Trois groupes communautaires demandent la fin du profilage social

Les représentants de trois groupes communautaires demandent à la population de signer une «déclaration de principe» dénonçant les pratiques de profilage qu'ils reprochent au Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG).
David Clément, de l'Association de défense des droits sociaux (ADDS), Vincent Greason, de la Table ronde des organismes volontaires d'éducation populaire (TROVEP), et Alexandre Ranger, du Collectif régional de lutte à l'itinérance de l'Outaouais (CRIO), ont dévoilé, mardi, une déclaration de principe qui définit le profilage social, racial et politique.
Ils invitent la population en général et les membres des organismes communautaires de la région à signer cette déclaration de principe. «Nous avons tous droit de cité, c'est-à-dire le droit de nous trouver dans les espaces publics, quel que soit notre statut social, notre race ou notre allure», a déclaré Alexandre Ranger, en répétant que des gens se font intercepter sans raison par la police, principalement au centre-ville.
Pour sa part, Vincent Greason a dénoncé l'attitude du Service de police de Gatineau, lors d'une manifestation tenue le 18 avril 2012, au coeur de la crise étudiante.
Lors de cette manifestation, 161 personnes avaient été arrêtées sur la promenade du Lac-des-Fées et accusées en vertu du Code de la sécurité routière. «La police a pris des photos des manifestants et nous jugeons que ce geste était illégal. Où sont maintenant ces photos? Ont-elles servi à créer des dossiers sur les manifestants?» demande M. Greason.
Le chef du SPVG, Mario Harel, a refusé de commenter les propos de M. Greason au sujet de la manifestation du 18 avril 2012 parce que certaines personnes arrêtées ce jour-là ont intenté une poursuite en recours collectif contre la police gatinoise. M. Harel a aussi, une fois de plus, nié l'existence d'une politique de profilage systémique. Il a rappelé qu'au centre-ville, les policiers doivent faire face à une situation complexe, car il y a beaucoup de criminalité et les gangs de rue y sont actifs. «Nous devons faire respecter la loi et assurer la sécurité des résidents, des visiteurs et des commerçants. Malgré les critiques, nous voulons continuer à travailler avec les groupes communautaires, mais la collaboration de certains de ses groupes n'est pas très bonne en ce moment. Je les invite à collaborer, car nous avons tous le devoir de travailler pour l'ensemble de la population», a déclaré M. Harel.
Sbgauthier@ledroit.com