Le joueur de troisième-but Tim Wallach a été coéquipier de Tim Raines pendant 12 saisons, du niveau AA aux majeures. 

Wallach choyé d'avoir côtoyé Raines

(Cooperstown) Peu de gens peuvent se vanter d'avoir été le coéquipier de Tim Raines pendant 12 saisons à trois niveaux différents. Tim Wallach le peut.
Choix de première ronde des Expos de Montréal au repêchage de 1979, le joueur de troisième-but a signé son premier contrat professionnel quelques jours après la conclusion de sa session universitaire et il s'est immédiatement joint au club AA de Memphis, où évoluait Raines.
«J'ai été très chanceux de pouvoir être son coéquipier pendant 12 saisons consécutives, a indiqué à La Presse canadienne le bras droit du gérant Don Mattingly avec les Marlins de Miami, quelques heures avant que l'équipe n'accueille les Reds de Cincinnati, jeudi. Je me souviens qu'il aimait tellement jouer. C'est l'un des meilleurs coéquipiers que j'aie eus.»
Les deux ont rapidement gradué avec les Expos - Raines pour quelques matchs à la fin de 1979, et Wallach en 1980. Celui-ci n'a jamais cessé d'admirer le jeu de Raines.
«C'est assurément le meilleur voleur de buts avec qui ou contre lequel j'ai joué, a souligné celui qui a passé 17 saisons dans les Ligues majeures, avec les Expos, les Dodgers de Los Angeles et les Angels de la Californie. Même quand le lanceur et le receveur adverses savaient qu'il allait courir contre eux, ils ne pouvaient rien y faire.
«En plus, de frapper des deux côtés du marbre est difficile et il était dangereux des deux côtés. Je suis heureux qu'il ait été élu au Temple de la renommée. C'est sûrement l'un des meilleurs de l'histoire.
«Nous savions tous où se trouvait la zone des prises, mais Tim savait mieux que quiconque se l'approprier. Plus souvent qu'autrement, quand il obtenait un but sur balles, il venait marquer. Pour lui, un but sur balles était souvent un double, voire un triple.»
Dévastateur Blue Monday
Très tôt dans leur carrière, Wallach et Raines ont connu du succès et ont même participé aux séries de 1981, qui se sont soldées par le fameux Blue Monday.
«C'est mon plus puissant souvenir de Montréal, a reconnu Wallach. Je garde de nombreux excellents souvenirs de mon séjour à Montréal : de nombreux amis, autant parmi les joueurs que des Montréalais. J'ai aussi conservé de belles relations avec plusieurs entraîneurs et soigneurs, dont quelques-uns avec lesquels j'ai le plaisir de travailler encore aujourd'hui. Mais les séries de 1981, c'est certain que ça sort du lot. D'être éliminés aussi près de la Série mondiale, ça nous a dévastés.»
Wallach a connu sa meilleure saison avec les Expos en 1987. Il a dominé les majeures avec 42 doubles cette saison-là, en plus de terminer à égalité au troisième rang avec 123 points produits. Sa moyenne de ,298 et sa moyenne de puissance de ,514 ont constitué des sommets personnels, tandis que ses 26 circuits étaient sa deuxième meilleure récolte.
Selon lui, c'est en grande partie en raison de Raines, même si ce dernier a raté le premier mois de la campagne à cause de la collusion des propriétaires.
«Cette saison-là, il a probablement connu sa meilleure campagne, ce qui m'a grandement aidé à connaître ma meilleure! Il était toujours sur les buts quand je me présentais au marbre! Ça aurait sûrement fait une grande différence si nous avions pu compter sur Tim et [Dennis] Martinez pour toute la campagne.»
En raison de la collusion, Raines a raté tout le mois d'avril et Martinez n'a rejoint les Expos que le 10 juin cette année-là, et les Expos ont terminé à quatre matchs des Cardinals de St. Louis et du premier rang dans l'Est.
Trio impressionnant
Wallach a souvent répété à quel point il était heureux pour Raines au cours de cette entrevue. Celui qui aura 60 ans en septembre est surtout heureux que Raines soit maintenant reconnu au même titre que Gary Carter et Andre Dawson, les deux autres représentants des Expos à Cooperstown.
«J'ai été très chanceux de croiser la route de ces trois gars. Ils sont tous trois de grands hommes, et encore de meilleurs joueurs de baseball.»
