Maxime Talbot

Talbot se sent chez lui dans les Rocheuses

Après avoir passé les huit premières années de sa carrière dans un seul État américain, pas trop loin de l'océan Atlantique, Maxime Talbot aurait pu se sentir complètement dépaysé lorsqu'il a été parachuté cet automne au beau milieu des Rocheuses.
Ça n'a pas été le cas. Quand il est entré dans le vestiaire de l'Avalanche, l'ancien capitaine des Olympiques de Gatineau s'est immédiatement senti à la maison.
Comme à Pittsburgh
«Quand je regarde cette équipe, ça me fait un peu penser à mes premières années à Pittsburgh», a-t-il confié d'entrée de jeu au représentant du Droit, hier matin.
Dans les années qui ont suivi le lock-out de 2005, les Penguins étaient jeunes. Ils misaient sur plusieurs vedettes en devenir à l'attaque. Leur brigade défensive n'avait pas très bonne réputation. Effectivement, il y a des similitudes.
«Au Colorado, je retrouve une formation jeune qui veut apprendre, mais qui veut surtout gagner. Je retrouve une organisation qui a traversé des années difficiles mais qui n'a pas gaspillé ses premiers choix au repêchage. Je retrouve un groupe d'entraîneurs passionné par l'enseignement et motivé par la volonté de gagner. Jusqu'à maintenant, tout ça donne des résultats positifs. Pis c'est ben l'fun», explique Talbot.
Sur la patinoire, entre Pittsburgh et Denver, le rôle de Talbot a un peu évolué. En début de carrière, il était considéré comme un centre numéro quatre. Ces jours-ci, il évolue surtout à l'aile. Certains soirs, l'entraîneur-chef Patrick Roy se permet de l'utiliser dans un deuxième trio.
Dans le vestiaire, les choses peuvent aussi changer. À 21 ans, le vestiaire du Mellon Arena pouvait avoir des airs de salle de récréation. Talbot était un peu le fou du roi. Il était celui qui réussissait le plus souvent à faire rire le très sérieux Sidney Crosby.
Aujourd'hui, c'est différent. Un peu différent.
«Je reste moi-même, insiste celui dont la barbe commence à grisonner. Tout en restant moi-même, je suis capable de reconnaître que j'ai vieilli un peu. Quand j'étais jeune, j'étais un peu plus happy-go-lucky (joyeux et insouciant). Ces jours-ci, je dirais que je suis un peu plus even-keeled (équilibré). Je ne veux pas trop changer non plus.»
«Je sais pourquoi je suis ici. Patrick voulait ajouter un joueur d'expérience à sa formation. On peut dire que je suis un joueur d'expérience, maintenant. J'ai plus de 500 matches d'expérience dans la LNH. Je vais avoir 30 ans dans un mois», ajoute-t-il.
Et le sage Talbot, à l'aube de la trentaine, est convaincu que l'Avalanche pourrait «causer des surprises» en 2014.
«On va commencer par faire les séries. Une fois rendue là, n'importe quelle équipe peut gagner.»
Pour conserver leur place parmi les trois meilleures équipes de la section Centrale, Talbot et ses coéquipiers devront bûcher. L'excellent Ryan O'Reilly vient de s'ajouter à une longue liste des blessés. Il s'est fait mal... en célébrant un but de son équipe, lundi soir.
«Peu importe les circonstances, il n'est jamais facile de perdre des joueurs, notait Roy, hier matin, durant sa conférence de presse d'avant-match. Avec Guenin, Parenteau, Tanguay, Wilson... la liste commence à être longue. C'est pour ça que le hockey est un sport d'équipe. En misant gros sur le concept d'équipe, nous devrions être capables de nous en sortir.»