Le maire Jim Watson a reçu le chef du Parti libéral Justin Trudeau, jeudi matin.

Trudeau s'arrête à l'hôtel de ville d'Ottawa

Le passage du chef du Parti libéral du Canada (PLC), Justin Trudeau, à l'hôtel de ville d'Ottawa jeudi matin a créé beaucoup moins de remous que celle du maire de Toronto, Rob Ford, mercredi. Mais son appui moral aux deux grands projets d'infrastructures de la capitale nationale a réjoui le maire Jim Watson.
M. Trudeau s'est déplacé dans le cadre du déjeuner mensuel du maire. Invité à titre de conférencier, il a parlé de grands enjeux nationaux, mais aussi locaux, tels l'assainissement de la rivière des Outaouais et le prolongement éventuel du futur train léger. Ces deux projets figurent au sommet des priorités de la Ville d'Ottawa en matière d'infrastructure.
«C'est une victoire pour nous. J'espérais qu'il fasse référence à nos priorités majeures locales et c'est ce qu'il a fait, a apprécié M. Watson. C'est bien d'accueillir des conférenciers d'ordre national, mais s'il se présente et donne le même discours qu'il présenterait, par exemple, au Club Kiwanis de Kelowna (en Colombie-Britannique), ça perd de sa signification. C'est bon quand un leader national parle des politiques locales.»
M. Trudeau a d'ailleurs prôné pour une meilleure collaboration du fédéral avec les municipalités.
«Je crois au partenariat. Au cours de la dernière année, j'ai répété à maintes reprises que les Canadiens ne voulaient pas simplement un gouvernement différent. Ce qu'ils veulent, c'est un meilleur gouvernement qui considère les provinces et les municipalités comme des partenaires et non des adversaires», a-t-il déclaré.
Endettement de la classe moyenne
Le chef du PLC a profité de son passage pour exprimer son inquiétude quant aux défis auxquels font face les familles de classe moyenne.
«Un des plus gros problèmes que nous avons actuellement est le fait que les Canadiens de la classe moyenne n'ont pas eu d'augmentation salariale décente depuis une génération. Au cours des 30 dernières  années, l'économie du Canada a plus que doublé de taille, mais les revenus des familles de classe moyenne n'ont augmenté que d'environ 15% depuis 1981. La seule chose qui a suivi la croissance du PIB, c'est l'endettement des ménages», a-t-il déploré.
Une étude de Statistique Canada, dévoilé plus tôt cette semaine, dresse toutefois un autre portrait de la situation. Les familles de classe moyenne se sont enrichies par plus de 44% depuis 2005, et de 80% depuis 1999, peut-on lire.
«Tout dépend du moment que l'on choisit (pour faire la comparaison), a relativisé M. Trudeau. Si on commence en 1991, ça nous donne certaines statistiques, mais si on veut évaluer sur une plus longue période de temps, comme j'ai fait, depuis 1981, on remarque des tendances très troublantes.
Ce dernier a aussi fait allusion aux conclusions d'un rapport préparé au compte du gouvernement fédéral,  dévoilées dimanche dernier.
«Il mentionne que les salaires de la classe moyenne ont stagné et que pour plusieurs, le rêve canadien est plutôt un mythe qu'une réalité», a insisté M. Trudeau.
Le chef libéral a adressé la foule de quelque 250 personnes pendant environ 25 minutes hier. Il a notamment félicité le maire Watson d'avoir hissé le drapeau de la fierté gaie devant l'hôtel de ville pendant les Jeux olympiques de Sotchi et d'avoir défendu sa décision via les réseaux sociaux.
M. Trudeau a quitté les lieux rapidement après son allocution, ce qui a mis fin à un 48 heures mouvementé à l'hôtel de ville.
«Les deux dernières journées ont été une expérience de grande humilité pour tout politicien parce que nous sommes tous envieux de l'attention médiatique que reçoivent Rob Ford ou Justin Trudeau quand ils sont dans une salle, pour des raisons très différentes bien sûr», a lancé le maire Watson.