Une coïncidence?

Déjà que la région de l'Outaouais se plaint depuis des lunes d'être l'éternelle négligée à Québec. Pauline Marois ne fait rien pour corriger cette perception en espaçant ses rares visites dans la région.
C'est certain, il va s'en trouver pour accuser la première ministre du Québec de faire preuve d'opportunisme en planifiant une visite en Outaouais à quelques jours d'un probable déclenchement des élections au Québec. Sauf imprévu, Mme Marois a confirmé qu'elle s'arrêtera dans la région le 27 février.
Sa visite précédente, qui remonte à près d'une année et demie, coïncidait également avec son calendrier électoral. C'était le 31 août 2012, à la fin de la dernière campagne électorale provinciale. Je m'en souviens comme si c'était hier. Pauline Marois était débarquée tout sourire à Gatineau, galvanisée par des sondages favorables qui allaient se confirmer, quelques jours plus tard, par son élection à la tête d'un gouvernement minoritaire.
C'est difficile à vérifier sans avoir en main l'emploi du temps de la chef du Parti québécois, mais on a l'impression qu'elle a visité la presque totalité des régions du Québec durant son mandat... à l'exception de l'Outaouais.
Pourtant, ce ne sont pas les occasions qui manquaient de venir couper un ruban en Outaouais. Elle aurait pu venir inaugurer le début des travaux d'agrandissement de 22 millions du pavillon Félix-Leclerc du Cégep de l'Outaouais. Ou annoncer les deux nouvelles écoles du Plateau. Ou le nouveau plan de rapatriement des soins de santé. Ou même inaugurer le Rapibus, un projet de 255 millions auquel Québec a contribué 75 % de la somme.
On veut bien que l'Outaouais soit un bastion libéral et une région fédéraliste. Mais pourquoi ne pas profiter de ce qu'elle est au pouvoir pour faire avancer son option dans la région ? D'autant plus que, sur la question nationale, il y a de beaux dossiers en ce moment pour lui donner des munitions. Cet affrontement entre la Ville de Gatineau et la Commission de la capitale nationale à propos de la fermeture de Gamelin était une belle occasion de casser du sucre sur le dos du fédéral, d'autant plus que le gouvernement conservateur s'est montré particulièrement intransigeant dans ce dossier.
C'était d'autant plus important pour Mme Marois de faire sentir sa présence que, faute de députés péquistes élus en Outaouais, elle a dû nommer un ministre de la Rive-Sud de Montréal comme responsable de la région. Même si Stéphane Bergeron a multiplié les visites en Outaouais, une région qu'il connaît bien, il ne peut faire sentir sa présence avec la même autorité que s'il y habitait.
On ne peut pas reprocher au gouvernement péquiste d'avoir négligé l'Outaouais depuis l'élection de Pauline Marois. S'il y a encore des dossiers qui branlent dans le manche, comme le prolongement du Rapibus jusqu'au boulevard Lorrain, bien d'autres se sont concrétisés. J'en nommais quelques-uns plus haut. Et on pense que Mme Marois profitera de son passage à Gatineau pour officialiser la construction du nouveau centre multifonctionnel.
Mais bon, quand les gens ont l'impression que la visite se présente chez elle dans le seul but de lui quêter des faveurs, on va l'accuser d'opportunisme. Ainsi en va-t-il de Pauline Marois qui, à dessein ou non, a fait coïncider ses deux dernières visites en Outaouais avec son calendrier électoral.