«Le film A Fish Story, entièrement tourné ici, a généré 1500 nuitées à l'hôtel», indique Jacques Ménard.

Tournages cinématographiques: la région doit se démarquer

Les intervenants du milieu cinématographique s'entendent pour dire que le principal défi demeure d'unir les forces de Gatineau et d'Ottawa afin de valoriser la région comme un terrain fertile pour des tournages. Certains poussent même l'ambition jusqu'à prédire l'annonce, d'ici 12 mois, du tournage d'un populaire long-métrage québécois dans la région.
De A Fish Story à Hit by Lightning, en passant par Tell the World ou La Sacrée, de nombreux films ont été tournés dans la région de la capitale nationale ces deux dernières années, sans compter des séries télévisées telles que Hit The Ice, Toi et moi malgré tout et The Best Laid Plans.
Affirmant d'emblée que la dernière année en était une de dépistage pour le Bureau du cinéma et de la télévision de Gatineau, ce qui rend difficile de chiffrer le nombre de tournages, le commissaire Jacques Ménard ne cache pas que le nerf de la guerre est de convaincre les réalisateurs que la région a des attraits intéressants. La mixité entre l'urbain et le rural par exemple, sauront plaire et se différencier d'autres lieux de tournage.
«C'est évident que le scénario doit l'exiger pour qu'ils se déplacent en région, par exemple si un chalet ou une ferme est nécessaire dans le tournage. Il faut des incitatifs, parce que ça représente des coûts supplémentaires pour eux. Encore là, il faut se démarquer d'autres régions, comme les Laurentides ou la Mauricie. Il faut se prouver, mais je ne suis pas inquiet», indique-t-il, précisant avoir fait des approches récemment lors des Rendez-vous québécois du cinéma.
Retombées économiques
«Un film est un produit culturel qui a des retombées économiques. Uniquement le film A Fish Story, entièrement tourné ici, a généré 1500 nuitées à l'hôtel. (...) On peut rêver qu'un grand film québécois soit tourné ici. Il le faut, sinon le Bureau n'a aucune raison d'exister. D'ici un an, j'aimerais qu'il y ait au moins une annonce», soutient M. Ménard. Il ajoute que l'un des défis de la région est de transcender l'aspect frontalier et la différence entre les crédits d'impôts et les conditions d'emploi dans chacune des deux provinces.
Sur la rive ottavienne, l'année 2013 a été des plus occupées pour l'industrie, le Bureau du cinéma d'Ottawa ayant émis 340 permis, un bond de 28% par rapport à l'année précédente. Le nombre total de jours de tournage s'est quant à lui accru de 24%.
La Ville d'Ottawa, Investir Ottawa et son Comité du film et de la télévision sont actuellement en discussions en vue de l'aménagement d'un espace dédié à la production cinématographique et télévisuelle grâce à un investissement de 500000$ de la municipalité.
La réalité frontalière force les deux entités créées en 2012 à collaborer ensemble sur une base permanente, la défunte Société de développement du film et de la télévision d'Ottawa-Gatineau ayant cessé ses activités il y a trois ans.
«Nous comprenons que les deux côtés de la rivière forment la région de la capitale nationale et que certains producteurs veulent tourner dans les deux provinces. (...) Nos bureaux ont des mandats similaires: voir l'industrie locale prospérer, créer des emplois et générer des investissements», affirme la coordonnatrice du Bureau du cinéma d'Ottawa, Stephanie Davy.