Train à vapeur: les députés pressent le gouvernement d'agir

Affirmant qu'il serait dommage que l'Outaouais baisse les bras parce que le ministre régional Stéphane Bergeron «nous envoie de gauche à droite» dans le dossier de la relance du train à vapeur de la Gatineau, la députée libérale Stéphanie Vallée nie se retrouver dans une position inconfortable étant donné que le plan B (corridor Gatineau-Montebello) se retrouve dans le comté de son collègue de Papineau, Alexandre Iracà. Au contraire, le caucus libéral de l'Outaouais soutient sans équivoque le plan A, assure-t-elle.
«Le plan A est prioritaire pour moi et le caucus travaille en étroite collaboration pour soutenir l'axe Hull-Chelsea-Wakefield», a dit la députée de Gatineau.
Invité à réagir, le député Iracà a corroboré les propos de sa collègue au sujet de la solidarité du caucus envers le premier tracé.
«On a tous les cinq signé une lettre demandant au MTQ de prendre une décision. Il faut aboutir dans ce dossier-là, ça fait trop longtemps que ça traîne en longueur. L'important, c'est que le train à vapeur ne soit pas volé au profit d'une autre région, sauf que je n'envisage pas le plan B tant que le plan A n'est pas mort», a-t-il lancé au bout du fil.
Un investissement de 13,2 millions$ est nécessaire pour remettre la fameuse locomotive 909 sur les rails et la relance à l'été 2015 est compromise si aucune annonce n'est faite par Québec d'ici le printemps, selon la Compagnie de chemin de fer de l'Outaouais (CCFO).
La députée Vallée presse le ministre Bergeron de se prononcer sur l'avenir de cette icône touristique.
Annonces et programmes
«Celui qui roule en limousine, c'est lui qui décide. Pour l'instant, on laisse planer l'incertitude et quand on met de l'énergie dans un plan B, ça dilue le message. Si la réponse est non, qu'il le dise une fois pour toutes. On dit qu'il n'y a pas d'argent et un fonctionnaire a indiqué qu'il n'y avait pas de programme, mais c'est ridicule. Le MTQ a les études en main. Le gouvernement actuel, avec sa pluie d'annonces, en a pourtant trouvé des programmes», signale-t-elle.
Trop de travail a été réalisé par la CCFO depuis deux ans et demi pour qu'on se tourne soudainement vers un autre scénario, pense la députée.
«On est prêt à flusher 9 millions$ d'investissements publics puis à se tourner vers un projet encore au stade embryonnaire? On est encore loin de la coupe aux lèvres pour le tracé Gatineau-Montebello (l'étude de faisabilité est en cours). Oui, il y a des enjeux de revitalisation dans ce secteur-là depuis l'ouverture de l'autoroute 50, je comprends ça, mais on n'est pas obligé de déshabiller un secteur pour en habiller un autre. Le plan A est un projet extraordinaire», affirme Mme Vallée.
Elle préfère ne pas croire que la couleur politique à laquelle est associée l'Outaouais pourrait expliquer la lenteur du PQ à délier les cordons de la bourse.
«J'ose espérer que non, car le développement régional ne devrait pas avoir de couleur politique. Moi-même, il y a des gens qui ne sont pas de mon allégeance politique et je travaille pour eux quand même. Autrement, c'est irresponsable», indique-t-elle.
Par ailleurs, le maire de Gatineau n'a pas caché qu'il pourrait faire pression sur Québec afin que le train soit relancé.
«Il faut qu'on aille au bout de ce projet-là. (...) À chaque mois qui passe, on nuit au retour du train et à notre capacité d'attirer de la clientèle. L'industrie touristique a besoin d'engagements à long terme», de dire Maxime Pedneaud-Jobin.
Le train à vapeur est stationné à la gare depuis juin 2011, après que des pluies torrentielles aient causé des dégâts importants sur un tronçon de la voie ferrée près de Chelsea.