Jean-Philippe Vinette, élève de 12e année de l'École secondaire catholique L'Escale de Rockland, rêve de verdir le toit de sa bibliothèque municipale.

Un jeune homme aux idées vives

L'Ontario a accordé 8 milliards de dollars la semaine dernière à des entreprises pour développer le secteur de l'énergie renouvelable. Peut-être que la province pourrait aussi donner un job à un jeune Franco-Ontarien très «vert» et novateur de Rockland.
Jean-Philippe Vinette rêve d'aménager une toiture végétale sur le complexe récréatif de Clarence-Rockland depuis environ trois ans.
 
«J'étais chez le dentiste et je feuilletais différents magazines dans la salle d'attente et je suis tombé sur un article de toits verts. J'ai trouvé cela très intéressant, surtout que le complexe était en train de se faire construire. Une fois la construction terminée, on a identifié un endroit parfait pour le faire», explique-t-il.
L'endroit visé est situé au-dessus de la nouvelle bibliothèque municipale de Clarence-Rockland. Au total, c'est une superficie de 1824 pieds carrés qui serait recouverte de gazon et de petits arbustes.
Si l'idée a germé longtemps dans la tête de l'élève de la 12e année de l'École secondaire catholique L'Escale, elle n'est justement pas restée qu'un simple souhait inaccessible.
L'audace d'agir
Rempli d'audace et poussé par une volonté inébranlable, l'environnementaliste dans l'âme a été proactif et a fait ses devoirs.
Avant même de rencontrer les dirigeants municipaux, le président du comité d'environnement de son école a recueilli toutes les statistiques imaginables concernant les bienfaits d'une verdure sur un revêtement de goudron.
«Ça double environ la durée de vie des toitures. Dans le cas présent, c'est environ 50 ans. Selon des études d'environnement Canada, il y a une réduction de 25% aux coûts de climatisation et la perte de chaleur était réduite de 26%. Il y a aussi une réduction du stress sur les égouts municipaux sans oublier une amélioration à la qualité de l'air», nous informe-t-il.
Jean-Philippe Vinette est même allé plus loin que la cueillette de données. Il a approché trois compagnies capables d'effectuer les travaux d'aménagement pour obtenir des soumissions. Bref, il a lancé un appel d'offres de son propre chef...
«Je ne voulais pas donner cela à Pierre, Jean, Jacques, dit-il. Tant qu'à faire un projet, je me suis dit qu'il fallait bien le faire.»
Depuis un an, le jeune homme travaille donc avec les architectes de l'entreprise choisie, Toits Vertige de Montréal, pour bien aligner son projet. Ses efforts ne se limitent pas là.
Il a ciblé les différents bailleurs de fonds qui pourraient financer son projet d'environ 40000$. Deux organismes ont été approchés pour obtenir des sommes d'argent à la suite de ses recherches. Deux autres recevront des demandes de subvention prochainement.
Des éloges
«À 17 ans, franchement, il faut le faire. Il a mobilisé tous ces professionnels pour monter son projet», félicite Jacques Taillefer, l'un de ses enseignants à l'école secondaire.
À la Cité de Clarence-Rockland, on applaudit l'initiative de l'un de ses résidants.
«Son projet a réveillé beaucoup de gens dans la municipalité. Ce jeune homme est brillant. Il a tout préparé. Nous sommes très fiers d'avoir une ressource comme lui qui s'inquiète du sort de l'environnement et qui mousse l'énergie verte», indique le maire Richard Lalonde.
Un dernier véritable obstacle se dresse avant la réalisation du projet. Le promoteur qui a construit l'édifice en question vérifiait toujours s'il honorerait la garantie établie si un problème survenait au toit.
Le futur étudiant à l'Université d'Ottawa en Sciences politiques et en Économie et récent lauréat du Prix jeunesse Thomas-Godefroy qui honore les jeunes Franco-Ontariens actifs ne délaissera pas son projet pour autant.
«J'ai la piqûre. Je vais continuer et ça prendra le temps que ça prendra. C'est mon bébé.»
Jfdugas@ledroit.com