«C'est le début d'un nouveau printemps pour les travailleuses du sexe», a lancé hier Me Alan Young, l'avocat qui avait porté la cause en Cour supérieure de l'Ontario.

Une victoire « très partielle », disent des travailleuses du sexe

Un organisme regroupant d'actuelles et d'anciennes travailleuses du sexe de la région estime « très partielle » la victoire qu'il a obtenue hier à la suite du dépôt d'un jugement très attendu de la Cour d'appel de l'Ontario.
Une porte-parole de l'organisme POWER, Frédérique Chabot, se réjouit que la cour ait jugé inconstitutionnelle les lois prohibant les maisons closes et de vivre des fruits du commerce du sexe.
Cette décision permettra aux travailleuses du sexe, explique-t-elle, de travailler à l'intérieur et d'embaucher des gardes du corps et des chauffeurs afin d'assurer leur sécurité.
Sollicitation toujours illégale
Là où le bât blesse, le plus haut tribunal croit que la sollicitation au vu et au su de tous doit rester illégale. « Le problème, c'est que la section sur la sollicitation est maintenue, affirme Mme Chabot. C'est cette section du Code criminel qui est utilisée pour déposer 95 % des accusations. En fait, on peut dire que c'est la seule loi qui est vraiment utilisée pour réguler le travail du sexe au Canada. »
« C'est une loi qui s'attaque principalement aux travailleuses de rues, qui représentent de 5 % à 10 % de l'industrie. Ce sont elles qui sont les plus marginalisées, précise-t-elle. De ce côté-là, c'est une très grande déception. C'est cette loi qui met les travailleuses du sexe le plus en danger. »
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