Marysol Foucault adore pousser les limites de son imagination et celles des autres chefs.

Une passion qui mène loin

La chef-propriétaire du restaurant Edgar, à Gatineau, a représenté la région au concours Des chefs en or! au début du mois de février. Marysol Foucault a terminé quatrième lors de la compétition culinaire. Sa passion pour la nourriture et sa participation au championnat Des chefs en or! lui ont valu le titre de Personnalité de la semaine.
La région de la capitale a de nombreux attraits mais jusqu'à tout récemment, ce n'était pas pour ses restaurants qu'elle était reconnue. Cela est en train de changer.
Depuis huit ans s'organisent au Canada des championnats culinaires baptisés Des chefs en or! («Gold Medal Plates») dont l'une des principales vocations est d'amasser des fonds pour les athlètes olympiques. La compétition avait lieu du 7 au 9 février, à Kelowna, en Colombie-Britannique. Pour sa participation à cette compétition, Marysol Foucault reçoit le titre de Personnalité de la semaine Radio-Canada-LeDroit.
La chef-propriétaire du restaurant Edgar, à Gatineau, a raté le podium de peu, terminant en quatrième place.
En novembre, la chef Foucault avait un peu surpris en remportant la finale régionale tenue au Centre national des arts. Son restaurant n'est pas situé sur une rue achalandée mais Edgar s'avère un petit trésor culinaire. Caché dans le quartier Val-Tétreau du secteur Hull, il n'est ouvert que le midi et pour les brunchs du week-end. On y sert soupes, sandwiches et desserts, et on vend des plats surgelés à apporter à la maison. Ses brunchs sont réputés chez les foodies d'Ottawa... et même du reste du Canada grâce à l'impact de la télévision.
Clients fidèles
«Les gens font la queue pour les brunchs, dit-elle fièrement. Certains se contentent de manger dans leur auto parce qu'il n'y a pas de place à l'intérieur (ou sur la terrasse, l'été), ou mangent dehors les deux pieds dans la neige, l'hiver. La semaine, ce sont bien davantage des gens du quartier qui nous sont fidèles. Nous avons une très belle relation avec eux. Certains entrent parfois juste pour nous saluer, sans rien acheter.»
Cette communion d'esprit avec quiconque valorise la bonne chère, cela lui fait particulièrement plaisir. Parce que le plaisir est au coeur de sa passion culinaire.
«Pendant le concours, certains chefs étaient très stressés. De notre côté, nous avions le sourire et nous avons même pris le temps de parler avec les gens du public!»
Le «nous», c'était la petite équipe de trois qu'elle pilotait avec son sous-chef Michael LaSalle et Anna March.
Ce qui ne veut pas dire que derrière ce sourire qui illumine son visage, il n'y avait pas une bonne dose de stress. «Je suis hyper angoissée par des choses qui ne devraient pas être angoissantes.» Mais elle fait son gros possible «pour ne pas transmettre ça aux gens autour de moi».
Ce stress et la fatigue, c'est beaucoup cela qui l'a poussée à fermer l'autre restaurant qu'elle avait lancé, en 2012. Après un an, Odile a fermé ses portes de la rue Montclair: «J'avais perdu le sourire», reconnaît-elle.
Trois épreuves
Lancé en 2006, le championnat culinaire canadien est divisé en trois épreuves distinctes mettant en compétition 11 chefs d'autant de régions du Canada. La première consistait à préparer 450 assiettes de dégustation pour accompagner un vin... avec un budget de 550$. La seconde, à préparer 26 assiettes en 60 minutes à partir d'une boîte noire, des ingrédients secrets: en 2013, c'était du poulet, des champignons, de la truite, des cerises, du panais. La troisième et dernière consistait à reproduire le plat qui les avait fait gagner chacun dans leur région: en quatreheures, 600 portions pour autant de convives d'un pressé de lapin et de ventre de sanglier (de la ferme Par Toutatis).
Tous ces plats sortent de l'imagination de Marysol Foucault, une chef autodidacte qui a grandi à Aylmer. Elle se rappelle des heures à regarder des livres de recettes, à cuisiner avec sa mère, puis de la liberté que François Fortier lui a conférée dans ses cuisines du Pizza'za.
Elle adore cette connivence que des cuisiniers peuvent avoir à travailler ensemble, à se lancer des défis collaboratifs pour pousser les limites de leurs imaginations. Dans ce sens, la compétition effrénée du concours national ne l'enthousiasmait pas outre mesure. Mais elle s'en est fait une idée qu'il fallait bien défendre l'honneur d'Ottawa-Gatineau au national. C'est ainsi qu'elle tente «de transformer chaque chose en positif».
pjury@ledroit.com