Valoriser les aînés

Il est vraiment dommage que le gouvernement Charest ait battu de vitesse l'Association québécoise d'établissements de santé et de services sociaux en annonçant, la semaine dernière, son plan de services intégrés aux aînés avant que l'Association ne publie un document fort important sur le vieillissement de la population québécoise.
Était-il vraiment nécessaire de scooper un organisme majeur qui représente 132 établissements publics dont des hôpitaux, des centres hospitaliers universitaires, des centres de santé et de services sociaux et des centres de soins de longue durée ? Les mesures annoncées par le gouvernement passeront immanquablement par ces établissements, d'autant plus que la pierre angulaire du plan du gouvernement est le soutien à domicile, tout comme les six cibles identifiées par l'Association pour faire face au vieillissement. Pour la logique de la réflexion, de la coordination et de l'action, il faudra repasser.
Déjà, la directrice de l'Association notait poliment que le financement annoncé par le gouvernement, 150 millions $ cette année et 200 millions par la suite, était un pas dans la bonne direction bien qu'insuffisant. À ceux qui refusent de mettre ensemble les termes « problème » et « vieillissement », le premier ministre Charest répondait : « On vous a entendus », AVANT la publication du rapport.
Les cibles identifiées par l'Association sont très justes, bien qu'elles impliquent des changements de culture, individuels et collectifs, qui ne se feront pas sans modifier les mentalités et les attitudes face au vieillissement. Il faut aussi se donner les moyens à la hauteur de cet immense défi.
Cela implique de se préparer à bien vieillir, d'autant que les baby-boomers croient qu'ils ne seront pas en mesure de contribuer à leur bien-être une fois devenu « vieux ». Les deux tiers estiment qu'ils ne jouissent d'aucune épargne pour « leurs vieux jours ».
Il est également très clair que les gens veulent vieillir à la maison. Encore faut-il redéployer l'offre de service à domicile, développer les formes d'hébergement alternatif et évolutifs. Surtout, il faut reconnaître et soutenir les 300 000 proches aidants qui apportent les trois-quarts de l'aide aux personnes en perte d'autonomie.
C'est sur ce dernier aspect du défi du vieillissement qu'il faudra mettre l'accent. En effet, les proches aidants se disent en quête de reconnaissance et de soutien alors que « le réseau de la santé et des services sociaux exige beaucoup des aidants sans toutefois pouvoir leur offrir le soutien et la reconnaissance souhaités. »
Le rapport note à juste titre que ces aidants seront de plus en plus âgés et moins nombreux, autre aspect du défi du vieillissement. Notre société individualiste nous a appris à valoriser la jeunesse, elle doit maintenant apprendre à composer avec la vieillesse et la valoriser. Ce qui est loin d'être évident quand on l'a si longtemps associée à un problème.
Vers la mort en direct
Ce n'est qu'une question de temps avant qu'un joueur ne perde la vie sur la glace à la suite d'une mise en échec ou d'un choc violent, accidentel ou provoqué. La violente mise en échec de Zdeno Chara, dont a été victime Max Pacioretty et qui pourrait bien mettre fin à sa carrière, ne fait qu'illustrer l'intensification des épisodes violents dans la LNH.
En décidant de passer l'éponge sur cette agression, la ligue a fait le choix d'accepter que de tels gestes soient tolérés jusqu'à leur ultime dénouement.
Broche à foin jusqu'au bout !
Dans un sport qui accepte les bagarres et les comportements de voyous comme faisant partie du jeu, où les commotions cérébrales sont de plus en plus graves et médiatisées, doit-on vraiment s'étonner que la spirale de la violence nous mène tout droit vers une mort en direct ?
Ce matin, un joueur est à l'hôpital et la plus grande vedette de ce sport, Sidney Crosby, est sur le carreau, victime d'une « double » commotion cérébrale. Les bulletins de sport nous livrent le compte rendu des bagarres comme faisant partie de l'action. Les joueurs ont perdu le respect de l'adversaire, devenu un ennemi... comme à la guerre.
Triste spectacle d'une ligue, d'un sport et de ses vedettes qui ont perdu le respect d'eux-mêmes.