Télé et radio

Unité 9: comment te dire adieu

CHRONIQUE / Il y a quelque chose de solennel, de puissant, à voir prendre fin une série qu’on a autant aimée. Quitter des personnages qui ont fait partie de nos vies, dont on suivait l’évolution presque autant que s’il s’agissait de vraies connaissances. C’est ce que j’ai ressenti en visionnement l’ultime épisode d’Unité 9, que diffusera ICI Radio-Canada Télé mardi à 20h, et que vous avez peut-être déjà vu sur l’Extra d’ICI Tou.tv.

Pour la dernière fois, vous entendrez ce thème musical. Arpenterez les couloirs de Lietteville. Entendrez ce timbre sonore agressant, quand les portes s’ouvrent. Et surtout, tenterez d’imaginer, une fois le générique terminé, l’avenir de ces personnages si forts.

Jeux

Un jeu de société pour « bitcher » sa région

Le populaire jeu de société québécois «L’osti d’jeu» met le grand public à contribution pour participer à l’élaboration de sa prochaine extension, intitulée «L’osti d’jeu des régions». Cette extension, dont la parution est prévue à l’automne, se déclinera sous la forme de mini-paquets de cartes thématiques axés sur chacune des 17 régions administratives du Québec, plus un paquet pour l’Acadie.

Les résidents de l’Outaouais sont conviés à remplir un questionnaire en ligne, disponible sur le site de son éditeur et distributeur, Randolph.

Arts

La liste: le meilleur d'Où tu vas quand tu dors en marchant?

Jardins secrets (2009)

Pour la première édition du parcours déambulatoire, la dramaturge et actrice Véronique Côté a eu une idée fantastique. Réunis dans le parc Lucien-Borne, des acteurs accueillaient les «spectateurs», un à la fois, en leur chuchotant un secret dans le creux de l’oreille. Un moment magique et précieux d’une rare intimité. Éric Moreault

Arts et spectacles

Le territoire décodé par Le Vent du Nord

TROIS-RIVIÈRES — Le vent du nord souffle le renouveau sur la formation musicale traditionnelle qui porte son nom. Le groupe, devenu quintette il y a un an et demi avec l’arrivée du violoniste mauricien André Brunet, a voulu marquer ce coup de fouet en lançant un album, le dixième du groupe en carrière, intitulé Territoires.

L’initiative est quelque peu étonnante dans la mesure où le Vent du Nord a sorti Solo, un album conjoint avec De temps antan en décembre dernier. C’est donc dire que les cinq musiciens ont travaillé parallèlement sur deux albums. André Brunet affirme pourtant que l’exercice s’est fait de la plus naturelle des façons. «Avec Solo, on gravait sur disque un répertoire qu’on rodait depuis longtemps. Ça n’avait pris que huit jours de studio pour l’enregistrer. Le travail avec Territoires a été plus long, un an et demi, avec pratiquement le double de journées d’enregistrement. Il témoigne de la nouvelle dynamique à partir du moment où je me suis joint au groupe.»

Théâtre

Montez sur scène avec «Ce qu’on attend de moi»

Inspirée d’un essai du neurobiologiste Henri Laborit, la pièce «Ce qu’on attend de moi» propose une expérience théâtrale hors du commun. Dans cette partition pour comédien seul, l’acteur en question pourrait être... vous-même.

Ce qu’on attend de moi, de Philippe Cyr et Gilles Poulin-Denis. À La Nouvelle-Scène du 26 au 30 mars prochain. Distribution : Pierre, Paul, Jean, Jacques ou Fatouma ; le protagoniste sera sélectionné parmi les spectateurs – les spectateurs consentants, bien entendu – le soir même.

Cinéma

Présenté au FFO, «Grâce à Dieu» met en lumière la fragilité masculine

Le point de départ de «Grâce à Dieu» est la fragilité masculine, expose son réalisateur, le Français François Ozon, qui sera de passage ce samedi au Festival du film de l’Outaouais pour accompagner la projection de son film, en grande première nord-américaine.

