«La séparation des pouvoirs constitue le fondement de la démocratie et vous serez gardienne de cette séparation», a lancé M. Couillard à l'endroit de Mme Vallée.

Vallée sera «gardienne de la séparation des pouvoirs»

La députée de Gatineau, Stéphanie Vallée, monte en grade et accède par la grande porte au cabinet des ministres du gouvernement libéral de Philippe Couillard. Elle occupera les postes importants de ministre de la Justice et de la Condition féminine.
La politicienne de 42 ans et mère de deux adolescents devient du même coup ministre responsable de l'Outaouais. Élue pour la première fois en 2007, sa nomination à la Justice, dans un poste de ministre senior, a pris bien des observateurs de la scène politique québécoise par surprise, à commencer par elle-même. Elle est apparue nerveuse, très souriante et émue au lutrin, lors de son assermentation comme ministre, mercredi, à Québec.
Mme Vallée se voit confier par le premier ministre la complexe tâche de pondre une législation sur la neutralité religieuse de l'État, l'encadrement des accommodements et la lutte contre l'intégrisme. «La séparation des pouvoirs constitue le fondement de la démocratie et vous serez gardienne de cette séparation, a lancé M. Couillard à l'endroit de Mme Vallée. Vous devrez aussi poursuivre les travaux favorisant l'accès à la justice et compléter la réforme de la procédure du Code civil, en mettant l'accent sur les modes alternatifs de résolution des conflits.»
Avocate de formation, Mme Vallée a fait son entrée au Barreau du Québec en 1995 après des études en droit civil à l'Université d'Ottawa. Elle a oeuvré pendant quelques années comme médiatrice familiale dans un cabinet qu'elle partageait avec son conjoint, à Maniwaki, avant de devenir la négociatrice en chef du ministère des Affaires indiennes de 2006 à 2007.
Au cours de ses trois premiers mandats comme députée de Gatineau, elle a siégé à plusieurs commissions et comités à saveur sociale. Elle a été adjointe au premier ministre, sous Jean Charest. Dans l'opposition, elle occupait jusqu'à tout récemment le poste de porte-parole en matière de services sociaux et de protection de la jeunesse.
Depuis la Révolution tranquille, aucun élu de l'Outaouais n'a accédé à d'aussi hautes fonctions au sein du gouvernement que Mme Vallée. Même Oswald Parent, surnommé le «parrain de l'Outaouais», n'avait pas été à la barre d'un ministère aussi prestigieux que celui de la Justice. Ce dernier a été plusieurs fois ministre d'État, mais il a été ministre en titre qu'une seule fois, à la Fonction publique, de 1973 à 1976.
Jocelyne Ouellette, députée péquiste de Hull, avait été nommée ministre des Travaux publics lors du premier mandat du Parti québécois en 1976. Michel Gratton, élu libéral dans Gatineau dans les années 1980 a été tour à tour leader du gouvernement de Robert Bourassa, ministre du Revenu et ministre du Tourisme. Plus récemment Robert Middlemiss, député du Pontiac a été quelques mois ministre de la Sécurité publique en 1994. Dans Chapleau, Benoît Pelletier quant à lui été ministre des Affaires intergouvernementales.
Iracà et Carrière adjoints
Le député de Papineau, Alexandre Iracà, qui avait été le seul élu de la région à se ranger derrière Philippe Couillard lors de la course à la chefferie du Parti libéral du Québec, obtient pour sa part le poste d'adjoint parlementaire au ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport. M. Iracà qui a été directeur général de la Commission scolaire aux Coeurs-des-Vallées pourra prendre la parole en chambre en l'absence du ministre titulaire, Yves Bolduc.
Marc Carrière, député de Chapleau a été nommé adjoint parlementaire du ministre des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire, Pierre Moreau.