Plus d'une trentaine de manifestants se sont approprié les voies publiques pour dénoncer le SPVG et ses méthodes, samedi.

Une manifestation contre la brutalité policière dans le calme

«Police partout, justice nulle part!» Ces cris ont retenti dans le secteur Hull samedi après-midi dans le cadre de la Journée internationale contre la brutalité policière.
Plus d'une trentaine de manifestants se sont approprié les voies publiques pour faire entendre leur message. Bien qu'ils dénonçaient le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) et ses pratiques, les protestataires n'ont pas eu à faire face à une intervention des agents. Il n'y a eu aucune arrestation et aucun incident dans le cadre de la manifestation, soutient le SPVG. Les policiers se sont contentés de diriger la circulation autour du groupe de marcheurs.
Du côté de l'Association de défense des droits sociaux (ADDS) de Gatineau, on soutient que le SPVG n'a pas cherché à connaître leurs intentions, ce qui avait été fait par le passé, soutient le coordonnateur de l'organisation, David Clément. Le SPVG aurait menacé de procéder à des arrestations massives lors d'une manifestation en avril 2013, dit-il.
« Ce qu'on veut, c'est énoncer qu'à Gatineau, on tient à notre droit de manifester. On ne donne pas de trajet. On croit être dans notre plein droit de manifester librement dans les rues », soutient M. Clément.
Le profilage social dénoncé
Les manifestants ont profité de l'événement pour dénoncer une pratique qu'ils disent répandue au SPVG : le profilage social. L'ADDS-Gatineau soutient qu'il n'est pas rare que des personnes itinérantes ou marginalisées soient arrêtées pour des infractions mineures, comme traverser la rue au mauvais endroit.
« Des infractions mineures, on en fait tous les jours », affirme David Clément. « Si on applique la loi à la lettre, on serait tous judiciarisés. Ce qui est grave avec ça, c'est qu'on utilise ces lois pour interpeller une personne, lui demander de s'identifier, le fouiller, l'amener au poste. »
Le directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO), Yves Séguin, déplore que l'on criminalise des personnes en difficulté. Il soutient que ce n'est pas le moyen d'aider ces gens à réintégrer la société.
« Au CIPTO, on donne des pipes et des seringues pour s'assurer que les toxicomanes consomment en toute sécurité, c'est un service de santé publique. Mais des policiers interpellent ces personnes en disant qu'ils vont faire tester la seringue et les faire arrêter pour possession. Ça ne règle rien. »