Si elle ne prétend pas être devenue un ange aujourd'hui, Véronique Gilbert se défend bien d'être « une fille battue ».« Personne d'autre que moi n'est responsable des choix que j'ai faits. »

Véronique Gilbert à La Voix: renouer avec la douceur

L'amour de la musique de Véronique Gilbert, c'est en Outaouais qu'il a pris naissance. Âgée de 31 ans, elle vit aujourd'hui l'aventure La Voix à pleins poumons. Retour sur le parcours qui l'a menée au sein de l'équipe d'Isabelle Boulay.
Véronique Gilbert était enceinte d'Angélique lorsqu'elle a remporté Tout nouveau, tout show, en 2000, berçant sa fille de sa voix jazzy, « plus tendre », par les mots de Luc Grand'Maison.
Elle a aussi foulé la scène auprès du regretté chorégraphe et danseur aveugle André Fairfield, en 2003, dans Les Disciples de Sade.
« C'était l'année de la première mouture de Star Académie, se souvient la Gatinoise d'origine. Je n'aurais jamais osé tenter ma chance à l'émission, mais c'était un mini fantasme quand même. Et le travail que je faisais avec André faisait écho à tout ça : on créait justement autour des notions de voyeurisme et d'exhibitionnisme... »
Ensuite, la maman monoparentale et artiste a quitté l'Outaouais pour l'Ouest, où elle a vécu quelques années difficiles dans les rues de Victoria. Si elle ne prétend pas être devenue un ange aujourd'hui, la chanteuse de 31 ans se défend bien d'être « une fille battue ».
« Personne d'autre que moi n'est responsable des choix que j'ai faits. »
L'un de ceux-là a été de se présenter à La Voix. Sa première prestation l'a menée aux auditions à l'aveugle. Le 19 janvier, lors de la diffusion de son passage sur le plateau de l'émission, elle a livré une relecture sentie de Ce soir on danse à Naziland.
Véronique Gilbert n'avait toutefois pas prévu qu'Éric Lapointe se munirait d'un micro pour reprendre l'extrait de Starmania avec elle.
« Jusque-là, j'étais dans le moment, calme et posée. Mais quand Éric est monté sur scène, c'est devenu plus nébuleux, raconte-t-elle en rigolant. J'ai réécouté le duo en même temps que tout le monde (le 19 janvier) et je dois dire qu'on a vraiment trippé. La complicité artistique s'est installée rapidement entre nous. C'est peut-être pour ça que les gens ont été surpris de ma décision... »
Car malgré l'intense tentative de séduction du coach et rockeur, la trentenaire avait déjà choisi son camp.
« À la minute où Isabelle (Boulay) s'est retournée, ç'a été clair, pour moi que c'est vers elle que j'irais. Je suis arrivée à un point de ma vie où j'ai besoin de m'assagir. En même temps, tant qu'à être sélectionnée à La Voix, je me suis dit que j'étais aussi bien d'essayer autre chose, de sortir de ma zone de confort... »
Et de renouer avec sa voix plus douce. Celle que ses parents - et plus particulièrement son père, musicien de formation classique et jazz - ont cultivé et qui l'avaient préalablement fait remporter Tout nouveau, tout show.
« Peu importe comment je le fais, chanter et faire de la musique demeureront toujours un exutoire, une manière d'exprimer mes états d'âme », explique-t-elle.
Pour la suite des choses à La Voix, Véronique Gilbert reste terre à terre et consciente que l'industrie de la musique québécoise ne peut absorber tous les candidats qui frappent à sa porte, par le biais de ce concours ou autrement.
« Si participer à l'émission me donne l'occasion de m'acheter de l'équipement, de créer des liens avec des gens du milieu et de booker des spectacles pour l'été qui s'en vient, alors j'aurai ma petite victoire ! »
À l'aube des premiers Duels, qui commencent demain soir, pourrait-on voir Éric Lapointe la « voler » à Isabelle Boulay ? En guise de réponse, la principale intéressée n'offrira qu'un grand éclat de rire... À suivre.