Après sa carrière, Wallach a pris quelques années sans être impliqué dans le baseball afin de voir grandir ses fils maintenant âgés de 31, 29 et 25 ans. Après deux saisons comme instructeur des frappeurs des Dodgers en 2004 et 2005, Wallach est revenu à temps plein au baseball en 2009.
Maintenant qu'il est l'adjoint de Mattingly, la prochaine étape logique serait pour lui de devenir gérant. Son nom circule d'ailleurs chaque fois qu'un poste se libère depuis quelques années. Qui sait? Sa première chance surviendra peut-être avec les Expos 2.0?
«Ce serait super! dit-il sans hésiter. Nous en entendons parler [de la possibilité que la MLB revienne à Montréal]. Les gens qui étaient là, surtout dans les années 1980, savent à quel point Montréal est une grande ville de sports. Elle mérite une seconde chance.»
Affrontements mémorables pour Ozzie Smith
Ozzie Smith se rappelle trop bien ce que signifiait affronter Tim Raines et les Expos de Montréal au début des années 1980.
Avec les Padres de San Diego d'abord puis avec les Cardinals de St. Louis, alors dans la section Est, Smith a souvent livré bataille à la formation montréalaise. Il s'est rappelé à quel point ce n'était pas de tout repos, vendredi.
« Les équipes étaient composées différemment à cette époque, a raconté Smith en marge de la clinique de baseball annuelle qu'il tient lors du week-end d'intronisation du Temple de la renommée du baseball. Les Expos étaient l'un de ces clubs qui misaient énormément sur la vitesse. »
« Tim était quant à lui une menace constante au sein de cette équipe, ce qui est toujours le cas quand tu as de la vitesse comme ça. En plus, il ne se faisait pas souvent retirer sur des prises, alors naturellement, ça mettait de la pression sur la défense. Soit il frappait un coup sûr, soit il obtenait un but sur balles. Nous devions alors nous occuper de tout ça, et il n'y avait pas de place à l'erreur. »
Ryne Sandberg, l'ex-deuxième-but vedette des Cubs de Chicago intronisé en 2005, tenait également Raines en haute estime.
« "Rock" était un catalyseur au haut du rôle offensif. (...) À titre de joueur d'avant-champ, quand vous jouiez contre lui, vous tentiez d'abord de l'empêcher d'atteindre les buts, mais il s'y rendait la plupart du temps ! Il nous gardait sur le bout de nos orteils ; on ne savait pas ce qui allait se passer avec lui. Vous vous doutiez qu'il allait voler et se placer en position de marquer pour des gars comme Andre Dawson ou Al Oliver, qui le suivaient dans le rôle. Il donnait vraiment le ton à cette attaque, mais il était aussi très bon défensivement. Ce n'est pas sans raison qu'il sera finalement admis ici. »
« J'ai joué avec Vince Coleman, qui était aussi un marchand de vitesse, ajoute Smith, qui a fait son entrée à Cooperstown en 2002. Mais dans le cas de Raines, il pouvait vous battre de plusieurs façons : avec son bâton, son bras. C'était un joueur exceptionnel. D'ailleurs, les Expos étaient reconnus pour avoir d'excellents dépisteurs. Ils ont déniché Dawson, (Ellis) Valentine, (Gary) Carter, (Tim) Wallach, (Vladimir) Guerrero, entre autres. Ils étaient le réseau de filiales du Baseball majeur ! Ils avaient d'excellents club-écoles. »
« Je suis vraiment content qu'il soit à Cooperstown. J'en suis fier. »
Le baptême du « Big Unit »
Randy Johnson, admis au Temple en 2015, a brièvement joué avec Raines lors de son rappel en 1988, puis de nouveau avant de passer aux Mariners de Seattle en 1989. C'est le voltigeur des Expos qui l'a affublé de son surnom du « Big Unit », qui orne sa plaque à Cooperstown.
« Je venais de me retrouver dans les Majeures et j'étais ébahi par tout ce que j'y voyais, a déclaré Johnson aux abords du terrain de Cooperstown, qui n'est pas sans rappeler celui du film Field of Dreams. Alors qu'il circulait la tête basse près de la cage des frappeurs, Raines m'est entré dedans. En se levant la tête jusqu'au haut de mes six pieds dix, il m'a appelé la "Big Unit". Le surnom est resté ! »
Johnson admet candidement ne pas se souvenir tant que ça des présences au bâton de Raines contre lui, quand le voltigeur est passé à la Ligue américaine, d'abord avec les White Sox de Chicago, puis avec les Yankees de New York. Mais il se souvient de la bonne humeur caractéristique de Raines.