Un été en hiver, de Matt Tomlinson

Originaire de la région d'Oak Ridges, Matt Tomlinson s'est entiché de Montréal au point de s'y installer, pour mieux, parfois, Danser dans le métro. Il a surtout changé sa carrière d'épaule, proposant désormais en français ses «chansons sans adresse».
L'Ontarien offre un premier 'long jeu' folk-indé enthousiasmant, où il réarrange deux morceaux d'Ou presque, son récent minialbum (coréalisé par Yves Desrosiers).
Aux manettes, Tomlinson collabore cette fois avec Tim Gowdy (Barr Brothers, Coral Egan). Lequel a su enrichir, sans les dénaturer, les rêveries acoustiques de ce guitariste qui cultive l'art du dépouillement raffiné. Plein de sensibilité, les textes d'Un été en hiver (en partie signés Michael Dudemaine) versent dans la poésie pensive, voire contemplative. La voix est chaleureuse, teintée d'un petit accent suave.
Qu'il cherche à cajoler (Un mal pour un bien) ou à enjôler (Fidèle), Tomlinson, qui a ouvert pour les Soeurs Boulay et Patrick Watson, dosant le sucre, réussit à conserver à chaque instant sa charmante sincérité.