Le Gatinois Yvan Mongo a récolté six buts et neuf points en 11 parties depuis le début des séries de la LHJMQ. Il participera déjà à son deuxième carré d'as en carrière avec l'Armada.

Yvan Mongo est le dernier survivant

Les deux premiers tours des séries éliminatoires de la LHJMQ et de la Ligue de l'Ontario ont été une véritable hécatombe pour les joueurs de hockey francophones de la région d'Ottawa-Gatineau.
Rendu à l'étape du carré d'as des séries de la Ligue canadienne de hockey, le Gatinois Yvan Mongo est le seul survivant. Il est l'unique joueur local qui peut encore ramener une coupe à la maison cet été. Les séries éliminatoires n'ont cependant plus de secrets pour l'attaquant de 19 ans.
En quatre saisons avec l'Armada de Blainville-Boisbriand, il a toujours passé le premier tour éliminatoire à part en 2015 quand son équipe s'était butée aux Olympiques de Gatineau.
À 16 ans, il avait été rappelé par l'Armada après l'élimination de l'Intrépide de Gatineau. Il avait immédiatement eu la chance de goûter au carré d'as. Il était passé à une victoire de participer à la finale, mais le Drakkar de Baie-Comeau avait gagné le septième match d'une série légendaire.
Avec 42 parties des séries de la LHJMQ à son compteur, Mongo est un des joueurs les plus expérimentés parmi les quatre équipes finalistes. Non seulement a-t-il fait du « millage » dans le tournoi printanier, mais il est devenu un des joueurs clés de son club depuis la fin du calendrier régulier.
Après 11 matches des séries, il a déjà récolté six points. Seul Alex Barré-Boulet, avec 10 buts, a fait mieux chez l'Armada. Mongo devance même Pierre-Luc Dubois (5 buts), troisième joueur sélectionné au dernier repêchage de la LNH. Depuis ses débuts, Mongo a toujours été un joueur utile à l'Armada, mais il s'amuse encore plus ce printemps parce qu'il noircit la feuille de pointage régulièrement.
« Ça m'aide d'avoir commencé à jouer dans les séries à 16 ans. L'expérience acquise m'a permis de gagner en confiance et de mieux gérer mes émotions. Cette année, j'ai changé ma façon d'aborder les séries. Au lieu de les voir comme un complément à ma saison régulière, j'ai remis les compteurs à zéro. Je ne me suis pas imposé de pression et ça va vraiment bien. »
L'entraîneur-chef Joël Bouchard s'est rendu compte que son #21 était gonflé à bloc. En arrière 3-1 dans la dernière série contre le Titan d'Acadie-Bathurst, Bouchard a offert une promotion à son travailleur acharné en le jumelant à l'ancien des Olympiques, Alexandre Alain, et un bon espoir du prochain repêchage de la LNH, Joël Teasdale. 
Mongo a répondu avec trois points dans les trois victoires qui ont permis à la flotte laurentienne de remporter sa série.
Si Mongo est rendu à six buts en deux séries, c'est aussi parce qu'il a accepté de souffrir pour se placer dans la zone payante. « Je fonce au filet. Je paye le prix. Je récupère des retours. Ça aide notre équipe à se rapprocher de l'objectif ultime. »
Si l'ancien capitaine de l'Intrépide a l'expérience des séries du circuit Courteau, il n'a pas encore eu la chance de participer à une finale de championnat. Ça sera son objectif dans sa prochaine série face aux coriaces Islanders de Charlottetown. Son équipe n'aura eu que deux journées de repos avant d'amorcer sa demi-finale vendredi soir au Eastlink Center. Les Islanders, eux, se reposent depuis le 14 avril.
« Ça donne peu de temps pour nous préparer, mais avons travaillé toute l'année pour nous rendre où nous sommes. Ça va être assez facile de trouver l'énergie nécessaire pour jouer le premier match de la prochaine série. »
Les Islanders ont gagné les deux duels de la saison régulière 3-0 contre l'Armada, mais Mongo n'y pense même plus.
« Les séries, c'est une autre saison. On recommence à zéro. »
En cas de nostalgie, il y a toujours Boisbriand
Si les partisans des Olympiques s'ennuient de voir du hockey junior à la fonte des neiges, ils n'auront qu'à se taper le court trajet de 90 minutes entre le centre Robert-Guertin et le Centre d'excellence Sports Rousseau de Boisbriand la semaine prochaine.
Pas de farce. Ils seront sept anciens joueurs des Olympiques à prendre part à la série entre l'Armada de Blainville-Boisbriand et les Islanders de Charlottetown. Les deux choix de première ronde des Olympiques au repêchage de 2013 auront même l'occasion de croiser le fer. Alexandre Alain est le seul ancien membre de l'équipe gatinoise avec l'Armada, mais Alex Dostie sera un des six anciens joueurs dirigés par Benoît Groulx dans le camp des Islanders.
« Nous sommes plusieurs anciens Olympiques et ça va être plaisant de jouer pas trop loin de Gatineau dans cette série. Ça va me faire drôle d'affronter Alexandre Alain en séries au lieu de jouer avec lui pour les Olympiques », a lancé Alex Dostie à la veille du premier duel.
De tous les anciens « Piques », c'est lui qui a endossé le plus souvent l'uniforme Noir et Blanc (223 matches). Kameron Kielly, un ex-premier choix des Olympiques, est aussi devenu une pièce maîtresse chez les Islanders. Nicolas Meloche, Mark Grametbauer, Pascal Aquin et Jean-Sébastien Taillefer sont les autres Islanders à avoir été des Olympiques à un moment ou l'autre de leur carrière junior.
Au bout du fil, on sent Alex Dostie fébrile. Malgré les succès qu'il a connus à Gatineau, c'est la première fois qu'il atteint le carré d'as de la LHJMQ. Cette demi-finale est aussi une première pour l'organisation de l'Île-du-Prince-Édouard.
« C'est vraiment excitant. Il reste quatre équipes en vie et nous sommes là. La communauté est derrière nous. Il y a des affiches partout en ville pour nous encourager. On sent l'engouement. Tout le monde a hâte que ça commence », dit Dostie.
Ce dernier fait remarquer que la majorité de ses coéquipiers ne connaissent pas vraiment l'Armada, mais que ce n'est pas son cas. « J'ai eu à les affronter huit fois par année pendant trois ans ! Nous les avons également battus dans les séries de 2015. Ce n'est pas facile de jouer contre eux, mais j'ai confiance en notre équipe. Sans rien enlever aux Olympiques, côté talent et profondeur, c'est la meilleure équipe pour qui j'ai joué. »
À Charlottetown, Dostie est flanqué de Daniel Sprong et de François Beauchemin dans un trio explosif qui peut terroriser n'importe quelle défensive.
« On s'entend bien. C'est facile de jouer avec ces deux gars-là. Sprong est un tireur d'élite qui a joué dans la LNH. Beauchemin a récolté près de 100 points cette année. C'est un gros bonhomme qui frappe et qui gagne ses batailles. Je n'ai qu'à utiliser ma vitesse pour leur remettre la rondelle. »