Le «statut particulier» en éducation promis par Philippe Couillard lors de son passage en Outaouais ne comprend pas d'argent neuf. Les demandes des cégeps et universités seraient mises sur une «voie rapide», tout au plus.

Un «statut particulier» en éducation sans argent neuf

Le «statut particulier» en éducation promis par le chef libéral Philippe Couillard lors de son passage en Outaouais, la semaine dernière, ne comprend pas d'argent neuf. Tout au plus, les demandes des cégeps et universités pour la création de nouveaux programmes seraient mises sur une «voie rapide» afin d'en accélérer le traitement par les fonctionnaires à Québec.
L'objectif est de rapatrier une partie des étudiants québécois qui vont chercher leur diplôme en Ontario. Le ministre péquiste de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, avait proposé la même chose il y a plus d'un an. Comme les libéraux aujourd'hui, le ministre ne s'était pas engagé concrètement sur un financement accru ou des investissements à court terme.
La députée de Hull, Maryse Gaudreault, défend la proposition de son parti, estimant qu'il s'agit d'une demande émanant du milieu de l'éducation. «On répond à la demande de l'Alliance de la cause de l'enseignement supérieur en Outaouais (ACESO), se défend Mme Gaudreault. Ce n'est pas M. Duchesne qui a inventé ça, c'est l'ACESO qui le demande.»
«Je le vois comme un avantage donné en Outaouais. Maintenant, comment ça va s'exprimer, on va s'asseoir tout le monde ensemble et on va l'établir. C'est sûr que le statu quo n'est pas envisageable. Mais je ne prendrai pas d'engagement qui n'a pas été autorisé par ma formation politique.»
Enveloppe budgétaire?
En 2007, Philippe Couillard, alors ministre de la Santé, avait créé un statut particulier pour la région en santé. Or, ce statut était rattaché à une enveloppe supplémentaire de 20 millions $. Mme Gaudreault soutient que la région recevrait plus d'argent au bout de la ligne. «Je pense qu'il va y avoir de l'argent... c'est sûr. Qui dit plus de programmes autorisés, dit plus de financement.»
Le candidat du Parti québécois dans Hull, Gilles Aubé, a lui aussi refusé de promettre plus d'argent pour l'enseignement supérieur en Outaouais, plaidant l'état difficile des finances publiques. «Les sous sont comptés. Il y a un déficit de 2,5 milliards. Il faut être prudent. À long terme, nous voulons plus de programmes, mais on doit y aller avec les moyens qu'on a.»
La Coalition avenir Québec a refusé de se commettre sur le sujet, alors que des annonces en matière d'éducation doivent avoir lieu la semaine prochaine.
Chez Québec solidaire, le candidat dans Hull, Benoit Renaud, estime qu'un statut particulier en éducation doit être accompagné d'une enveloppe supplémentaire afin de faire un rattrapage. «Il faut qu'il y ait une enveloppe budgétaire spécifiquement pour l'UQO pour lui permettre un développement plus rapide, soutient-il. Il faut se rattraper en éducation de la même façon qu'il faut se rattraper en santé.»