Vincent Vallières a réservé bien des surprises au public gatinois, vendredi soir

Sous le charme de Vincent Vallières

Un filet d'harmonica, une exhalaison de guitare électrique, un roulement de batterie : Vincent Vallières n'est pas du genre à distiller ses effets ou ménager son public. Quelques accords de la chanson Avec toi pour lancer la soirée, et voilà le public de la Maison de la culture avec lui, justement.
En découvrant la première partie assurée par le guitariste André Papanicolaou, vingt minutes de folk minimaliste plongé dans un clair-obscur intime, on s'est dit que la suite de la soirée coulerait dans la même veine pénarde, voire lénifiante. Que nenni !   
Vincent Vallières nous réserverait bien des surprises. Il a publié l'an dernier un nouvel album, Fabriquer l'aube: 12 titres ciselés avec tendresse et simplicité, dans le charme discret des veillées folk où l'amour est commenté en groupe autour d'un chanteur-guitariste (ici gaucher). 
Fort du succès du disque Le monde tourne fort (plus de 110 000 exemplaires vendus), l'auteur-compositeur est revenu avec cet opus comprenant quelques pièces populaires, dont Stone, qui a grandement tourné dans les radios. 
Il les a presque toutes chantées lors du concert donné vendredi soir à la salle Odyssée, sans hésiter à remodeler les arrangements pour une version live survoltée. Au risque de désarçonner plus d'un admirateur (notre confrère Samuel Blais-Gauthier en tête).  
«Ça faisait longtemps qu'on n'était pas venu!» a rappelé le chanteur populaire à une foule d'admirateurs galvanisés par ce retour d'un soir. À entendre les cris qui ponctuèrent régulièrement refrains et finales, Vincent Vallières n'a visiblement pas déçu ses spectateurs.  
Son récital s'est offert découpé en séquences, romantisme, actualités (sa participation à Gatineau prend la scène), anecdotes, il y a de tout : du rock un peu balourd (L'amour c'est pas pour les peureux), des ballades cafardeuses (Café Lézard), mais aussi de sincères et touchantes confessions intimes. À l'instar d'Asbestos, une chanson écrite comme un étendard aux conflits de travail, «en devoir de mémoire» pour celles et ceux qui luttèrent pour leurs droits «à une époque où ça n'était pas évident de le faire» et interprétée à la guitare acoustique seule. 
L'artiste a prolongé le ton plus engagé de sa prestation, enchaînant immédiatement avec la controversée Fermont, un portrait très peu touristique de la ville en question. Dans la salle, ça passe sans grand remous. La séquence «Vincent Vallières milite» sera vite éclipsée par le retour rock des électrisées Le monde tourne fort et Pas à vendre. 
Vendredi soir, le récital s'est imposé comme un zapping carré, étudié de son concepteur si habile sur scène, qu'il y reviendra même en parfait acteur. Et sans se faire prier ! 
Accompagné de ses trois musiciens, Vincent Vallières enfile les guitares les unes après les autres; se déchaîne en rappel sur Février, Attendant le soleil et l'incontournable On va s'aimer encore, reprise à l'unisson par l'auditoire qui pouvait repartir comblé.