RICHARD THERRIEN

«Marina Orsini» et «Entrée principale» ne reviendront pas

BLOGUE / Deux magazines importants de la grille de jour d'ICI Radio-Canada Télé, «Marina Orsini» et «Entrée principale», ne reviendront pas la saison prochaine. Les équipes ont appris la mauvaise nouvelle aujourd'hui même.

Cette décision entraîne l'abolition de 16 postes permanents au secteur Culture, variétés et société. Dans une note interne, la directrice générale, Dominique Chaloult, indique que la décision est «motivée par les orientations stratégiques de Radio-Canada, qui impliquent un redéploiement des ressources lié au virage numérique pour être au diapason de la manière dont le public d’aujourd’hui consomme les contenus audio-visuels.» On dit toutefois avoir l'intention «de conserver une masse critique de capacité de production interne, non seulement en information, en radio et en services numériques, mais aussi en télévision générale où elle sera maintenue en partenariat avec des maisons de production.»

D'année en année, la programmation de jour perd des plumes dans toutes les télés généralistes. Comme émission originale sur ICI Télé, ne restent plus que Ricardo et Le téléjournal midi, les autres cases étant occupées par des rediffusions. L'été dernier, pour la première fois, le diffuseur ne présentait plus de magazine de jour, ayant mis fin à l'éphémère Indice UV. La direction a déjà laissé savoir préférer consacrer ses budgets aux heures de grande écoute.

En ondes depuis l'automne 2015, Marina Orsini avait déjà vu le nombre de ses émissions coupées de moitié cette saison. Les derniers enregistrements auront lieu en décembre. Après six saisons, Entrée principale se poursuivra jusqu'à la mi-avril.

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Cinéma

La suite des «Animaux fantastiques» manque de magie **1/2

CRITIQUE / Deux ans exactement après «Les animaux fantastiques», un antépisode de la saga Harry Potter, voici donc «Les crimes de Grindelwald». Les amateurs du genre en frissonnent d’anticipation, les autres vont hausser les épaules et feront bien. Confus, manquant du plaisir habituel et beaucoup trop compliqué pour rien, ce deuxième chapitre a de l’ambition, mais peu de résultats.

On se serait attendu à mieux étant donné que l’auteure J.K. Rowling signe le scénario et David Yates, qui a réalisé les quatre derniers Potter et le premier Animaux fantastiques, est derrière la caméra.

Le prologue de cette nouvelle série de récits se situait plus d’un demi-siècle avant Harry Potter à l’école des sorciers, soit New York, en 1926. Les crimes de Grindelwald se déroule un an plus tard, après l’évasion du dit Grindelwald (Johnny Depp) et sa fuite vers Paris. 

Seul Dumbledore (Jude Law) est assez puissant pour l’affronter, mais il refuse de le faire. Il confie la mission à Newt Scamander (Eddie Redmayne) parce qu’il «ne cherche ni le pouvoir ni la popularité, mais plutôt le bien». 

Notre héros réticent va retrouver ses alliés du premier film — les sœurs Goldstein et son ami Jacob — pour l’aider dans son enquête pour traquer le magicien albinos (frère de sang de Dumbledore et plus). Mais aussi pour élucider plusieurs secrets de famille. 

C’est là que le scénario de Rowling s’égare. Non seulement on a de la difficulté à démêler tout ça, mais on dévoile beaucoup trop d’informations sur les personnages — il faut garder une part de mystère si on veut que ce soit magique ! Qui plus est, comme Marvel, le tout devient tellement autoréférentiel que quiconque n’est pas familier avec l’univers Potter va être complètement perdu.

Cinéma

«Mademoiselle de Joncquières»: vertueuse et diabolique ***

CRITIQUE / Non, «Mademoiselle de Joncquières» ne se déroule pas au Saguenay, mais plutôt à la campagne française au XVIIIe siècle. Où un marquis libertin tente de séduire une veuve imperméable au jeu de l’amour et du hasard. Emmanuel Mouret, habitué aux comédies de mœurs contemporaines, livre un film à costumes superbement joué et filmé, mais qui vaut surtout pour sa finale d’une logique implacable.

Il en faudra du temps, toutefois, pour y arriver. Et une certaine patience puisque la mise en place s’étire assez longuement. L’intention est louable. Mouret veut s’assurer que le spectateur a assimilé la psychologie des personnages et les rouages dramatiques qui font avancer le récit.

