Vraiment pas la faute des arbitres

Si les deux défaites en Alberta ou la dégelée contre Détroit au retour de la pause olympique ne vous avaient pas convaincu que les Sénateurs seraient écartés des séries éliminatoires, j'espère que ce revers contre les Islanders va le faire, car c'est un des derniers clous dans le cercueil.
Les chances de la troupe de Paul MacLean étaient microscopiques avant ce revers en temps réglementaire de 2-1, et elles ont presque été réduites au néant avec ça.
Leur chiffre magique pour être éliminés est difficile à déterminer parce qu'il y a plusieurs équipes qui les devancent, mais si on prend pour acquis que Columbus détient la deuxième place de «quatrième as» dans l'Est et qu'ils ont cinq points d'avance sur Ottawa, qui a joué un match de plus, celui-ci est de sept selon mes calculs très scientifiques.
Toute combinaison de points gagnés par Columbus ou perdus par Ottawa totalisant sept officialisera ce qu'on sait depuis un bout de temps: qu'il n'y aura pas de hockey de printemps au Coffre d'outils dans deux semaines.
Les Sénateurs peuvent amasser un maximum de 90 points en remportant tous les six matches qu'il leur reste à disputer, et selon les geeks de sportsclubstats, cela ne leur donnerait que 42% de chances de se qualifier in extremis.
Aussi bien oublier ça, car cette équipe répète encore les mêmes erreurs qui l'ont amené dans cette situation précaire, comme écoper de punitions inutiles. Pas pour rien qu'elle est la plus punie de la LNH.
Celle du défenseur Eric Gryba, tout juste après le but de Milan Michalek qui avait créé l'égalité 1-1, a été particulièrement coûteuse, puisque les Islanders en ont profité pour reprendre les devants. Gryba s'est fait prendre à cingler Brock Nelson dans sa zone, et les amateurs ont conspué les arbitres Dave Jackson et Dennis LaRue pour avoir levé le bras là-dessus. Sauf que la punition était méritée, le coup de bâton était sévère, en plein sur le bâton de l'attaquant des visiteurs. Dans la LNH de nos jours, c'est une punition automatique.
«Je n'ai pas de problème avec les décisions des arbitres, j'ai un problème avec mes joueurs qui ont écopé de punitions. Ils se sont placés dans des positions pour poser des gestes qui n'étaient pas nécessaires et ils (les arbitres) les ont attrapés», a justement dit l'entraîneur-chef Paul MacLean après la rencontre.
Celui qui devait à nouveau composer avec son sosie derrière le banc ne pourra bientôt plus dire qu'il va être content d'où son équipe va se retrouver après 82 parties, car elle sera en vacances.
À bout de solutions
MacLean a bien cherché à pousser des boutons différents à l'occasion, comme d'insérer Michalek à la pointe sur l'avantage numérique à la place d'un Erik Karlsson erratique hier, ce qui a donné l'unique but des siens.
Mais pour le reste, son club s'est buté à un jeune gardien, Anders Nilsson, qui a été solide face aux 36 lancers des locaux, même si plusieurs ont raté la cible.
«J'ai accordé beaucoup de rebonds et mes défenseurs m'ont bien aidé en clairant le devant du filet, racontait le grand Suédois de 6'6» dans le vestiaire des gagnants. Les gars se battaient pour me procurer le jeu blanc. Dommage que je l'ai perdu sur une séquence où je pensais avoir gelé la rondelle. Mais ça s'est fait vite et je ne peux pas blâmer les arbitres pour ça.»
Les Islanders, qui n'ont pas perdu en temps réglementaire à leurs six dernières sorties (5-0-1), se plaisent à jouer les trouble-fête en cette fin de campagne, avec 10 recrues dans leur alignement où il manque le centre étoile John Tavares. «C'est frustrant de regarder le classement, mais on n'abandonne pas. On travaille encore», soulignait l'attaquant Josh Bailey, auteur d'un but et une passe à son 400e match en carrière devant plusieurs parents et amis.
C'est pas mal la seule chose que les Sénateurs pourront faire eux aussi lors de leurs six derniers matches, à commencer par celui de demain contre le Canadien, qui leur avait fait très mal avec sa fameuse remontée du 15 mars dernier (gain de 5-4 en prolongation après avoir tiré de l'arrière 1-4 avec quatre minutes à jouer).