Un projet pilote d'escouade anti-trafic humain

Le Service de police d'Ottawa (SPO) se donne jusqu'en mai 2015 pour décider s'il consacrera une unité complète et permanente pour lutter contre la traite de personnes, ou s'il intégrera ses nouveaux spécialistes à d'autres unités déjà existantes.
En novembre dernier, le SPO a lancé un projet-pilote incluant un agent et quatre enquêteurs travaillant à temps plein contre le fléau de la traite des personnes dans la capitale.
«Nous voulons déterminer quelles sont les ressources nécessaires pour mener cette lutte efficacement, explique le sergent Kal Ghabdan, du SPO. Pendant cette période d'essai, nous sommes devenus très spécialisés en la matière. En mai prochain, il nous faudra savoir si cette unité doit former une entité spécifique ou si le groupe intégrera une escouade déjà existante.»
À titre d'exemple, les nouveaux spécialistes en traite de personnes pourraient être intégrés dans l'escouade antigang ou l'escouade de lutte aux agressions sexuelles et aux abus des enfants.
«En 18 mois, nous saurons combien de dossiers nous avons à gérer à court, moyen, et long terme.»
Briser le silence
Il s'agit parfois de sauver une fille des griffes d'un proxénète - lui sauver la vie, rien de moins - ou encore de convaincre les victimes de parler contre ce souteneur devant le tribunal.
C'est là que les choses se corsent, confie le sergent Ghadban. Que ce soit à cause du syndrome de Stockholm ou de la peur des représailles, les policiers peinent à convaincre les filles de parler.
«Il y a des filles qui ont subi un lavage de cerveau pendant deux ou trois ans, explique le sergent. Pour nous, de renverser cette façon de penser, c'est un travail de longue haleine. Ce ne sont pas les mêmes personnes une fois qu'elles sont prises dans la spirale de la traite de personnes.»
Le premier rôle de cette escouade en devenir, conclut le policier, est de mettre les proxénètes derrière les barreaux.
L'industrie de la traite de personnes à Ottawa est estimée à 26 millions$, selon une récente étude réalisée par PACT-Ottawa, un organisme qui fait la lutte à la traite des personnes.
Mercredi le 30 juillet était la première Journée mondiale contre la traite d'êtres humains.