Une demi-défaite

Le parti du maire Maxime-Pedneaud-Jobin a subi ce que j'appellerais une demi-défaite hier sur la question du controversé Fonds de 20 millions pour les communautés.
La création de ce fonds, sous l'administration de l'ex-maire Marc Bureau, avait suscité tout un tollé. Plusieurs ont comparé l'enveloppe à un «sac à bonbons» électoral puisque l'idée de départ était de répartir l'argent à parts égales entre chacun des districts électoraux. L'ex-conseiller Alain Riel avait renforcé cette perception de «sac à bonbons» en comparant cet argent à un fonds discrétionnaire qu'il pourrait dépenser à sa guise.
Dans les faits, l'argent sert à financer des projets pour la plupart nécessaires. De nouveaux centres communautaires, des terrains sportifs, des équipements de parcs... Le problème, c'est le mécanisme. Les dépenses sont décidées en fonction des districts électoraux et non pas en fonction des besoins de la ville dans son ensemble. Chaque élu a eu son mot à dire sur la manière dont l'argent est investi dans son quartier. Mais on ne sait pas sur quels critères les élus ont fait leur choix, ni quels citoyens ils ont consultés.
Pour Maxime Pedneaud-Jobin, il était inadmissible que des fonds publics soient dépensés ainsi, en fonction des districts électoraux plutôt qu'en fonction des besoins de la ville dans son ensemble. En campagne électorale, il avait promis d'abolir ce fonds s'il était élu à la mairie. Après sa victoire du 3 novembre, il a stoppé tous les projets en branle d'ici à ce que la question soit tranchée par le conseil municipal.
C'était hier le jour du vote.
Un vote qu'il a perdu, sans l'ombre d'un doute. Le maire Pedneaud-Jobin continue de souffrir des aléas de son statut minoritaire au conseil municipal même si hier, il a obtenu l'appui, particulièrement éloquent, des conseillers indépendants Gilles Carpentier et Cédric Tessier.
Là où M. Pedneaud-Jobin a fait un gain, et c'est pour cela que je parle d'une demi-défaite, c'est sur le fond de l'affaire. Même si la majorité des conseillers juge que le programme est trop avancé pour envisager un retour en arrière, ils s'entendent pour dire que la création de du Fonds des communautés était une mauvaise idée. Et que le programme, dont l'enveloppe a été ramenée à 14,5 millions entre-temps, mourra de sa belle mort une fois les fonds épuisés.
Par ailleurs, les élus vont revoir tout le mécanisme de financement des «projets structurants» lors d'un lac-à-l'épaule, dans quelques semaines. Le tout, afin de le rendre plus conforme aux règles de saine gestion.
C'est souhaitable.
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L'ombudsman de la Ville de Gatineau André Guay a surpris en enjoignant hier le conseil municipal à prendre rapidement position dans le dossier de la Charte des valeurs.
Pour un homme qui ne cesse de répéter que son mandat est d'intervenir seulement en dernier recours, sans se substituer au conseil municipal, je trouve que l'ombudsman s'est un peu pas mal mêlé de politique hier. C'est peut-être son passé de militant au sein de l'Action démocratique du Québec qui revient au galop.
Même s'il n'a pas tort, je pense que M. Guay devrait se concentrer sur sa tâche première. Pour une deuxième année consécutive, son rapport annuel nous laisse sur notre faim. On attend toujours de connaître les fruits de sa réflexion sur le travail de la Ville de Gatineau en matière de participation citoyenne et de consultation publique. Il a amorcé sa réflexion en juin 2011 et son rapport n'est toujours pas disponible.
À la stupéfaction de plusieurs conseillers, M. Guay a aussi affirmé qu'il n'y avait pas de problèmes avec l'administration des règlements d'urbanisme à Gatineau. Sur quelle planète vit-il? La lourdeur de la bureaucratie et les retards dans l'émission des permis font régulièrement la manchette. Or, il n'a même pas jugé pertinent de produire un rapport sur la question lorsqu'interpellé par des citoyens. Si ça va bien, on aurait aimé qu'il nous dise où au juste!