La haute direction du Service des sports de l'Université d'Ottawa a été informée qu'un «incident» impliquant des membres de l'équipe de hockey masculine s'était produit plusieurs semaines après les faits allégués.

Une «partouze» qui aurait mal tourné

L'Université d'Ottawa suspend son équipe de hockey masculine «jusqu'à nouvel ordre» à cause d'un cas qu'elle qualifie «d'inconduite grave». Certains membres sont visés par de sérieuses allégations d'agression sexuelle en groupe sur une jeune femme, lors d'un périple de deux matches à Thunder Bay, le mois dernier.
L'entraîneur en chef des Gee Gees, Réal Paiement, a été suspendu puisqu'il aurait tenté d'étouffer l'affaire, ces derniers jours, affirment deux sources universitaires. Il n'a pas répondu à notre demande d'entrevue, hier.
Toujours selon nos sources, la présumée victime connaissait un des membres de l'équipe.
Selon la plainte logée auprès de la police de Thunder Bay, la présumée victime aurait été sexuellement agressée par plusieurs hockeyeurs. La victime, qui n'est pas la plaignante, serait réticente à offrir sa collaboration aux autorités. C'est une amie de la jeune femme qui aurait appelé les policiers.
Les joueurs visés par la plainte sont suspendus du programme sportif, mais pas de leurs activités académiques, a-t-on appris de source sûre. Les athlètes, qui peuvent toujours assister à leurs cours, sont tenus au silence dans cette affaire.
La police de Thunder Bay a confirmé que son unité d'enquête sur les agressions sexuelles avait ouvert un dossier. Aucune accusation n'avait été encore portée, hier.
Le 31 janvier et le 1er février derniers, les Gee Gees se trouvaient à Thunder Bay pour y affronter l'équipe de l'Université Lakehead.
L'équipe ottavienne a signé deux victoires de 4 à 3 contre les Thunderwolves. La présumée agression sexuelle se serait déroulée pendant cette fin de semaine.
Trois semaines plus tard
La haute direction du Service des sports de l'Université d'Ottawa a été informée qu'un «incident» impliquant des membres de l'équipe de hockey masculine s'était produit plusieurs semaines après les faits allégués. «Le mardi 25 février, l'Université a informé la police de l'incident et l'a assurée de sa collaboration dans toute enquête qui serait menée», indique le directeur des communications institutionnelles de l'Université d'Ottawa, Patrick Charrette.
«L'incident a eu lieu il y a plusieurs semaines, explique-t-il. Nous sommes profondément préoccupés de constater que la haute direction a seulement été mise au courant de ces allégations le 24 février par une tierce partie.»
Les Gee Gees ont été éliminés des séries éliminatoires des Sports universitaires de l'Ontario, le 21 février dernier, en recevant à Ottawa les Gaels de l'Université Queen's.
Une enquête interne a été instaurée à l'Université pour connaître les raisons ayant retardé le cheminement de cette information. «Tous les membres du programme de hockey ont été rencontrés», a mentionné M. Charrette, qui n'a pas voulu faire de lien immédiat avec la fin de saison et les informations tardives.
Selon M. Charrette, la police de Thunder Bay a demandé à la direction de l'Université de ne pas parler de ce présumé incident avant hier. Il s'est toutefois écoulé trois semaines entre les gestes allégués et le jour où la direction de l'Université d'Ottawa a entendu parler de l'affaire.
«L'Université a des attentes élevées envers tous ses étudiants et employés. L'inconduite présumée ne correspond aucunement aux valeurs qui sous-tendent la pratique des sports et la vie étudiante», a exprimé le porte-parole de l'institution.
Les policiers d'Ottawa collaborent à l'enquête, menée par leurs confrères de Thunder Bay. L'Université d'Ottawa refuse de dévoiler l'identité des jeunes impliqués.
Tourmente
Il s'agit d'une autre tourmente à connotation sexuelle à l'Université d'Ottawa, depuis la fin de semaine.
La présidente de la Fédération étudiante de l'Université d'Ottawa (FÉUO), Anne-Marie Roy a dénoncé publiquement les propos d'étudiants qui ont tenu une conversation crue à son sujet, sur Facebook.
Des représentants d'associations étudiantes affiliées ont clavardé entre eux, affirmant au passage que la jeune femme méritait d'être «punie» avec un organe mâle.
La conversation a été prise en photo par une personne, qui l'a envoyée anonymement à Mme Roy.
Le recteur Allan Rock est intervenu, dénonçant le geste des cinq jeunes hommes impliqués dans cette affaire.