Wozniak s'accroche à ses rêves

La dernière fois qu'Aleksandra Wozniak est passée par Gatineau au mois d'août 2016, elle était prête à se lancer dans une longue route remplie d'obstacles dans l'espoir de renouer avec l'élite du tennis mondial.
Des blessures et une chirurgie avaient forcé cette ancienne du top-25 à reconstruire son classement à partir de rien. Classée 844e au monde à la fin de 2015, elle était arrivée au Challenger de Gatineau au 380e rang. Onze mois plus tard, elle avait gagné quelques autres rangs, mais son ascension n'a pas été aussi fulgurante. Actuellement 319e, la Blainvilloise de 29 ans est encore loin de son objectif de percer le top-100 mondial.
« C'est difficile de revenir au jeu après une opération. Il faut réapprendre le mécanisme, reprendre confiance et retrouver son niveau de jeu. Ça ne se fait pas instantanément. Je suis toujours passionnée par mon sport. J'en suis à la deuxième année depuis mon retour et je sens que je progresse bien. »
La Québécoise a d'ailleurs remporté son match de premier tour au Challenger de Gatineau mardi après-midi. Elle a eu raison de la Britannique Katie Swan (358e) en deux manches de 7-6 (5) et 6-1 dans un duel qui s'est étiré pendant près de deux heures sous un soleil de plomb.
C'est déjà une amélioration par rapport à 2016 où elle avait plié bagage dès le premier tour. « C'est la première fois que j'affrontais Kate. C'était une bonne adversaire pour commencer un tournoi. Elle frappait bien. [...] Je suis contente d'avoir gagné le bris d'égalité en première manche, car tu ne sais jamais comment ton adversaire va réagir après. Il faisait tellement chaud, mais je ne m'en plaignais pas. C'était enfin une vraie journée d'été ! »
Aleksandra Wozniak est de retour au Challenger de Gatineau cet été. La Blainvilloise de 29 ans a gagné son match de premier tour contre Katie Swan, une Britannique de 18 ans.
Contre Elena Bovina !
Au deuxième tour, Aleksandra Wozniak rencontrera une adversaire qui se retrouve dans le même bateau. Le hasard a voulu qu'elle croise la Russe Elena Bovina. Âgée de 34 ans, elle a aussi fait partie des meilleures joueuses au monde (14e en 2005) avant d'être freinée par les blessures et les opérations. Les deux tentent de gravir les échelons du tennis afin d'accéder aux tournois plus prestigieux qui procurent plus de points tout en attribuant des bourses plus généreuses.
« Je n'ai jamais joué contre elle encore, on s'est entraîné beaucoup ensemble. Ça va faire un bon match de deuxième tour », a lancé l'ancienne 21e joueuse mondiale, qui aura rendez-vous avec la Canado-Russe sur le court central vers 17 h 30.
Depuis sa dernière visite outaouaise, Wozniak dit avoir pris du mieux dans plusieurs aspects de son jeu. « J'ai joué beaucoup plus de matches dans la dernière année. Je suis plus à l'aise au service et je me sens plus confiante pour jouer du tennis offensif, plus agressif, mais aussi plus stratégique. »
Une occasion à saisir
Ces améliorations devraient lui servir contre Bovina qui se situe au même point que Wozniak l'an dernier dans son processus de retour au jeu. En fait, comme le tableau féminin n'est pas aussi relevé cette année au Challenger de Gatineau, le chemin de Wozniak ou de Bovina pourrait s'ouvrir cette semaine. La gagnante du tournoi empochera 50 précieux points de la WTA.
