Une flamme difficile à raviver

Marc-André Mongrain
Le Droit
Les détracteurs des « boys bands » peuvent dormir tranquilles : la vague de popularité des Backstreet Boys, qui effectuaient leur retour à la Place Banque Scotia hier soir, n'est pas sur le point d'atteindre à nouveau les sommets de leurs glorieuses années d'il y a dix ans.
Les détracteurs des « boys bands » peuvent dormir tranquilles : la vague de popularité des Backstreet Boys, qui effectuaient leur retour à la Place Banque Scotia hier soir, n'est pas sur le point d'atteindre à nouveau les sommets de leurs glorieuses années d'il y a dix ans.
Le quintette floridien devenu quatuor – le brunet moustachu Kevin Richardson a décidé de quitter la barque il y a deux ans – a beau tenter de raviver la flamme avec des albums comme Never Gone (en 2005) et plus récemment, Unbreakable (en 2007), leur public s'effrite et ne se renouvelle visiblement pas. Et si les ventes de disques ne suffisent pas à convaincre les incrédules, il fallait voir la foule du haut de la galerie de presse hier soir pour constater le nombre de sièges laissés vacants.
Ce n'est pourtant pas à défaut d'efforts de la part des quatre vedettes, qui font toujours preuve d'une belle énergie et d'un charisme au moins égal à leurs meilleures années, malgré quelques « steppettes » un peu ridicules.
Le côté « grand spectacle » est toujours bien présent pour faire rêver les jeunes dames et la mise en scène contribue souvent à donner l'impression d'assister à un vidéoclip en chair et en os.
Les quatre comparses se présentent tout d'abord tour à tour dans un ring de boxe monté sur la scène, tous vêtus comme des boxeurs, au son d'une relecture de Larger Than Life, qui incorpore maintenant le thème principal d'Eye of the Tiger. Les pures et dures – l'emploi du masculin serait futile ici – tentent alors de compenser pour celles qui sont passées à autre chose en y allant de leurs piailleries stridentes mais l'ambiance est bien loin d'être aussi assourdissante qu'à l'époque où les BSB monopolisaient les ondes radiophoniques de leurs chansons et les murs des gamines de leurs posters.
Puis, ils enchaînent avec des chansons récentes agrémentées de chorégraphies typiques du genre. Mais preuve que le public ne se régénère pas, il eut fallu cinq ou six chansons avant que les cris n'atteignent les décibels de l'introduction. C'est bien beau les nouvelles chansons, mais il eut fallu I Want It That Way, offerte autours d'une table de poker, pour y arriver.
Les chansons en solo n'ont pas autant la cote non plus. Celle d'Howie, aux teintes légèrement latines avec ses petits pas de danse suaves, est pourtant bien racoleuse, mais pas au niveau des BSB. A.J. allait toutefois obtenir plus de succès avec Drive By Love, une chanson rock plutôt dynamique qui allait même lui mériter une ovation plus bruyante que la balade de Nick Carter, le mec qui provoquait pourtant la plus grande euphorie en général.
Ce petit jeu dans lequel le groupe tente de faire apprécier son matériel récent à un public qui ne raffole que des anciens tubes allait se poursuivre tout au long de la soirée. Mais bien sûr, la foule allait repartir satisfaite avec une finale toute en succès.
En levée de rideau, le quatuor coloré Girlicious a pour sa part offert une prestation triviale à souhait. Plus un spectacle de danse que de musique en soi (à preuve, aucun musicien ni DJ sur scène), les quatre minettes ne créaient aucun effet avec leurs chorégraphies prévisibles et leurs chansons sans attrait. On se serait passé volontiers de cette nouvelle mouture encore plus exécrable des Pussycat Dolls.