«Une décision idéologique» - Jean-Claude Parrot, ex-président des postiers

L'ancien président du syndicat des postiers, Jean-Claude Parrot, accuse les dirigeants de Postes Canada d'avoir pris «une décision idéologique» en ne proposant pas des moyens d'accroître les revenus de la société et en coupant les services comme celui de la livraison à domicile.
«Connaissant le gouvernement de M. Harper, je ne crois pas que le président Deepak Chopra, de Postes Canada, aurait pris une telle décision sans lui en avoir parlé auparavant. À tout le moins, il connaissait la direction que le gouvernement voulait pour Postes Canada. La décision est donc idéologique», souligne M. Parrot, président du STTP pendant plus de 15 ans dans une lettre qu'il a fait parvenir au Droit.
«Lorsque nous avons demandé un investissement pour pouvoir étendre et améliorer notre service de colis, on nous a répondu que le gouvernement n'est pas là pour faire de l'argent, ni pour faire compétition à l'entreprise privée. Pourtant, au tout début, seuls la Poste et les chemins de fer livraient des colis et c'est l'entreprise privée qui est entrée en compétition avec la Poste.»
M. Parrot estime que la proposition faite par le STTP d'avoir des services bancaires dans les bureaux de poste est raisonnable parce que Postes Canada a des installations partout au pays, dans des communautés où les banques ont fermé leurs succursales.
«Est-ce que l'on veut que la Société soit capable de s'auto financer ou est-ce que l'objectif est de transférer le service postal payant à l'entreprise privée pour laisser aux Canadiens le soin de payer pour ce qui n'intéresse pas l'entreprise privée? Il est évident que l'on a choisi la route qui va mener au transfert des profits de la Poste à ses amis du secteur privé», poursuit-il.
Pgaboury@ledroit.com