À ce sujet, elle ne veut pas trop se prononcer sur ses objectifs à Gatineau. « Je ne veux pas me porter malheur ! Je vais prendre ça un match à la fois, mais c'est sûr qu'à la maison, tu veux toujours te rendre loin dans un tournoi. Plus tu te rends loin, plus tu peux monter le classement rapidement et avoir accès aux tableaux principaux de meilleurs tournois. Pour ça, il faut faire partie du top-100. Il faut donc que je saisisse ma chance quand je la vois. »
Le temps va cependant commencer à presser pour Wozniak. En 2017, elle a amassé à peine 15 000 $ en bourses. Ses dépenses sont largement supérieures à ses revenus. « J'ai été chanceuse de faire un peu d'argent plus tôt dans ma carrière et mes économies me permettent de poursuivre mon rêve, a dit celle qui vient de dépasser le seuil des 2 millions $ en gains. Je peux aussi compter sur le soutien d'un commanditaire de la première heure. Le groupe visuel Iris a cru en moi depuis le début. Nous avons les mêmes valeurs. Nous croyons à la persévérance et Iris a toujours été là pour moi même quand j'ai dû reprendre à zéro. »
Wozniak admet que les joueuses ne peuvent pas tenir le coup bien longtemps quand elles ne font pas partie du top-100. « Il faut payer les entraîneurs, les avions, les hôtels, la nourriture. Pour avoir de l'argent, il faut gagner des matches. »
Polansky de retour en force
Finaliste au Challenger de Winnipeg dimanche, Peter Polansky aurait bien pris une semaine pour recharger ses piles, mais il n'avait pas le choix de continuer sa route vers Gatineau.
Champion en 2016, il doit défendre son titre cette semaine, mais aussi les points accumulés avec ce triomphe en terre outaouaise afin de maintenir son classement. L'Ontarien de 29 ans occupe le 128e rang du classement de l'ATP. Il est tout près de son meilleur classement à vie (121e), mais pour franchir ce plateau à nouveau, il devra continuer à se battre d'ici dimanche.
L'Ontarien Peter Polansky (128<sup>e</sup> au monde) a amorcé la défense de son titre au Challenger de Gatineau avec une victoire de 6-2 et 6-2 contre le Japonnais Hiroki Moriya, classé 202<sup>e</sup> au monde.
Semé cinquième tête de série à Gatineau, Polansky n'a pas eu trop de misère à se remettre dans le bain mardi après-midi alors qu'il a éliminé le Japonnais Hiroki Moriya en des manches identiques de 6-2.
« Je n'avais pas le choix de jouer cette semaine pour défendre mes points. J'aurais pu aller à Newport, un tournoi ATP qui offre une plus grande bourse (600 000 $ US contre 75 000 $ US à Gatineau). J'aurais pu faire partie du tableau principal, mais je suis déjà allé à Newport et j'ai détesté ça pour mourir. Ce n'est pas une histoire de points ou de bourses. J'ai connu du succès Gatineau. J'ai préféré venir ici. »
Polansky s'attendait à ressentir plus de fatigue pour son match de premier tour mardi, mais tout s'est bien déroulé pour lui. « Je me sentais plutôt bien même s'il faisait un peu chaud. J'ai pris congé lundi. Je ne fais jamais ça habituellement, mais j'ai joué de très longs matches vendredi, samedi et dimanche. »
Le droitier de Thornhill dit avoir pris confiance pendant son tournoi à Winnipeg où il a gagné quatre matches avant de s'incliner en finale contre le Slovène Blaz Kavcic. Ce dernier est aussi à Gatineau cette semaine où il est le troisième favori. Il a d'ailleurs gagné mardi.
Polansky espère poursuivre sur sa lancée au parc de l'Île parce que son année 2017 a été pénible même s'il a obtenu 105 000 $ en bourses. « Je pense avoir perdu 15 matches de premier tour de suite... J'ai finalement gagné deux matches de qualification à Wimbledon. Ça m'a donné confiance pour Winnipeg. »
À Gatineau, Polansky ne veut surtout pas penser aux 80 points ATP qu'il doit défendre. « Je tiens à dormir la nuit ! Ma finale à Winnipeg va aider, car le tournoi de Gatineau est plus relevé que l'an dernier chez les hommes », a-t-il dit.
Shapovalov a eu chaud
À part Polansky et Aleksandra Wozniak, trois autres raquettes canadiennes sont passées au deuxième tour mardi : Denis Shapovalov, Brayden Schnur et Carson Branstine. À l'opposé, Philip Bester, Filip Peliwo, Benjamin Sigouin, Anca Craciun, Layne Sleeth et Carol Zhao ont subi l'élimination. Favori de la foule, Shapovalov a eu la frousse devant Bester en fin de soirée avant de s'imposer en trois manches (6-3, 3-6, 6-3).