De passage dans la capitale, où il a passé près de 11 saisons, Mike Fisher a été frustré à quelques reprises par Craig Anderson. Le gardien des Sénateurs a dû quitter la patinoire, blessé, en début de troisième.

Soirée de sueurs froides

Certains soirs, la réalité vous rappelle que le sport professionnel est peut-être un jeu, mais c'est un jeu qui peut être dangereux.
Au Coffre d'outils, il y a Shea Weber qui a donné des sueurs froides aux Sénateurs et à leurs partisans, bien silencieux quand ses tirs hauts ont laissé Craig Anderson et Cody Ceci étendus sur la patinoire pendant de longs moments.
Plus de peur que de mal dans les deux cas, les deux joueurs se relevant finalement, Ceci n'est cependant pas revenu au jeu, victime d'une lacération à une oreille, a annoncé l'équipe.
Plus tard, Anderson a dû quitter lui aussi, blessé à une hanche ou à un genou, semble-t-il, lorsque son coéquipier Milan Michalek est entré en collision avec lui en début de troisième période.
Comparativement à ce qui s'est produit à Dallas, où le match entre les Stars et les Blue Jackets de Columbus a été interrompu parce que l'attaquant Rich Peverley s'est écroulé au banc des Stars, c'était de la petite bière, évidemment.
La scène retransmise par les réseaux de télévision donne froid dans le dos, mais elle illustre aussi à quel point les soigneurs et médecins des clubs sont maintenant bien formés. Ils sont passés à l'action rapidement pour s'occuper de Peverley, qui a des antécédents d'arythmie cardiaque.
L'incident Fisher
Ça rappelait malheureusement l'incident où l'ancien Olympique Jiri Fisher avait vu sa carrière prendre fin, son coeur s'arrêtant de battre au Joe Louis Arena de Detroit, le soir du 21 novembre 2005. Les médecins avaient réussi à le réanimer, lui aussi, sauf que sa condition était si grave qu'il ne pouvait plus jouer. L'ancien Sénateur Sergeï Zholtok n'avait pas eu la même chance, alors qu'il jouait dans la KHL à Minsk, en Biélorussie, en 2004, un infarctus l'emportant.
Tout ça pour dire que lors de telles soirées, le résultat d'un match de hockey semble bien secondaire. Oui, c'est dommage que les Sénateurs aient subi un revers de 4-3 en prolongation après avoir effectué une belle remontée, mais ce n'est pas la fin du monde. Il va y avoir d'autres matches, et d'autres saisons pour eux.
La LNH a certes pris une bonne décision hier soir en reportant le match Columbus-Dallas, citant «l'état émotif des joueurs des deux équipes». Personne ne veut jouer au hockey quand un coéquipier ou un adversaire doit quitter l'aréna en ambulance.
Anderson et Ceci vont revenir d'ici peu. Possiblement Peverley aussi, qui disait apparemment qu'il voulait retourner sur la glace quand il a repris conscience. Mon plus jeune fils, Benoît, a dû être opéré quand il était plus jeune pour traiter son arythmie cardiaque; la médecine fait maintenant des merveilles pour régler des problèmes de toutes sortes.
Après le match, les joueurs des deux clubs s'inquiétaient pour leur confrère. Et Weber tout autant pour Ceci.
«C'était effrayant de voir ça, tu ne veux jamais voir quelqu'un s'effondrer comme ça. Il y a eu un élément de malchance, la rondelle a flippé avant que je prenne mon tir. J'espère qu'il est correct, tu ne veux jamais voir ça», a indiqué le capitaine des Predators après le match.
Quant à Peverley, «on va prier pour lui, car ce sont des nouvelles tristes», soulignait de son côté Mike Fisher.
Le monde étant ce qu'il est aujourd'hui, le mot s'est passé jusqu'aux joueurs sur le banc, relatait Marc Méthot. «Ça vous secoue d'entendre un soigneur vous parler de ça par-dessus votre épaule pendant le match. On espère tous qu'il va être O.K.», a dit le défenseur franco-ontarien, auteur d'un but dans la remontée des siens après un deuxième tiers désastreux où il était sur la glace pour les trois buts des visiteurs.
Un sentiment partagé par un peu tout le monde au Coffre d'outils hier soir.