« Je voulais montrer des hommes qui expriment leur émotion, leur sensibilité. On a l’habitude, au cinéma, de montrer toujours les hommes dans l’action et les femmes dans l’émotion. Là, j’avais envie d’inverser les choses par rapport à d’autres films que j’ai pu faire autour de portraits de femmes [8 femmes, Swimming Pool ; Jeune et Jolie ; Potiche, entre autres]. Là, tout est centré autour des hommes. »

Son film aborde de plein fouet le scandale des prêtres pédophiles, en s’intéressant au microcosme lyonnais.

Avant même de prendre sa caméra, François Ozon dit avoir pris la précaution de faire « une longue enquête d’investigation » sur « l’affaire Preynat », qui a éclaboussé l’Église catholique et qui continue de défrayer les manchettes.

Bernard Preynat est ce prêtre que l’Église française a conservé dans son giron, alors qu’il avait reconnu à plusieurs reprises les gestes d’attouchements sexuels sur mineurs qu’on lui reprochait. Tout comme son supérieur direct, le cardinal Barbarin, le père Preynat est nommément montré dans ce film fortement marqué par son approche documentaire – même s’il s’agit au final d’une fiction. 

Le 7 mars dernier – à peine quelques semaines après la sortie du film – le procès de Monseigneur Barbarin s’est soldé par un verdict de culpabilité. La Justice française a condamné le cardinal à 6 mois de prison avec sursis pour non-dénonciation des actes reprochés au père Preynat... dont le procès est quant à lui prévu pour la fin de l’année 2019.

Double affliction

Les victimes du prêtre s’étaient regroupées au sein d’un groupe de soutien et de dénonciation. Le film de Ozon retrace la longue route menant à la création de La parole libérée, cette association qui recense plus de 80 personnes s’affichant comme des victimes de ce prêtre.

« Ce qui m’intéressait, c’était de rendre justice à ces victimes. Je voulais montrer que ces gens avaient pris beaucoup de risques en libérant leur parole. » 

Arts et spectacles

Yves Duteil, armé de bienveillance

Yves Duteil s’est fait plus rare au cours des dernières années à cause d’un problème de santé majeur qui l’a amené à ouvrir son cœur une fois de plus, mais cette fois, littéralement. Rassurez-vous : il va désormais très bien. Même que l’an dernier, quand il a lancé Respect, son plus récent album, il n’était pas question qu’il ne vienne pas le présenter lui-même au Québec, sa patrie de cœur, justement.

Sa tournée québécoise, d’une durée d’un mois, débute justement ce 16 mars et son inévitable arrêt à Sherbrooke aura lieu le 30 à la salle Maurice-O’Bready.

« Vous le savez, le Québec a toujours été important pour moi et c’est ainsi depuis les années 1970, se remémore-t-il au bout du fil depuis l’Hexagone. Nous avons quelque chose en commun, le public québécois et moi : une émotion, une vibration même, je dirais. Je n’ai jamais pu l’expliquer vraiment, mais le partage est instantané avec vous et la jubilation est réciproque. Sincèrement, j’attends cette tournée avec fébrilité. »

Son spectacle, présenté avec trois musiciens sur scène, se partagera moitié-moitié entre des chansons de Respect et les classiques de son répertoire. « J’ai très envie de partager mes nouvelles chansons avec le Québec, mais en même temps, il y a des chansons qui sont des jalons dans ma carrière, des chansons que le public connaît et aime et dont je ne me suis moi-même jamais lassé. »

« Je n’ai pas l’impression de les rechanter, parce que je les sens toujours actuelles. Je vois bien qu’elles évoquent quelque chose pour le public d’aujourd’hui comme elles le faisaient il y a plusieurs années. Elles ont simplement pris davantage de sens pour moi avec le temps. »

Cinéma

Soirée de première au Festival du film de l'Outaouais

Les cinéphiles se sont déplacés par centaines, vendredi soir, pour assister au lancement officiel de la 21e édition du Festival du film de l’Outaouais (FFO). Enfants, parents, acteurs, réalisateurs et même politiciens, tout le monde y était.

