Une météo de fou

Misère...
Y a des gens qui ont beaucoup de difficulté à comprendre ce qu'on leur dit. Ou ils choisissent plutôt de comprendre ce qu'ils veulent bien. Oui! Je parle de toi, Nathalie Brunette!
Nathalie est une consultante en communications bien connue dans la région. Elle est impliquée dans le Festival franco-ontarien, le Festival de la crotte de fromage de St-Albert, les Rendez-vous de la francophonie et j'en passe. J'en passe beaucoup. Elle est partout bref, l'amie Nathalie.
Et cette semaine, elle a choisi de ne pas comprendre ce que j'ai tenté de dire dans ma chronique de lundi.
Dans ce papier des plus «légers», comme on dit dans le métier, je vous ai raconté que la présentatrice météo à Radio-Canada, Chantal Plouffe, m'avait invité dans les studios de la télévision d'État pour aller présenter le bulletin météo avec elle. Chantal a l'intention, au cours des prochains jours, d'inviter des personnalités de tous les milieux à devenir présentateur météo d'un jour.
Et je vous ai raconté que j'avais refusé son invitation. Pas pour être méchant. Pas par snobisme non plus. Mais bien parce que je serais in-ca-pa-ble de vous présenter le bulletin météo à la télé. Ma timidité me rendrait beaucoup trop nerveux pour m'improviser de la sorte dans le rôle de Chantal Plouffe.
Si j'acceptais, mon bulletin météo risquerait de sonner comme suit:
«Il y a un système de dépression nerveuse en provenance de l'ouest qui se mêlera à un système de haute pression artérielle en provenance de l'est, ce qui créera tout un cocktail météorologique dans mes culottes, Mesdames et Messieurs. Surtout si les vents chauds et humides en provenance du sud se mettent de la partie».»
Aussi bien dire une météo de fou.
Et ce n'est pas le genre de chose qu'on veut entendre OU VOIR à la télé. Surtout pas aux heures de grande écoute.
Donc c'est un peu ce que j'ai partagé avec vous dans ma chronique de lundi. Si je devais la résumer en quelques mots, je le ferais ainsi: je ne veux pas faire un fou de moi-même à la télé, point.
«Bonne décision Denis. T'as assez de faire un fou de toi-même dans le journal!», j'entends ma douce moitié me dire. (Vous ai-je déjà dit qu'elle m'énaaarve...?).
Je ne pouvais donc être plus clair. Mais est-ce que Nathalie Brunette l'a compris? Non. Ou plutôt elle a choisi de ne pas la comprendre.
Et mardi après-midi, elle a pris l'initiative de lancer un appel à tous sur Facebook pour me convaincre d'accepter l'invitation de Chantal Plouffe. Voici ce que Nathalie a écrit:
«Forcer la main à Denis Gratton pour faire la météo au Téléjournal? Je vous mets au défi de faire un don de 20$ à Centraide Outaouais en indiquant Denis Gratton comme employeur, et de lancer le défi à deux autres de vos amis. Voici comment on peut y arriver et la procédure à suivre:
1 - faire un don en ligne à Centraide Outaouais et indiquer Denis Gratton comme employeur;
2 - Vous engager à trouver deux (ou plus) de vos amis qui en feront autant afin de ne pas briser la chaîne;
3 - Ces amis devront s'engager à trouver deux de leurs amis qui en feront autant. Et ainsi de suite.
OBJECTIF: 10000$. Si on y parvient, Denis Gratton n'aura d'autres choix que d'accepter l'invitation de Chantal Plouffe.
Et n'oubliez pas d'inscrire Denis Gratton comme employeur. C'est la seule façon de savoir si notre objectif sera atteint».
"*
Dix milles tomates!? (Les froids éoliens lui ont gelé le cerveau à celle-là...).
Mais je ne comprends pas. Pourquoi Nathalie (et d'autres) voudraient que je fasse un fou de moi à la télé? (Si j'ai ajouté les mots «et d'autres», c'est parce que hier après-midi, la somme déjà recueillie à Centraide Outaouais pour cette idée de fou - ou plutôt de folle - approchait les 500$).
Pourquoi tant vouloir me voir me planter en direct à Radio-Canada? Pourquoi vouloir entendre un bulletin météo d'un gars qui ne pourrait dire la différence entre un cumulus, un cumulonimbus et une Toyota Prius?
Quel plaisir retireriez-vous de tout ça? Je ne vous ai jamais rien fait. Je suis généralement gentil dans la vie. J'essaie d'être poli et courtois avec tous ceux que je rencontre. J'essaie toujours de rendre service dans la mesure du possible. Qu'ai-je fait ou écrit pour vous provoquer de la sorte?
Mais bon. La «campagne» Facebook est lancée et je ne peux rien y faire. Et comme m'a dit Nathalie: «Come on Denis, c'est pour une bonne cause. Centraide a besoin de nous tous».
Culpabilité quand tu nous tiens...
Donc on s'entend. Si jamais - ô miracle - on parvenait à amasser 10000$ (minimum!) chez Centraide Outaouais et qu'on pourrait me prouver que cette somme a été recueillie dans le cadre du «coup de folie» de Nathalie, j'y serai.
Je serai avec Chantal Plouffe à la télé pour vous présenter un bulletin météo. J'irai faire un fou de moi... pour une bonne cause. (Misère... dans quoi me suis-je encore embarqué?).
Mais sachez une chose et une seule chose, chers donateurs et donatrices: la revanche est douce au coeur d'un Monsieur Météo...