Steven Stamkos est félicité par ses coéquipiers.

Stamkos a toujours le compas dans l'oeil

En réussissant son septième tour du chapeau en carrière, mercredi soir à Toronto, Steven Stamkos a lancé un message clair au reste de la Ligue nationale de hockey.
Le nouveau capitaine du Lightning est guéri et il faudra le prendre au sérieux dans le dernier droit.
«Et le pire, dans tout ça, c'est qu'il n'est même pas rétabli à 100%. Je peux affirmer sans craindre de me tromper qu'il n'atteindra pas ce niveau ce printemps», prévient son entraîneur, Jon Cooper.
Un joueur spécial
Dans ce cas, que faut-il retenir de son inspirante performance au Air Canada Centre?
«Que Steven est un joueur spécial. Il a raté quatre mois de hockey. Il est revenu au jeu dans un vestiaire secoué par une tempête. Il a hérité du titre de capitaine. Il est arrivé dans sa ville natale pour jouer un match qui était télédiffusé d'un océan à l'autre. Il a marqué trois buts», énumère Cooper.
«Les joueurs d'exception ont cette capacité d'élever leur jeu d'un cran lorsque la pression est à son comble. Steven appartient clairement à cette catégorie», complète-t-il.
Cooper croit que les problèmes de son centre étoile sont surtout de nature psychologique à l'heure actuelle. Son tibia droit s'est ressoudé durant sa convalescence. Il s'est bien entraîné, il est en forme. Il lui arrive toutefois de douter sur la patinoire. Ça peut le ralentir par moments.
C'est parfaitement normal. Ça finit généralement par s'arranger avec le temps.
Stamkos peut voir la lumière au bout du tunnel. «Ça s'améliore un peu chaque jour, a-t-il expliqué avant le match d'hier soir.
«En première période, [mercredi], j'ai été impliqué dans d'intenses bagarres pour le contrôle de la rondelle derrière le filet des Leafs. Pour la première fois, j'arrivais à ne pas penser à ma jambe blessée.»
«Quand j'ai recommencé à jouer, dans les trois premiers matches, j'étais carrément craintif. Quand la rondelle se retrouvait sur mon bâton, au lieu de laisser mon instinct me dire quoi faire, j'avais le réflexe de chercher à me protéger. J'avais peur d'être mis en échec. Ça va beaucoup mieux à ce niveau. Je dirais que je me suis débarrassé de 95% de mes craintes.»
Objectif séries
Tout le monde sait ce que Stamkos a raté durant sa convalescence. Tandis que le Canada célébrait sa deuxième médaille d'or olympique consécutive en hockey masculin, le prodige de 24 ans ratait une belle chance de remporter un premier championnat majeur.
Inutile de revenir là-dessus.
On serait toutefois portés à croire que cette opportunité manquée lui sert de motivation, alors que le Lightning lutte pour se maintenir parmi les trois meilleures équipes de la section Atlantique.
Stamkos et le Lightning ont vécu de grosses émotions en 2011 en s'inclinant par un but dans le septième match de la finale de l'Association Est.
Tout ça pour ne même pas se qualifier pour les séries dans les deux années qui ont suivi.
«Les deux dernières années ont été difficiles. Nous étions déjà sortis de la course à la fin du mois de mars. Chaque fois, je me souvenais du plaisir que j'avais eu lors notre dernière participation aux séries. Je ne me suis jamais autant amusé en jouant au hockey», confie-t-il.
«Notre équipe est jeune. Tout plein de joueurs sont impliqués dans une course aux séries pour la première fois. J'espère qu'ils s'amusent autant que je m'amuse en ce moment.»