Le chef de police d'Ottawa, Charles Bordeleau, a confirmé le décès du sergent Kal Ghadban.

Un haut gradé meurt au quartier général de la Police d'Ottawa

Le chef de police d'Ottawa, Charles Bordeleau, affirme que son service porte le deuil d'un collègue, le sergent Kal Ghadban, qui est décédé hier après-midi au quartier général du Service de police d'Ottawa (SPO) situé au 474, rue Elgin.
<p>Kal Ghadban lors d'une conférence de presse en 2012.</p>
C'est un Charles Bordeleau visiblement affecté par les événements qui s'est présenté devant les médias à 21h hier soir, entouré de la directrice générale, Debra Frazer, et des chefs adjoints, Jill Skinner et Ed Keeley. Il est venu confirmer l'information qui circulait depuis l'après-midi, Kal Ghadban est l'officier qui a perdu la vie.
« Kal Ghadban, un membre du SPO depuis 22 ans, a tragiquement perdu la vie aujourd'hui (hier). Actuellement, le service de police est en deuil. Nous sommes ici pour offrir notre support à la famille de Kal, sa femme et ses trois enfants, ainsi qu'à tous les membres du SPO. »
L'identité de la victime au 474, rue Elgin était devenue un secret de polichinelle après que plusieurs médias de la région l'ait révélé, mais surtout après les nombreux messages de conseillers municipaux et députés d'Ottawa sur les médias sociaux.
La députée de Nepean-Carleton, Lisa MacLeod, a notamment raconté le support que lui a apporté Kal Ghadban quelques années plus tôt pour combattre la problématique de surconsommation de fentanyl, un analgésique plus puissant que la morphine, dans sa communauté.
« Je suis dévastée, il était le meilleur, a écrit l'élue conservatrice. Je serai toujours reconnaissante envers lui. »
De son côté, le chef de police a décrit son défunt collègue comme un homme passionné par son travail et dédié à sa famille. Selon lui, il était respecté par l'ensemble de ses collègues et par la communauté d'Ottawa.
Outre l'heure et le lieu, Charles Bordeleau n'a donné aucun détail entourant les circonstances du décès de Kal Ghadban. Il affirme que l'investigation de l'Unité des enquêtes spéciales est en cours et qu'il lui est impossible de donner de l'information, pour l'instant.
Plusieurs médias ottaviens rapportent que Kal Ghadban s'est enlevé la vie. Il aurait retourné une arme à feu contre lui.
Support pour les troupes
Une autre inquiétude pour M. Bordeleau, hier soir, était l'état d'âme de ses troupes. Il soutient qu'une unité de crise a été déployée pour offrir du soutien à tous les membres du SPO qui auraient de la difficulté à surmonter le décès de leur collègue.
Selon l'analyste en affaires policières à Radio-Canada et ancien policier, Stéphane Berthomet, les problèmes de santé mentale ne sont pas rares au sein des services policiers. Que ce soit après avoir été témoin d'une scène d'une rare violence, ou encore l'accumulation de ces cas difficiles, plusieurs policiers doivent composer avec des symptômes de dépression.
« Pour le policier, il y a un double danger. Il assiste à quelque chose de très perturbant à répétition, et il a toujours avec lui un moyen de se donner la mort. [...] Les médecins et les pompiers, c'est la même chose, mais ils ne sont pas en contact avec une arme à feu. »
M. Berthomet affirme que la grande majorité des corps de police sont attentifs aux signaux de troubles mentaux et que l'aide est accessible pour les agents. Par contre, il estime qu'à force de refouler leurs sentiments face aux horreurs qu'ils peuvent rencontrer, il arrive que les policiers perdent leur vigilance.
Toute personne qui traverse des difficultés ou qui songe au suicide peut obtenir de l'aide en contactant, à Gatineau, le Centre 24/7 (819-595-9999) et, à Ottawa, la Ligne de crise pour la santé mentale (613-722-6914), la ligne 24h du Centre de détresse d'Ottawa et des environs (613-238-3311), la Ligne de crise 24/7 des Services jeunesse (613-260-2360) ou encore Jeunesse, J'écoute (1-800-668-6868).