Le Canada avait envoyé 27 000 réservistes en Afghanistan.

Un soldat de l'Est ontarien s'enlève la vie

Un militaire de l'Est ontarien s'est enlevé la vie la semaine dernière. Le lieutenant-colonel Stéphane Beauchemin a été retrouvé inanimé dans sa résidence de Limoges, jeudi dernier.
Les Forces armées canadiennes ont confirmé la mort du soldat pilote d'hélicoptère, sans toutefois révéler la cause de son décès. La Police provinciale de l'Ontario (PPO) a également refusé de confirmer la thèse du suicide.
Hier, l'organisme Canadian Veterans Advocacy, qui défend les droits des anciens combattants, a toutefois confié au Droit être en contact avec des membres de la famille du lieutenant-colonel. Ces derniers lui ont confirmé que l'homme s'était donné la mort.
«Des proches de Stéphane Beauchemin nous ont révélé qu'il s'agit bien d'un suicide», a déclaré Michael L. Blais, président de l'organisme.
Selon plusieurs élus locaux, Stéphane Beauchemin était peu connu à Limoges. Ce dernier y habitait depuis peu de temps.
Il s'agirait du huitième soldat canadien à s'enlever la vie en deux mois.
Michael L. Blais dénonce le manque de soutien offert aux soldats par le gouvernement canadien. «C'est le temps pour le gouvernement Harper de faire quelque chose. Les soldats canadiens n'ont pas les traitements adéquats. C'est le temps d'agir avant que d'autres commettent l'irréparable», a-t-il déploré.
Selon des proches, le lieutenant-colonel Beauchemin souffrait de stress post-traumatique. Le militaire avait participé aux missions canadiennes en Haïti, en 1997, et en Bosnie-Herzégovine, en 1999.
Depuis 2012, il faisait partie d'un programme de retour au travail progressif après un arrêt de travail.
Le NPD veut bonifier l'aide
Le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a publiquement réagi au drame, hier, en insistant sur l'importance de bonifier les programmes d'aide offerts aux soldats.
«La vague de décès par suicide qui fait rage dans les rangs des Forces armées canadiennes est préoccupante. Chaque décès par suicide est un décès de trop. Les membres des forces armées servent leur pays avec courage et dévouement à l'étranger. Il est de notre devoir de prendre soin d'eux lorsqu'ils reviennent à la maison.»
«Nous exhortons à nouveau le premier ministre de reconnaître l'existence de cette crise et d'adopter immédiatement des mesures pour y mettre fin, notamment en investissant dans les services de santé mentale pour les membres des Forces canadiennes et en accélérant les enquêtes sur ces décès», a déclaré le chef néo-démocrate.
Les programmes d'aide existent et il est de la responsabilité des soldats d'y recourir, se défend toutefois la direction militaire.