Michel-Sébastien Gour.

Son ex-conjointe prend la fuite avant l'accouchement

Michel-Sébastien Gour n'a jamais pu voir sa fille, née en février dernier. Son ex-conjointe a fui Ottawa avant d'accoucher, et n'est plus jamais revenue au foyer familial. Le jeune père, qui a obtenu la garde exclusive de l'enfant par l'ordre de la Cour supérieure de l'Ontario, est catégorique : il s'agit d'un enlèvement pur et simple.
Le nom le plus plausible de la femme est Kafia Ahmed Mahamed, 19 ans.
« Un an de mensonges. » C'est ainsi qu'il résume sa relation avec une certaine Kafia Ahmed Mahamed, une femme dans la vingtaine, qui a gardé son âge réel bien nébuleux, même à son conjoint. M. Gour n'est même plus certain de son vrai nom.
M. Gour s'est confié au Droit, mercredi.
Présentant plusieurs identités, la femme se présentait sous le nom de Kafia Ahmed Mahamed, à son conjoint. D'origine somalienne, elle a résidé à Ottawa pendant plusieurs années, affirmant aussi avoir vécu en Suède. Elle parlerait d'ailleurs le suédois, le somalien, l'anglais, et quelques mots de français.
Le Service de police d'Ottawa (SPO) a ouvert une enquête pour enlèvement d'enfant, et s'apprêterait à déposer des chefs d'accusation en ce sens. Le SPO n'a pas voulu commenter lorsque joint par LeDroit, mercredi.
La présumée fugitive se donnerait aussi le surnom de Semper Fidelis, qui signifie en latin « Toujours fidèle ». L'enfant, une petite fille, est né le 22 février. Le père n'a jamais pu voir l'enfant puisque la mère a fui la ville - et peut-être le pays - pour accoucher.
« Je l'ai vue pour la dernière fois le 8 février, raconte M. Gour. Elle m'a montré le bébé par Skype, mais elle ne me dit pas où elle se trouve. Toute sa famille patauge dans le mensonge. J'ai entendu dire que sa mère se trouvait à Vancouver... Qui sait où elle se trouve aujourd'hui ? Elle pourrait aussi bien avoir pris un avion pour la Suède avant d'accoucher... Elle parlait à sa soeur en suédois. Elle est arrivée de Somalie avec un faux passeport. J'ai été berné depuis le début. Elle a une carte d'identité suédoise avec photo, mais avec de fausses informations. »
Lorsqu'elle est tombée enceinte, elle avait promis à son conjoint de « changer » et de mettre de l'ordre dans sa vie. « Elle m'a enjôlé. Elle venait me voir deux ou trois jours, puis partait pendant deux semaines. Je lui disais que ça ne se faisait pas quand on attendait un bébé. »
Squelettes dans le placard
Avant la naissance, M. Gour a pris les choses en main, au moins pour accueillir l'enfant. Il a acheté le mobilier pour la chambre et le nécessaire à la vie du bébé. « Je n'en reviens tout simplement pas. De passer en cour pour la garde, et tout cela, ça passe. Mais un enlèvement comme celui-là, c'est un non-sens. »
Michel-Sébastien Gour se confie, document de la Cour supérieure en main, attestant qu'il est l'unique tuteur légal de cet enfant. La décision a été rendue par la juge Linhares de Sousa, le 10 mars. « Kafia a déjà perdu un enfant aux mains des services sociaux. Peut-être prévoyait-elle la même chose ? »
Le père a connu la jeune femme sur un site de rencontre. Elle paraissait sérieuse, honnête et prête à entreprendre un projet de famille. « Je ne pensais pas qu'elle pouvait cacher autant d'affaires que ça. » Il a continué de travailler, pendant qu'elle restait à la maison.
Il a vu de récentes photos d'elle, avec des vêtements neufs, dans un lieu qu'il ne reconnaît pas. « Où elle trouve cet argent ? », se demande-t-il.