Les coproducteurs Luc Déry et Kim McCraw, le réalisateur Emanuel Hoss-Desmarais, son coscénariste Marc Tulin et le comédien Marc Labrèche, lors du lancement de Whitewash.

Whitewash, le pari anglo de micro_scope

Le Gatinois Luc Déry, fondateur de micro_scope, la société qui a produit le premier long métrage d'Emanuel Hoss-Desmarais, Whitewash: l'homme que j'ai tué, est ravi: sa dernière recrue lui permet de percer en douceur les marchés internationaux qu'il convoite.
M. Hoss-Desmarais intègre là une écurie de luxe: micro_scope a fait briller les récentes productions de Denis Villeneuve (Incendies), Philippe Falardeau (Monsieur Lazhar) et Louise Archambault (Gabrielle).
La boîte est désormais «un joueur incontournable au Canada», malgré sa taille modeste. «Nous faisons des films d'auteurs, avec de vrais sujets, sérieux, sombres, mais qu'on a su rendre accessibles», estime Luc Déry.
Deux mises en nominations d'affilée aux Oscars, entre 2010 et 2012, ont confirmé ce savoir-faire.
«Emanuel est une star de la pub. C'est André Turpin, le réalisateur d'Un Crabe dans la tête, qui est aussi son directeur photo, qui nous l'a présenté en faisant valoir son talent fou. Nous avons tout de suite été séduits par l'équipe qu'Emanuel forme avec Marc Tulin, son coscénariste», indique le producteur.
Le timing était idéal: «On souhaitait justement faire un film en anglais, pour nous diversifier un peu. [...] On sentait qu'il y aurait des gratifications à en tirer, si le film marchait.»
«C'était d'abord une façon d'avoir accès à des projets différents [anglais] et à des comédiens américains, [donc] à des marchés supplémentaires.»
En outre, «la participation d'un Jake Gyllenhaal ou d'une Jessica Chastain à un projet donne, d'emblée, accès à des budgets plus importants. On sentait que cela nous permettrait de faire des films potentiellement plus ambitieux et plus chers, comme par exemple des films d'époque ou de science-fiction, qu'on ne peut pas nécessairement se permettre normalement au Québec, où les budgets sont limités», concède-t-il.
«Par exemple, si Philippe Falardeau décide de se lancer dans un film en anglais, on veut être en mesure de l'accompagner tout au long de son projet.»
Le nom de micro_scope apparait au générique de A Problem With Fear, de Gary Burns, et de Enemy, de Denis Villeneuve, mais il ne s'agissait là que de coproduction, précise Luc Déry. Whitewash est le tout premier film anglophone entièrement développé et financé par sa société.
Mais le véritable «pari artistique» était d'ordre scénaristique, dit-il. «Le personnage principal passe la majeure partie du film seul. Il fallait qu'on comprenne son histoire et tout ce qui se passe dans sa tête, mais on devait rendre ça avec une économie de dialogues et de voix off. Ça a pris du temps avant que tout le monde soit satisfait.» Que leur scénario se soit retrouvé cette semaine parmi les finalistes aux prix Écrans canadiens constitue «la preuve que ça fonctionne».