Cinéma

Cinéma express

Un film des aventures de l’ancêtre de Mickey retrouvé au Japon

TOKYO — Lorsque Yasushi Watanabe a acheté un dessin animé, il y a des décennies alors qu’il était étudiant dans la ville d’Osaka au Japon, il ne savait pas qu’il achetait là l’histoire du cinéma d’animation. Le modeste rouleau dont il a fait l’acquisition pour la somme de 500 yens (près de 6$ au cours actuel) s’est avéré être un dessin animé rare dont on avait perdu la trace, produit par Walt Disney et dont le héros est le prédécesseur de Mickey Mouse. Cette découverte a été rapportée par le quotidien Asahi Shimbun, que M. Watanabe a contacté après avoir lu un livre sur l’histoire d’Oswald le lapin chanceux, personnage aux longues oreilles et petit nez noir tout rond, créé par Disney dans les années 20. Mais Disney en a perdu les droits et a créé Mickey Mouse pour le remplacer.  «Nous sommes absolument ravis d’apprendre qu’un exemplaire du film perdu existe», a déclaré au journal Becky Cline, qui dirige les archives. Le petit film se trouve maintenant aux archives Kobe Planet Film. AFP

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Un film sur une activiste écologiste islandaise primé par le Parlement européen

STRASBOURG — Woman at War» de l’Islandais Benedikt Erlingsson, portrait d’une activiste écologiste en lutte contre un géant de l’aluminium, a reçu mercredi le Prix Lux décerné par les députés du Parlement européen. Ce film militant, coproduit par l’Islande, la France et l’Ukraine, raconte l’histoire d’une femme sur le point d’adopter une petite fille en Ukraine, qui fait répéter une chorale le jour et se transforme la nuit en guerrière pour s’attaquer, notamment par des sabotages, à un géant de l’aluminium en Islande. «Le défi du changement climatique sera le marqueur de toutes les politiques à l’avenir», a lancé aux eurodéputés le réalisateur Benedikt Erlingsson en recevant son prix à Strasbourg. Sélectionné à la Semaine de la Critique au dernier festival de Cannes, Woman at War avait reçu le prix de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques (SACD).  AFP

Cinéma

L’acteur Martin Dubreuil redonne vie au poète Yves Boisvert

Martin Dubreuil a trop longtemps été condamné aux rôles de soutien. Depuis quelques années, l’acteur obtient enfin des personnages conséquents et à la hauteur de son talent méconnu. Comme celui du grand poète Yves Boisvert dans le très bien titré «À tous ceux qui ne me lisent pas», de Yan Giroux. Un mariage parfait: les deux artistes partagent un ardent désir de liberté, d’engagement et d’intégrité artistique. «Il aurait été un modèle si je l’avais connu avant», lance-t-il en entrevue.

C’est plutôt le réalisateur qui a connu le poète à son adolescence. Il en est resté profondément marqué. Au point d’ailleurs d’en faire le sujet de son premier long métrage, librement inspiré par la vie et l’œuvre de Boisvert, décédé en 2012. Et il connaissait bien Dubreuil, qui avait joué dans ses courts métrages.

Le rôle ne lui a pas été offert sur un plateau d’or pour autant. L’acteur retire une grande fierté d’avoir prévalu, «compte tenu de la compétition». Il partait pourtant de loin, car il ne connaissait pas l’auteur de La balance du vent (1992). «Ça m’a fait de la peine», vu «que c’est tout un poète», dit celui qui fraye avec le milieu poétique — il est aussi parolier et tambourinaire dans le groupe rock Les Breastfeeders.

Yan Giroux l’a toutefois rassuré: il fallait qu’avec cette fiction, car c’en est une, les créateurs puissent s’approprier «leur» Yves Boisvert. Avec l’assentiment de sa conjointe de l’époque, Dyane Gagnon, qui a participé au projet dès le début (elle est interprétée par Céline Bonnier). C’est d’ailleurs grâce à cette dernière que le cinéaste a connu le poète.

Martin Dubreuil avait de toute façon rattrapé le temps perdu et s’était plongé dans la lecture de son œuvre. Il a aussi correspondu avec Dyane Gagnon et rencontré des gens qui l’ont connu, même Lucien Francœur qui, sans être proche, faisait partie de l’effervescence culturelle des années 1970-1980. L’acteur a aussi poussé le «souci du détail» jusqu’à écouter des enregistrements réalisés par des amis, notamment lors de soirées bien arrosées. «Tu ne peux pas te contenter de l’officiel, des entrevues.»

