Le candidat péquiste, Gilles Aubé, a interpellé les étudiants en rappelant les affrontements du printemps érable, alors que la députée sortante dans Hull, Maryse Gaudreault, n'a pas hésité à parler du référendum.

Un débat sous le signe de la peur dans Hull

Le mot « peur » a occupé beaucoup de place, mercredi, dans les propos tenus par la députée libérale sortante Maryse Gaudreault, lors d'un débat au Cégep de l'Outaouais l'opposant aux autres candidats dans le comté de Hull.
Peur du référendum, peur pour l'économie, peur pour les emplois ou encore peur de l'immigration ; Mme Gaudreault n'a pas hésité à jouer avec l'épouvante pour tenter de convaincre les jeunes électeurs présents de tourner le dos au Parti québécois.
« Les gens ont raison d'avoir peur d'un référendum, a-t-elle lancé. Il y a déjà 29 000 personnes qui ont quitté le Québec depuis que le PQ est au pouvoir. Ce sont souvent les mieux nantis et ils partent avec leurs entreprises. Les gens ont tellement peur du référendum qu'il y a des clauses spéciales dans les baux de location. »
Mme Gaudreault a aussi fait un lien entre la charte des valeurs que propose le PQ et le racisme. « Le Parti québécois veut nous faire reculer aux vieilles mentalités des années 1970 avec sa Charte, a-t-elle affirmé. Ils veulent nous faire reculer à l'époque où les gens avaient peur de l'immigration. On va revenir aux idées racistes et xénophobes. »
La députée sortante dans Hull s'est toutefois défendue de tenter de mener une campagne de peur à l'intérieur des murs du cégep. « Ce sont les médias et les gens du PQ qui nous accusent de faire une campagne de peur, a-t-elle insisté. À mon avis, ce n'est que parler des vraies choses que de parler des conséquences d'un référendum. Je n'invente rien, je rapporte ce que les citoyens me disent et ils sont inquiets. Ils sont inquiets du spectre d'un gouvernement péquiste majoritaire qui pourrait nous contraindre à vivre un autre référendum. »
Le candidat du PQ dans Hull, Gilles Aubé, est pourtant celui qui a le moins abordé la question nationale dans le débat, laissant le haut du pavé à ses adversaires de Québec solidaire (QS), d'Option nationale (ON) et du Parti marxiste-léniniste du Québec. Ces derniers n'ont pas hésité à expliquer leur projet de souveraineté dans les détails. Les propositions de QS et de ON ont semblé recueillir passablement d'appuis dans la foule.
Printemps érable et intégrité
Si Maryse Gaudreault n'a pas hésité à soulever le spectre d'un référendum pour faire mal paraître son adversaire péquiste, ce dernier a choisi l'intégrité et le printemps érable comme arme d'attaque envers son adversaire libérale. « Vous y avez goûté au Parti libéral, a lancé M. Aubé en interpellant les étudiants. Vous vous souvenez, le Québec était à feu et à sang, presque. Le retour du PLQ, ce serait un recul pour l'intégrité. Philippe Couillard s'est négocié une sortie vers le privé quand il a quitté l'Assemblée nationale une première fois. Il a fondé une compagnie avec son ami Arthur Porter, un criminel international. Il y a eu un paquet de descentes chez les libéraux. »
Mme Gaudreault a accusé M. Aubé de verser dans la démagogie et de « vivre dans le passé ». « Il y a depuis eu plusieurs lois qui ont été adoptées à l'Assemblée nationale pour resserrer les règles de financement. Nous sommes vraiment blindés là. Ceux qui n'auront pas respecté la loi devront être sanctionnés, mais nous ne pouvons pas accoler à un gouvernement au complet les agissements de quelques individus. »