Katherine Levac s'apprête à prendre part, ce soir, à la toute première version québécoise de Saturday Night Live, légendaire rendez-vous en humour du samedi soir aux États-Unis.

Une touche franco-ontarienne à SNL Québec

Katherine Levac ne rêvait pas de devenir humoriste. La Franco-Ontarienne de 24 ans s'apprête pourtant à prendre part, ce soir, à la toute première version québécoise de Saturday Night Live, légendaire rendez-vous en humour du samedi soir aux États-Unis. Avec comme invité vedette Louis-José Houde, l'émission à sketchs, parodies et bulletin d'information bidon de 90 minutes sera présentée en direct et devant public dans le grand studio 3 de Télé-Québec, à compter de 21 h.
«C'est inespéré, surtout pour quelqu'un comme moi qui sort tout juste de l'École (nationale de l'humour), de pouvoir prendre part à un projet dans lequel tu peux être toi-même à la télé!» clame l'artiste originaire de Saint-Bernardin, dans l'Est ontarien.
L'improvisation en direct
Katherine Levac ne craint pas le direct. Ni l'ultime générale prévue à 17 h, aujourd'hui, histoire de pouvoir se coller au plus près à l'actualité. Au contraire.
«Ça me rassure! C'est comme des pantoufles! claironne-t-elle. Parce que dans le métier, justement, on se nourrit du public et du moment présent.»
Si deux sketches ont déjà été tournés, la préparation de l'émission passe surtout, depuis quelques semaines, par des répétitions où, ensemble, les six comédiens «maison» et Louis-José Houde, l'humoriste invité de la première de ce soir, apprennent à se connaître.
«En ce moment, ce sont les auteurs qui ont le plus de pression, qui écrivent, déchirent, réécrivent des sketches en fonction de l'actualité, mentionne Katherine Levac, jointe à Montréal quelques jours avant la première. Pour l'instant, moi, je suis payée pour jouer des personnages et improviser en lisant des textes autour d'une table avec Louis-José Houde! (La productrice au contenu) Josée Fortier et les producteurs sont là et nous demandent nos idées en plus! C'est un vrai privilège, une école incroyable! Je ne sais pas si je vais revivre ça de sitôt, un tel esprit de collégialité.»
Ces rencontres permettent aux six comédiens «maison» non seulement d'échanger et de tester divers personnages, mais aussi «de prendre nos repères les uns par rapport aux autres, renchérit la principale intéressée. Chacun a sa propre couleur et on apprend à les mélanger ensemble. Nous sommes tous différents et ça fait la force du groupe.»
Sa couleur? «Elle vient de mes personnages, je dirais, répond-elle. De mes expressions faciales, aussi. Mon humour est plutôt pince-sans-rire, voire sarcastique.»
10 minutes de n'importe quoi
L'humoriste de la relève fait partie d'une poignée de finissants de l'École nationale de l'humour que Louise Richer, la directrice de l'établissement, a recommandés aux producteurs de SNL Québec, l'an dernier.
Convoquée à l'audition, la Franco-Ontarienne a dû préparer «10 minutes de n'importe quoi» (personnages, imitations, etc.) à présenter devant la metteure en scène Josée Fortier, entre autres.
«Cet aspect de l'audition était probablement plus facile à gérer pour nous, les humoristes, parce qu'on est habitués à écrire notre matériel. Même chose pour les improvisateurs», explique Katherine Levac.
Elle a donc proposé un éventail de quatre personnages (dont celui d'une Franco-Ontarienne cherchant à vendre l'Université Queen's à des étudiants québécois et un autre qui chante), «pour montrer mes différents accents».
La passion d'écrire
Étudiante en littérature à l'Université d'Ottawa (U. d'O), Katherine Levac n'avait «pas planifié» devenir humoriste. Certes, elle signait des nouvelles à saveur humoristique, mais son rêve était de vivre de l'écriture. «Avec un peu de recul, je réalise que c'est comme ça qu'on commence, en humour: par l'écriture», soutient celle qui a fait beaucoup d'impro (au secondaire, au MIFO, à l'U. d'O.) et du théâtre.
«J'ai justement développé certains personnages qui me suivent par le biais de l'impro. Et puis, à un moment donné, je me suis dit: 'Pourquoi je ne jouerais pas des trucs que j'écris moi-même?'»
C'est à ce moment qu'elle s'est inscrite à l'École nationale de l'humour.
La suite de son histoire, elle est aujourd'hui en train de l'écrire, le sourire aux lèvres.