L'ex-Sénateur André Benoit est félicité par Maxime Talbot après avoir donné les devants 1-0 à l'Avalanche. Les joueurs de Patrick Roy ont défait les Sénateurs 3-1 hier soir à Ottawa.

Sous Roy, l'Avalanche n'a plus de complexes

À la veille de la Saint-Patrick, l'Avalanche du Colorado n'a pas eu besoin de la chance des Irlandais pour gagner un match d'une façon qui plaisait à son entraîneur membre du Temple de la renommée.
Une performance presque sans bavure de son gardien Semyon Varlamov, qui a perdu son jeu blanc à six secondes de la fin contre les Sénateurs, permettra à Patrick Roy d'effectuer son grand retour à Montréal aujourd'hui bien à l'aise, à la barre du club-surprise de la LNH qui ne donne aucun signe de ralentissement.
Quand l'ancien gardien du Canadien et de l'Avalanche est retourné au Colorado comme entraîneur-chef et vice-président des opérations hockey l'été dernier, pour prendre en main un club qui avait raté les séries lors de quatre des cinq saisons précédentes, bien malin qui aurait pu prédire qu'il reviendrait au Québec à la mi-mars avec une équipe comptant 44 victoires à sa fiche, contre à peine 24 revers (dont cinq en prolongation/fusillade).
Roy semble avoir peine à y croire. «Je m'attendais à une très bonne saison de la part de l'équipe. De penser qu'on serait en avant de Chicago et qu'on serait à quatre points (six en fait) du premier rang au classement général, non. Mais en même temps, la qualité des individus nous permettait de croire qu'on pourrait avoir une très belle saison. C'est ce qu'on voulait, surprendre le monde du hockey, et c'est quand même mission accomplie pour nos joueurs», racontait-il après le gain de 3-1 des siens au Coffre d'outils.
À sa première sortie d'un voyage dans l'Est qui survenait après un revers de 6-4 à domicile contre Anaheim vendredi, l'Avalanche n'a pas dominé, loin de là, mais il faut se rappeler que les visiteurs se débrouillaient sans des morceaux importants comme Paul Stastny, Alex Tanguay et Pierre-Alexandre Parenteau. «Mais on ne sert pas de ça comme excuse et on trouve des moyens de gagner, ça fait longtemps qu'on le fait à part ça, a ajouté Roy. Notre gardien fait les arrêts clés et dans la LNH, ça te prend ça, un gardien qui a ,920 de pourcentage d'arrêts. Varlamov est notre joueur clé, c'est certain.»
Varlamov
Le cerbère russe qui a été dans l'eau chaude en début de saison pour une affaire de voies de fait sur sa conjointe - accusation qui a été retirée - n'a pas eu trop de miracles à faire hier, la plupart des tirs des Sénateurs étant de la routine. Il a bien mis de la moutarde sur un arrêt de la mitaine contre Cody Ceci en deuxième, mais à part ça, les meilleures chances des locaux ont tout simplement raté la cible (Bobby Ryan deux fois, Alex Hemsky aussi). «Il fallait que je rebondisse après avoir accordé cinq buts en 10 minutes (vendredi), je n'étais pas content de ma sortie. C'était pas mal mieux cette fois-ci», confiait Varlamov après sa performance de 38 arrêts.
Benoit et Talbot
Comme tout ce que Patrick Roy touche semble se transformer en or (voir, sa sélection de Nathan MacKinnon au premier rang du dernier repêchage), c'est une de ses acquisitions de l'été dernier, le défenseur André Benoit, qui a marqué leur premier but, lui qui revenait hanter son club de l'an dernier qui a préféré offrir un contrat similaire au sien à Joe Corvo. «C'est toujours plaisant de compter des buts, surtout ici devant la famille et les amis, et en ayant déjà joué ici», a dit l'homme de peu de mots originaire de St-Albert.
Un qui parle pas mal plus, Maxime Talbot, ne tarissait pas d'éloges envers Patrick Roy. «On crée des surprises depuis le début de la saison et notre phrase magique, c'est 'Pourquoi pas nous?' Ça cadre bien avec notre équipe. Ça part du coach, qui est passionné mais qui est positif. Il veut toujours qu'on s'améliore, on est une famille. Ce n'est pas redondant, chaque match, il apporte quelque chose de nouveau. Le personnel d'entraîneurs fait une belle job avec nous et ça paraît au classement... même si on passe un peu en dessous du radar dans l'Ouest avec St. Louis, Chicago, L.A., Anaheim, San José. C'est pesant, mais on n'a pas beaucoup de complexes», mentionnait l'ami «Mad Max», acquis des Flyers en tout début de saison.
Un club sans complexe, c'est pas mal différent de ce qu'on voit ici cette saison, alors qu'après le revers crève-coeur de samedi à Montréal combiné à la défaite d'hier, il faudrait un miracle inattendu pour qu'il y ait du hockey de printemps au Coffre d'outils.