Femme d'affaires, d'équipe et - surtout - de terrain, la productrice Marie-Pierre Gariépy n'hésite pas à mettre les mains à la pâte dans les projets qu'elle dirige.

Slalom sur le chemin du succès

Il y a une vingtaine d'années, Marie-Pierre Gariépy plongeait dans le milieu de la production télé et cinéma. La femme d'affaires ottavienne dirige maintenant sa boîte, Slalom, et a conduit à bon port des séries comme Destination Nor'Ouest et La Ruée vers l'or. Aujourd'hui, LeDroit et Radio-Canada lui décernent le titre de Personnalité de la semaine.
Toute jeune, Marie-Pierre Gariépy exigeait que ses parents attendent avec elle la fin du générique lorsqu'ils l'amenaient au cinéma. «Un jour, mon nom apparaîtra là», leur disait-elle chaque fois. Car il lui était tout aussi clair qu'elle ne serait «jamais devant la caméra», raconte-t-elle en souriant, en évoquant ce souvenir d'enfance.
Aujourd'hui, le nom de la productrice ottavienne apparaît bel et bien aux génériques de séries primées telles Destination Nor'Ouest (DNO) et La Ruée vers l'or, couronnée du Grand Prix de la francophonie, en juin, au Banff World Media Festival. Mais aussi du magazine Ruby et de la série jeunesse Motel Monstre, diffusés sur les ondes de TFO, qui lui avaient permis de décrocher pas moins de sept nominations au gala des prix Gémeaux d'hier.
Sa boîte, créée en 2007, ne s'appelle pas Slalom pour rien. Adepte de ski et de voile, Mme Gariépy sait fort bien que «la vie n'est pas une ligne droite. Il faut savoir louvoyer, bifurquer, au besoin, pour arriver à nos fins!»
Ou pour transformer une idée sur papier en une émission de télévision. «Du flash au produit final, il faut non seulement passer par plusieurs étapes, mais aussi greffer les bonnes personnes autour d'un projet. C'est ça, mon thrill», mentionne-t-elle.
La découverte d'une passion
C'est pendant ses études en administration à l'Université du Québec en Outaouais qu'elle découvre un vieux projecteur et lance, avec d'autres mordus de cinéma, le programme Ciné-campus. «À partir de là, ce que je voulais faire est devenu plus clair. J'ai ensuite décroché un premier boulot d'été pour remplacer une directrice de production pendant son congé de maternité dans une boîte de la région. Je n'étais pas certaine d'avoir les compétences pour la remplacer, mais elle m'a convaincue que j'arriverais à gérer budget et équipes. Une fois lancée, je me suis vite rendu compte que j'aimais vraiment ça!»
De fil en aiguille, elle a ensuite joint les rangs des Productions R (obert) Charbonneau, avant de fonder sa propre entreprise, il y a cinq ans. Propulsée par DNO et La Ruée vers l'or, Marie-Pierre Gariépy se réjouit de voir aujourd'hui Ruby et Motel Monstre confirmer ce qu'elle sait depuis ses débuts dans le milieu, il y a 20 ans maintenant: qu'il est possible de faire de la télé de qualité, et en français, à l'extérieur du Québec.
«Avant, il nous fallait prouver que nous étions capables de faire de la télé, que nous avions la main-d'oeuvre qualifiée pour y parvenir. Maintenant, nos projets sont reconnus, par le public et par nos pairs. Nos nominations aux Gémeaux le démontrent clairement», se réjouit celle qui occupe aussi le poste de trésorière au sein du conseil d'administration de l'Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC).
Plus de détails dans LeDroit du 17 septembre 2012 ou sur ledroitsurmonordi.ca