Cinémas

Emmanuel Mouret, un réalisateur romantique

L’amour, toujours l’amour, peut-on écrire à propos de l’œuvre d’Emmanuel Mouret et de ses variations sur les mêmes «t’aime». L’acteur et réalisateur délaisse toutefois les comédies de mœurs actuelles pour un film d’époque, «Mademoiselle de Joncquières», son plus gros succès public et critique en France, qui, il l’avoue volontiers, a des similarités avec le célèbre «Les liaisons dangereuses». Un long métrage qui a été «une grande leçon» pour son auteur. «Le Soleil» a profité de son passage au Québec pour en discuter.

Q Mademoiselle de Joncquières est fidèle à vos thèmes habituels autour de l’amour, si ce n’est que c’est un film d’époque (l’action se déroule au XVIIIe siècle). Qu’est-ce qui vous a guidé dans ce choix?

Cinéma

Un Québécois devient sorcier dans la suite des «Animaux fantastiques»

MONTRÉAL — Un Québécois né en Pologne, devenu artiste de cirque puis acteur, avant de se retrouver à espionner l’acteur britannique Eddie Redmayne dans un univers inspiré de Harry Potter.

Voilà l’heureux parcours de Bart Soroczynski, qui interprète le personnage du policier sorcier Stebbins dans Les animaux fantastiques: les crimes de Grindelwald, de David Yates et J.K. Rowling.

Cinéma

«L’amour»: au nom du père ***

CRITIQUE / La rubrique des faits divers est un terreau fertile pour le réalisateur Marc Bisaillon. Après «La lâcheté» (2007) et «La vérité» (2011), une autre histoire ancrée dans la réalité lui sert de canevas pour «L’amour», dernier volet d’une trilogie qui s’aventure cette fois au cœur d’une relation toxique père-fils.

Ce drame au rythme lent est librement inspiré de l’histoire de Stephen Marshall, un Néo-Écossais de 20 ans qui a défrayé les manchettes en 2006 pour deux meurtres commis dans le Maine. À travers le parcours en apparence sans histoire d’un alter ego fictif, Alex (Pierre-Luc Lafontaine, vu dans La vérité), le récit bascule insidieusement dans une tragédie similaire s’appuyant sur de sombres motivations.

Jouant habilement sur la chronologie des événements, grâce à de multiples allers-retours dans le temps, le réalisateur amène le spectateur à s’interroger sur le comportement de ce jeune homme tranquille, plongeur dans un restaurant de Sept-Îles, qui vit une relation harmonieuse avec sa mère (Fanny Mallette), son beau-père (Claude Despins) et sa sœur cadette (Félixe Racette).

Or, derrière cette bonhommie se cache un être profondément marqué par le comportement de son père (Paul Doucet), exilé dans le Maine après le départ de la maison familiale. Passionné d’armes à feu, l’homme a inculqué très jeune à son fils l’importance de savoir se défendre face aux intimidateurs. À l’époque, Alex était victime d’intimidation à l’école. «Si tu as l’air faible, les gens vont toujours abuser de ta faiblesse.»

À la faveur d’un séjour en sol américain, auprès de ce père souffrant d’un cancer, Alex en profitera pour mettre à exécution un plan vengeur dont l’origine remonte à son enfance et qui donne au titre du film un double sens malsain.

En jeune adulte en perte de repères, Pierre-Luc Lafontaine offre une performance inspirée, à l’instar du vétéran Paul Doucet, sur qui repose le dénouement de l’intrigue. Le duo incarne à divers degrés un autre exemple d’une relation père-fils coincée dans les silences et les non-dits. L’explication à leur conflit, aussi douloureux que mystérieux, ne sera livrée qu’à la dernière scène, dans un moment chargé d’émotion.

Musique

L’assassin de John Lennon de plus en plus honteux

ALBANY — L’homme qui a abattu John Lennon en 1980 affirme qu’il se sent chaque année «de plus en plus honteux» relativement à son crime.

Mark David Chapman a parlé de ses remords en août dernier, devant la Commission des libérations conditionnelles, à New York. Il s’agissait alors de sa dixième tentative de libération, et elle s’est à nouveau révélée infructueuse. Une transcription de l’audience a été rendue publique jeudi par les responsables de la prison de New York.

Mark David Chapman, aujourd’hui âgé de 63 ans, a été condamné à une peine de prison à perpétuité, avec possibilité de libération après 20 ans.

Le 8 décembre 1980, il avait abattu l’ancien Beatle devant son appartement de Manhattan.

Mark David Chapman a déclaré aux membres de la Commission des libérations conditionnelles que John Lennon avait été «incroyable» avec lui plus tôt dans la journée, lorsqu’il lui avait dédicacé un album. Le détenu a affirmé qu’il y pensait tous les jours.