Spezza sur le point d'exploser

Dans un festival offensif des Sénateurs, Jason Spezza n'a pas compté jeudi.
Pas que le capitaine n'ait pas essayé, mais la rondelle ne veut tout simplement pas rentrer pour lui. Ce n'est rien de trop nouveau, il n'a pas marqué à cinq contre cinq depuis le 24 novembre dernier, une disette qui s'est étirée à 26 parties jeudi.
Mais on a tendance à l'oublier, le mal aimé de beaucoup de partisans dans la capitale est d'abord et avant tout un fabricant de jeu, et de ce côté, les choses vont très bien pour lui. Encore jeudi, il a obtenu deux mentions d'assistance, dont une spectaculaire sur le but d'Erik Karlsson en fin de première période qui permettait aux locaux de prendre le plein contrôle sur la rencontre, qu'ils n'ont jamais perdu par la suite.
Il est aussi à l'origine du premier but alors que c'est sa passe à Mika Zibanejad qui a envoyé celui-ci le long de l'aile, le gardien Ben Bishop faisant sa sortie fatale alors qu'en plongeant pour harponner la rondelle, il a ensuite été sonné par le coup de patin de son coéquipier Nikita Kucherov.
C'était un deuxième match de suite avec deux points pour Spezza, qui avait marqué le but gagnant en fin de partie à Columbus, en avantage numérique.
Depuis qu'il est revenu au jeu après sa récente blessure à une hanche, il a l'air nettement plus à l'aise et ça paraît.
Dans la bonne direction
«J'ai trouvé que nous avons créé beaucoup de chances, confiait-il après le gain de 5-3 des siens. Moi j'en ai eu plusieurs, mais ça ne rentre pas. Je suis content des chances que j'ai obtenues, il y en a une où je ne sais pas comment (Anders) Lindback a fait l'arrêt. Je ne suis pas frustré, je me sens mieux et je sais que les buts vont venir éventuellement. Les choses vont dans la bonne direction pour moi.»
Si Spezza, qui a quand même 14 buts et 39 points à sa fiche en 49 parties, finit par exploser entre Milan Michalek, qui semble avoir retrouvé ses jambes lui aussi, et un Zibanejad qui prend ses aises à l'aile, ce sera une excellente nouvelle pour les Sénateurs, évidemment.
C'est comme ça depuis toujours dans le hockey, il faut que les meilleurs soient les meilleurs la plupart du temps pour qu'une équipe connaisse du succès. Le trio de Kyle Turris, Bobby Ryan et Clarke MacArthur a beau avoir charrié l'équipe depuis le début de la campagne, et avoir encore très bien fait jeudi avec une production de cinq points, dont deux buts, ça va prendre plus que ça pour obtenir l'une des huit places convoitées en séries dans une association Est où c'est très corsé.
Le gain contre le Lightning n'a d'ailleurs pas été suffisant pour permettre aux Sénateurs de se hisser en huitième place, détenue par les Flyers de Philadelphie même si ces derniers ont le même nombre de points (58) en vertu de leur nombre supérieur de victoires en temps régulier ou en prolongation.
«Il nous reste six parties en neuf jours d'ici la pause des Olympiques et il faut ramasser le plus gros nombre de points sur cette possibilité de 12», soulignait Spezza.
En plus de s'occuper de leurs affaires, les Sénateurs et leurs partisans vont aussi regarder les pointages à l'étranger sur le tableau indicateur pour voir s'ils obtiennent de l'aide.
Mais charité bien ordonnée commence par soi-même et ils pourraient à nouveau aider grandement leur cause en allant arracher une victoire aux Maple Leafs à Toronto demain. Le club de son patelin contre qui Jason Spezza a toujours eu beaucoup de succès, d'ailleurs.