Ce qu'il reste de la structure du centre commercial Algo de Elliot Lake.

Une PME d'ici sauve des infrastructures

Les PME de la capitale nationale brassent de plus en plus des affaires, non seulement à Ottawa, mais sur tous les continents. Les histoires à succès se multiplient, comme celle de l'entreprise Giatec Scientific. En très peu de temps, la petite compagnie d'Ottawa s'est démarquée avec ses technologies pour rendre les édifices, les ponts et les barrages de la province d'Ontario plus sécuritaires.
Il y a à peine quatre ans, Aali Alizadeh ne pouvait s'imaginer un tel destin. L'ingénieur cofondait alors son entreprise avec un collègue, tous deux à peine sortis de l'université. «Nous avions une seule vision: de rendre toute structure en béton plus sécuritaire.»
Aujourd'hui, la PME est passée de deux à neuf employés, fabrique toutes ces technologies à Ottawa et fait affaire avec 15 pays à l'échelle mondiale.
«Nous avons toujours eu diverses idées pour tester toute structure de béton avec plus de précision. Au fils des ans, nous avons mis sur pied des technologies, des outils et des dispositifs pour évaluer la qualité et l'intégrité d'un bâtiment en béton, explique le président et directeur général de Giatec Scientific. Ces instruments peuvent déterminer ''l'espérance de vie'' de ces structures. Ces données favorisent des réparations plus précises des infrastructures. Au bout du compte, l'utilisation de telles technologies va prolonger la vie d'importants immeubles par exemple.»
Elliot Lake
Catastrophe l'oblige, l'entreprise d'Ottawa a toutefois été propulsée sous les projecteurs en raison de ses technologies révolutionnaires.
«Nous avons publié quatre rapports techniques dans le cadre de l'examen médico-légal de l'enquête se penchant sur les causes du tragique effondrement du centre d'achats à Elliot Lake. Plus tard, nous avons témoigné dans cette même enquête à titre d'experts. Et depuis, nous assistons le ministère des Transports de l'Ontario pour développer de nouveaux règlements et de nouvelles normes pour l'inspection structurelle des immeubles», informe M. Alizadeh.
Rappelons qu'en 2012, une partie du toit du centre commercial Algo s'était effondrée, tuant deux femmes et blessant une vingtaine d'autres personnes.
Le pdg de Giatec Scientific attribue une bonne par des succès à l'organisme de démarrage d'entreprises Investir Ottawa.
«Ils nous ont beaucoup aidés au chapitre de notre croissance, notamment pour obtenir de nouveaux contrats et dans notre façon de se commercialiser, dit-il. Notre aventure n'aurait pas été possible sans leur soutien, leurs conseils et le mentorat qu'ils nous ont donnés. La culture qui a été créée ici nous a fait comprendre que, pour grandir, il faut penser grand et agir grand.»
Investir Ottawa a célébré son deuxième anniversaire en grande pompe hier. Le pdg de l'organisme a d'ailleurs tenu à souligner leurs succès.
«Depuis nos débuts, les experts et les conseillers en affaires ont offert des ateliers à 11 5000 personnes et ont conseillé quelque 9000 entrepreneurs en devenir. De plus, les investissements à l'étranger ont tout simplement bondi de 7,2 millions$ à 175 millions$, a signalé Bruce Lazenby. Le développement économique n'est plus seulement d'attirer à Ottawa de grosses entreprises avec 1200 emplois, mais plutôt de créer 120 PME avec 10 emplois.»
Par ailleurs, le cabinet juridique Borden Ladner Gervais a profité de la célébration pour lancer son programme Catalyst, conçu pour appuyer les entreprises en démarrage du secteur de la technologie et leur faire économiser des frais juridiques en leur donnant accès à une équipe pluridisciplinaire d'avocats. Une autre jeune entreprise de la région, Klipfolio, a annoncé quant à elle un investissement de 1,7 million$ de sociétés capital-risque canadiennes et américaines. «Cela se traduit en plus d'emplois», a déclaré Allan Wille, pdg de l'entreprise.