Denis Laliberté a été arrêté avec 99,7 kg de khât dans ses valises le 29 août dernier à Toronto.

Un Gatinois trafiquant de khât plaide coupable

Un homme de Gatineau a plaidé coupable d'importation de 100 kilogrammes de khât, une plante populaire en Afrique de l'Est pour ses propriétés similaires aux amphétamines.
Denis Laliberté, 61 ans, a été arrêté à l'Aéroport international Pearson, à Toronto, le 29 août dernier. Ses sacs contenaient plus précisément 99,7 kg de khât lorsqu'il a tenté de franchir les portes des douanes, à son retour de Londres, en Angleterre.
Cette plante a été interdite en juillet dernier, en Angleterre. Il est aussi interdit d'importer du khât au Canada. La plante est originaire d'Éthiopie, où elle est abondamment consommée par des adultes. On la retrouve aussi en Somalie, au Yémen, au Kenya et dans la grande région de la péninsule arabique.
Les douaniers ont saisi la centaine de kilos que M. Laliberté transportait seul, dans des sacs. L'accusé a reconnu sa culpabilité mardi, et doit revenir au palais de justice de Gatineau en juillet prochain, pour les représentations sur sentence.
Portant le nom scientifique de Catha edulis, cette plante agit plus efficacement lorsqu'elle est fraîchement coupée. La plante saisie par l'Agence des services frontaliers du Canada, le 29 août, paraissait fraîchement cueillie et non asséchée.
L'effet hallucinogène du psychotrope est obtenu grâce à la cathinone que contient cette plante. Les consommateurs la mastiquent, un peu comme le font les Sud-Américains dans les Andes avec les feuilles de coca.
Une drogue marginale
Le khât demeure marginal et peu consommé au Canada, explique Yves Séguin, directeur général du Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO).
«C'est surtout associé à la communauté africaine. C'est culturel. Cela n'a jamais pogné ici. Je n'ai jamais vu des gens qui demandaient de l'aide pour arrêter d'en consommer. Ce n'est pas une substance qui est en demande sur la rue.»
Les effets du khât sont complètement différents du cannabis. Mais comme les autres drogues, elle peut créer une dépendance, rappelle M. Séguin. Son prix est difficile à évaluer, tellement cette plante est peu connue.
Cependant, quelques articles consacrés à cette plante dans le quotidien Le Monde, en 2013, font état d'un prix à la hausse. Une dizaine de branches (environ 100 grammes) se vendait 10 euros (15 dollars canadiens), à la fin 2012. Les prix ont augmenté à 15 euros (23 dollars canadiens) l'année suivante. Par ailleurs, poursuit le quotidien français, il faut compter 25 euros (38 dollars canadiens) pour les branches de qualité supérieure.