Dans un rapport, le directeur parlementaire du budget Kevin Page indique qu'environ 3800 personnes de plus prendront le chemin des prisons en raison de changements au Code criminel amenés par le projet de loi C-10 des conservateurs.

Un «ami» des conservateurs ou un chien de garde?

Le Nouveau Parti démocratique reproche au ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, de vouloir nommer «un ami fidèle aux conservateurs» pour remplacer l'actuel Directeur parlementaire du budget, Kevin Page.
Même si son mandat devrait se terminera en mars, la succession de M.Page fait énormément jaser, à l'heure de la rentrée parlementaire à Ottawa.
En fin de semaine, le ministre Flaherty a indiqué que M.Page avait passé plus de temps à pointer du doigt qu'à avoir eu une oreille attentive aux plans du gouvernement.
Les néo-démocrates ont réagi, lundi, en rappelant que le directeur parlementaire du budget a porté à l'attention du public «l'incompétence» du gouvernement conservateur en matière de fiscalité dans plusieurs dossiers, comme celui du «fiasco» de l'acquisition des avions de chasse F-35, les compressions au programme de la Sécurité de la vieillesse et sur le fait qu'il y aura un déficit.
Ils disent craindre que le ministre des Finances veuille changer le mandat du directeur parlementaire du budget et nommer à ce poste une personne moins critique.
«Un ami fidèle ne s'empresserait certainement pas de montrer au grand jour l'incompétence de ses amis dans la gestion des finances du pays», a souligné le NPD par voie de communiqué.
À plusieurs reprises au cours des derniers mois, le gouvernement a reproché au directeur parlementaire du budget d'outrepasser son mandat en exigeant aux ministères des informations financières supplémentaires à celles déjà fournies. Face à ce refus, M.Page s'est adressé à la Cour fédérale avec en main un avis juridique obtenu pour clarifier son mandat.
Dans son dernier rapport déposé la semaine dernière, Kevin Page a révélé que les mesures de compressions budgétaires imposées par le gouvernement Harper ont entraîné une réduction des dépenses dans les services de première ligne plutôt que dans les services internes de l'administration, contrairement à ce qu'avait laissé entendre M.Flaherty dans ses budgets de 2010 à 2012.