphaël Filiatreault, Agathe Bisserier, Clara Prezzavento, Heidi Blais, Mathieu B.-Girard et Nathan Biggs-Penton
  • Remerciements à Alexis Poirier, à Kloé Chagnon-Taillon et à Simon Bélanger, du Sea Shack.
La vie de Guy Lafleur portée à l’écran

Arts

La vie de Guy Lafleur portée à l’écran

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Quand on entendait scander trois fois de suite ce prénom à l’intérieur du Forum de Montréal, on savait que le Canadien avait une bonne soirée. Guy ! Guy ! Guy !, lancé comme un cri de ralliement, faisait inévitablement trembler tous les gardiens de but de la Ligue nationale de hockey.

Idole d’une — ou plusieurs — génération de partisans de la Sainte Franelle, Guy Lafleur a marqué l’imaginaire au même titre que Maurice Richard ou que Jean Béliveau. Lafleur a rempli les filets adverses et les poches de ses patrons pendant deux décennies avant de voir l’organisation qu’il vénérait lui tourner le dos. Après deux retours au jeu, à New York et à Québec, il accrochera finalement ses patins.

Voilà une petite partie de la trame que Christal Films Production est en train de concocter en vue de la production d’un film sur la vie du célèbre hockeyeur originaire de Thurso, en Outaouais.

Il y a 50 ans: <em>Le Mans</em> ou le crash hollywoodien de Steve McQueen

Cinéma

Il y a 50 ans: Le Mans ou le crash hollywoodien de Steve McQueen

Jean-Louis Doublet
Agence France-Presse
LE MANS — Bien avant le succès de Ford contre Ferrari, sorti en salle en fin d’année dernière, Hollywood s’était déjà essayé il y a 50 ans à capturer le mythe des 24 heures avec le film Le Mans, dont l’acteur principal est Steve McQueen, un désastre critique et financier.

Tourné en août et septembre en décor naturel sur le circuit manceau, le film s’était à l’époque attiré les commentaires acerbes des spécialistes qui n’y retrouvaient pas la lumière de juin, le mois pendant lequel se court traditionnellement cette épreuve légendaire.

Le premier volume des mémoires de Barack Obama sortira après l’élection [VIDÉO]

Arts et spectacles

Le premier volume des mémoires de Barack Obama sortira après l’élection [VIDÉO]

Associated Press
NEW YORK — Le premier volume des mémoires de l’ancien président des États-Unis Barack Obama sortira le 17 novembre, deux semaines après le jour de l’élection américaine. Il s’intitulera A Promised Land et couvrira son ascension rapide et historique à la Maison-Blanche, ainsi que son premier mandat.

La date de publication du deuxième volume n’a pas encore été déterminée.

COVID: Scorsese s’inquiète que le cinéma soit «relégué au second plan»

Cinéma

COVID: Scorsese s’inquiète que le cinéma soit «relégué au second plan»

Michel Comte
Agence France-Presse
OTTAWA — Le cinéma est en train d’être «relégué au second plan et dévalorisé» pendant la pandémie de coronavirus, a averti le réalisateur américain Martin Scorsese lors d’une présentation virtuelle au Festival international du film de Toronto.

«Le fait que les festivals de cinéma continuent d’avoir lieu — improvisent, s’adaptent, font en sorte que tout fonctionne d’une façon ou d’une autre — est très émouvant pour moi», a déclaré l’auteur du film oscarisé Les Affranchis.

<em>District 31</em> toujours numéro 1

Télé

District 31 toujours numéro 1

Richard Therrien
Richard Therrien
Le Soleil
BLOGUE / Fidèle à son habitude, District 31 a été l'émission la plus regardée lundi soir avec 1 521 000 téléspectateurs, sur ICI Télé. C'est pratiquement égal à l'an dernier, alors que le premier épisode de la saison en avait rallié 1 523 000. À la même heure à TVA, Refuge animal a été choisie par 692 000 téléspectateurs.

À 19h30, le rediffusion de Discussions avec mes parents a été vue par 775 000 téléspectateurs sur ICI Télé, contre 587 000 pour Sucré salé à TVA.

À 20h, Une autre histoire sur ICI Télé (824 000) a eu le dessus sur Mon fils à TVA (763 000).

À 21h, la nouveauté À tour de rôles, animée par Marie-Eve Janvier, a dominé de peu avec 617 000 téléspectateurs à TVA, contre 572 000 pour l'excellente série de Serge Boucher, Fragile, sur ICI Télé, et 180 000 pour La semaine des 4 Julie sur Noovo.

