Le patineur Vincent De Haitre a remporté les essaies olympiques sur 1000 m en décembre dernier à Calgary.

Vincent De Haître, un miracle sur deux lames

A-t-il trempé ses lames dans de l'eau bénite de l'Est ontarien ?
La question a bien fait rire Vincent De Haître au bout du fil. En septembre dernier, le patineur de vitesse de Cumberland affirmait qu'il aurait besoin d'un miracle pour se qualifier en vue des Jeux olympiques.
Voilà que quatre mois plus tard, l'athlète franco-ontarien prépare ses valises pour un séjour à Sotchi, en Russie. Âgé de 19 ans, il est le bébé au sein de l'équipe canadienne sur longue piste.
« Aujourd'hui, je ne pense plus que c'est un miracle si c'est devenu une réalité de participer aux Jeux, soutient De Haître.
« J'ai mis tellement d'efforts pour que ça devienne une réalité. »
Ce dernier devait trouver une façon de retrancher une seconde notamment sur son meilleur temps sur 1 000 m Un défi qu'il a relevé.
Aux essais olympiques durant la période des Fêtes à l'ovale de Calgary, il a remporté la course sur cette distance en arrêtant le chrono à une minute, huit secondes et 37 centièmes.
« J'ai apporté plusieurs changements dans ma façon de m'entraîner depuis le début de la saison. J'ai modifié la façon dont je pousse et je ramène ma jambe vers moi. Mes poussées sont maintenant plus longues, explique-t-il.
« Auparavant, les entraîneurs disaient que je ressemblais à un gorille qui essayait de patiner. C'était une blague, mais ça voulait dire que j'avais des choses à changer. »
Le jeune homme rit en relatant l'anecdote.
Une autre chose a été revue et corrigé chez lui. On lui a demandé d'opter pour des départs plus conservateurs.
« Sur 1 500 m, je suis un des gars qui a le plus de vitesse. Mais en revanche, je n'ai pas la meilleure endurance. Maintenant, je me donne à plein à partir du deuxième tour et non dès le début. »
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Vincent De Haître a donné ses premiers coups de patin à cinq ans lorsqu'il fréquentait la maternelle. Des sorties de groupe étaient organisées après les heures de classe.
« Une journée, je n'avais pas mes patins. J'étais fâché qu'on ne me laisse pas embarquer tout de même sur la glace. »
On lui avait finalement permis de mettre les pieds sur la patinoire. Il s'était mis à courir.
« Éventuellement, mes parents ont vu que j'aimais ça aller vite. Ils m'ont inscrit au club. »
Ce club, ce sont les Concordes de Gloucester.
Pendant qu'il apprenait les subtilités du patinage de vitesse lors des entraînements, il a commencé à s'intéresser à ce sport au petit écran. La première personne qui a retenu son attention ?
Catriona Le May Doan, qui a gagné l'or olympique sur 500 m à Nagano et Salt Lake City.
« Je l'ai vu dans une annonce des barres d'énergie Vector. C'est mon premier souvenir d'elle. Je me rappelle que mes parents m'avaient acheté de ces barres. »
Le sort a voulu que Le May Doan fasse son tour au centre national d'entraînement à Calgary, un mois avant les essais. « Je me devais d'aller la voir et lui dire que je me rappelais de l'avoir vu dans ces annonces, relate De Haître.
« Elle m'a répondu que je l'avais fait sentir vieille. »
La championne du passé et celui du futur se sont bidonnés de cet échange.
Le May Doan risque de raconter l'histoire lors des Jeux. Elle doit être analyste à la télé anglophone pour les courses sur longue piste.
Il ne faut pas à s'attendre à ce qu'elle soit appelée à commenter une victoire de Vincent De Haître, qui dispute sa première année chez les seniors après une participation aux championnats du monde juniors l'an dernier.
« Je ne suis pas encore rendu là pour gagner des médailles aux Jeux, précise le principal intéressé.
« Je m'en vais là-bas pour acquérir de l'expérience pour la prochaine fois, dans quatre ans en Corée du Sud. »