L’ouverture officielle du FFO se déroulait au Cinéma 9, sur le boulevard de l’Hôpital, à Gatineau. Pour l’occasion, le drame de Rémi Bezançon, Le mystère d’Henri Pick, était projeté dans la salle 4, bondée, affichait complet. Les organisateurs du Festival ont même dû ajouter des chaises supplémentaires pour parvenir à asseoir les quelque 340 personnes présentes dans la salle. Une mission qu’ils ont réussie haut la main.

Festival du film de l'Outaouais

Le tremplin de Jacob Whiteduck-Lavoie

Un jeune originaire de Kitigan Zibi, Jacob Whiteduck-Lavoie, brille dans Une Colonie, très touchant portrait de l’adolescence que le Festival du film de l’Outaouais (FFO) diffuse samedi (21 h, Cinéma d’Aylmer) et dimanche (19 h, Cinéma 9).

Sa participation à Une colonie relève franchement du « miracle », confesse-t-il. « Avant ce film, je n’avais aucune idée que j’allais faire ça [du cinéma]. Ma mère m’a envoyé aux auditions après avoir vu passer un message sur Facebook. Ça ne me tentait pas vraiment d’y aller, mais elle a insisté... et je l’ai écoutée. »

Il a charmé la réalisatrice Geneviève Dulude-De Celles, qui signe là son tout premier long métrage de fiction.

« Avant Une Colonie, j’étais indécis. J’étais en secondaire 3, je ne savais pas où me diriger » pour mettre à profit ses passions, « la musique, la photographie les ordinateurs et électronique ».

Aujourd’hui, son discours a changé. « J’aime vraiment ça, le cinéma. Je compte étudier là dedans ».

Depuis le tournage, à l’été 2017, Jacob Whiteduck-Lavoie a multiplié les premiers pas devant la caméra. On a pu apercevoir le jeune comédien au détour de District 31, où il a tenu « un tout petit rôle », le temps d’un épisode. Il a aussi décroché des rôles dans deux courts métrages et dans La Panne, une série Web chapeautée par Télé Québec, et qui connaîtra une deuxième saison. Pas de projet en vue, mais « l’envie est là ».

Dans Une Colonie, il campe Jimmy, un rôle de soutien : « c’est un jeune très réservé, avec peu d’amis, qui est dans sa bulle, un peu », juge le comédien de 15 ans — qui se perçoit, comme son personnage, « indépendant de nature ».

Puis Jimmy découvre Milya, sa voisine, pas très bien dans sa peau non plus. La fillette devient son amie, et « il l’amène sur un chemin plus positif de l’adolescence ».

Ce « très beau film » dresse un portrait très juste de la vie au secondaire. Très respectueux de l’adolescence, de ses émois, de ses paradoxes... et de son langage, retranscrit de façon « la plus réaliste possible » par la réalisatrice. « Elle était très précise », n’hésitant jamais à vérifier auprès des jeunes comédiens si leurs répliques étaient ‘crédibles’.

Le film est porteur d’un message positif d’affirmation de soi et de ses différences. « Je trouve ça important, d’être ‘hors du commun’ et d’essayer de ‘sortir des lignes’ comme dit Jimmy. Je me retrouve » dans son discours.

« Geneviève a aussi vraiment fait un beau travail [autour de] la reconnaissance des Amérindiens » et « la perception » que les jeunes Canadiens en ont — à cause « de ce qu’ils apprennent dans les livres d’histoire », où l’« on voit peu l’opinion des Amérindiens », juge le garçon d’origine algonquine, qui réside aujourd’hui à Valleyfield.