À 18h, TVA Nouvelles retient 810 000 téléspectateurs, alors que les meilleurs moments d'Un souper presque parfait intéressent 153 000 irréductibles. À 18h30, Le tricheur est suivi par 910 000 habitués à TVA, alors que la première d'Occupation double chez nous a attiré 253 000 curieux sur Noovo. Le téléjournal de 18h rejoint 393 000 fidèles à 18h et 364 000 à 18h30 sur ICI Télé.

Source: Numeris

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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
<em>Escouade 99</em>: Patrick Huard défend son casting

Télé

Escouade 99: Patrick Huard défend son casting

CHRONIQUE / «Ceux qui sont là, ce sont les meilleurs que j'ai trouvés pour chacun des personnages.» Réalisateur d'Escouade 99, l'adaptation de Brooklyn Nine-Nine resituée à Québec, Patrick Huard prend sur ses épaules le choix de deux actrices blanches pour des rôles initialement joués par des Latino-Américaines. La décision a soulevé bien des questions sur la diversité dans nos séries, notamment de la part de Melissa Fumero, actrice la version originale, qui s'est exprimée sur Twitter.

En conférence de presse virtuelle mercredi à l'occasion de la sortie de la série dès aujourd'hui sur le Club illico, Patrick Huard n'a pas attendu les questions avant d'aborder de front la controverse. On le sent très sensible sur cette question. «On l'a fait avec notre cœur, personne n'avait de mauvaises intentions», assure le réalisateur, qui n'avait encore jamais commenté l'affaire publiquement. «Chose certaine, il n'y a pas eu de white washing», dit-il, fier de la série qu'il présentait aux médias.

Huard explique que la composition d'un casting comporte de multiples défis, dont ceux de représenter un Québec crédible et de créer une cohésion entre les acteurs. «Nos choix ne sont pas toujours cohérents avec les attentes des gens», admet celui qui n'avait pas réalisé depuis 10 ans. Vous ne l'entendrez pas dire qu'il regrette son choix, ou qu'il ferait les choses autrement si c'était à refaire. «Ne me demandez pas de renier mon cast, je les aime comme mes enfants et je vais les défendre», dit-il, considérant avoir procédé aux auditions de la manière la plus rigoureuse qui soit.

À ce titre, on l'a vu sortir ses griffes, la gorge nouée, en dénonçant la façon odieuse dont ont été traitées les deux comédiennes, Bianca Gervais et Mylène Mackay, envahies de messages haineux alors qu'elles n'y sont pour rien et qu'elles n'ont fait que leur travail. «Ça, je ne l'accepte pas. Je suis prêt à écouter ce que les gens ressentent par rapport aux choix qu'on a fait et que j'assume complètement. […] Mais ces personnes ne méritent pas de se faire insulter, de se faire menacer physiquement. Ça ne fait rien avancer et c'est socialement inacceptable», a-t-il martelé, à raison.

La direction de TVA le dit et le répète: Escouade 99 n'est pas un remake mais une adaptation, destinée aux novices. «Ceux qui ont vu la version originale, je ne peux que les décevoir. Je m'adresse aux millions de Québécois qui ne connaissent pas la série», admet d'emblée Patrick Huard, devançant les inévitables comparaisons des amateurs déçus.

Bien qu'elle reprenne les scénarios d'origine, la série aura sa touche bien québécoise, parce que nous sommes différents des Américains à bien des égards. «Notre oreille humoristique n'est pas la même que la leur. Le niveau de jeu, le montage, les looks, on a moins ça dans l'oeil. On s'attend à un niveau de jeu plus proche de la vérité, on ne tripe pas tant sur les décors, on préfère les lieux réels. On aime les pauses, on aime les silences au Québec.»

Pourquoi refaire quelque chose qui a déjà été fait ailleurs? Les Français croient encore qu'Un gars, une fille a été créée en France, le plus beau compliment qu'ait pu recevoir la production. Ça signifie que le sujet de base est universel et que l'adaptation a atteint son but, sans dénaturer le produit. Je préfère bien sûr qu'on crée nos propres histoires, mais je ne rejette pas d'emblée une adaptation, si elle est bien faite.

Alors que d'autres séries se déroulent à Québec sans y avoir été tournées, celle-ci, produite par ComediHa!, a bel et bien planté ses caméras dans la capitale. On veut montrer autre chose que le Château Frontenac. «Le Québec qu'on montre n'est pas celui des touristes mais celui des résidents», précise le réalisateur. Pour mieux coller à notre réalité, le texte est assorti de références québécoises, d'une réplique du film De père en flic – «Habite tes testicules!» – aux paroles de la chanson Quand on se donne de Francis Martin. Pour le reste, l'oeuvre demeure très fidèle à la série originale.

L'histoire commence alors que l'équipe du poste de police #99 accueille un nouveau commandant, Raymond Célestin (Widemir Normil), beaucoup plus sévère que son prédécesseur, et qui a l'intention de mettre aux pas ses détectives, une gang de mésadaptés, brouillons et dissipés malgré leur efficacité. Le pitre en chef s'appelle Max Lemieux (Mickaël Gouin), un ado attardé jamais sérieux et qui n'a surtout pas l'air d'un détective. Autour de lui, une galerie de personnages hétéroclites, dont l'ambitieuse Fanny Lizotte (Mylène Mackay), qui fait tout pour impressionner le commandant, Charles Lépine (Guy Jodoin), le nerd du poste, savant mais maladroit, et Rosalie Boucher (Bianca Gervais), dure à cuire, mystérieuse et qui ne s'en laisse pas imposer. Un détestable personnage vient leur empoisonner l'existence, le lieutenant Bourgault, surnommé le Vautour, des Crimes majeurs, terriblement arrogant avec l'équipe – «ciao, les losers!» –, sexiste de surcroît, et joué avec mordant par l'humoriste Olivier Martineau. Les habitués, qui connaissent le personnage du voleur de Pontiac, le verront cette fois repris par Mehdi Bousaidan.

Si on a biffé la présence latine de l'histoire, on a conservé les personnages noirs, ici d'origine haïtienne. Lorsque le commandant s'adresse à son lieutenant Jeff Bourjoly (Fayolle Jean Jr.), il lui parle souvent en créole. Escouade 99 est une comédie très physique, tirant sur la bande dessinée, où le burlesque et le slapstick se mêlent aux enquêtes. Un genre qu'on exploite très peu au Québec. Guy Jodoin peut aussi bien finir dans la chute à déchets qu'étendu dans un présentoir de fromages à l'épicerie. Son imitation du vautour est particulièrement hilarante.

Escouade 99 souffrira-t-elle de la comparaison avec Brooklyn Nine-Nine? Chez les initiés, sûrement; chez les autres, j'en doute, la comédie américaine n'est pas si connue au Québec. Pour ma part, il me faudra plus de deux épisodes pour mieux cerner les personnages, particulièrement les rôles féminins, et pour m'adapter au ton, très américain malgré l'adaptation. On verra avec l'usage, mais pour l'instant, c'est gros et pas toujours drôle.

À propos de la diversité, la production n'a certainement pas agi de mauvaise foi, mais je pense encore qu'elle aurait dû minimalement recevoir en auditions des actrices d'origine latine. Il y en a, elles existent, mais on ne les voit pratiquement jamais. Le talent de Bianca Gervais et Mylène Mackay n'est pas remis en cause ici, on a maintes fois souligné leurs qualités. C'est plutôt que l'origine de ces deux personnages a beaucoup d'importance dans l'oeuvre originale. Avoir retenu l'origine des rôles haïtiens mais pas celle des latinas reste inexpliqué.

Et ne venez pas me dire que ça n'existe pas, «une police mexicaine». Ne venez pas me dire non plus que vous n'avez jamais croisé une personne originaire d'Amérique latine dans les rues de Québec. Ça existe aussi. Et ça devrait exister encore plus dans notre télé. L'affaire aura au moins eu ça de bon: soulever une question importante.

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Une équipe renouvelée au Salon du livre

Arts

Une équipe renouvelée au Salon du livre

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
La dernière assemblée générale du Salon du livre de l’Outaouais (SLO) fut marquée par la passation des pouvoirs à la présidence, alors que Marc Haentjens a cédé son fauteuil à Kalula Kalambay.

Originaire de la République démocratique du Congo, M. Kalambay est médecin spécialiste en santé publique à la retraite, auteur et artiste visuel. Il vit au Canada depuis 2013 et a été membre du conseil d’administration de l’Association des auteurs et auteures de l’Outaouais de 2014 à 2019. 

« Servir la promotion du livre dans le contexte de la pandémie peut-être un atout pour affirmer l’orientation du conseil d’administration du SLO traditionnel à une corporation du SLO qui se veut un outil plus dynamique d’appui aux autrices et auteurs et ainsi soutenir toute la chaîne du livre », confiait-il par voie de communiqué de presse.

À l’issue de cette assemblée générale, le conseil d’administration du SLO a accueilli quatre nouveaux membres, en plus d’un nouveau président et de ceux et celles qui poursuivent leur mandat.