Le groupe d'acteurs à l'affiche dans la pièce Si c'etait a refaire qui sera presentée au Théâtre de l'Île cet été. À l'avant, Andrée Rainville, Chantale Richer et Nicolas Desfossés. En haut, Marie-Ève Fortier, Julie Grethen et Mariève Gauvreau-Presseau.

Si c'était à refaire, l'idéal de beauté signé Dufour

Et Si c'était à refaire... un nez, des seins, une liposuccion, afin de se sentir mieux dans sa peau? Et Si c'était à refaire, parce que la première chirurgie esthétique s'est avérée un troublant échec? Et Si c'était à refaire, le referait-on? À quel prix et à répétitions?
Faut-il vraiment souffrir pour être belle?
Toujours est-il que la clinique du docteur Jouvence (Nicolas Desfossés) ne dérougit pas. Les clientes se bousculent à la porte, qui pour plaire à son futur mari, qui pour entretenir son éternelle jeunesse, qui pour percer dans le milieu du cinéma, qui dans l'espoir de garder son homme.
«La pression est très forte sur les femmes de correspondre à un idéal de beauté, on le sait. Et cette préoccupation n'a pas d'âge! Cela dit, au final, le recours à la chirurgie esthétique demeure un choix très personnel», rappelle la metteure en scène et directrice artistique du Théâtre, Sylvie Dufour.
Souci esthétique extrême
Avec cette comédie dont il signe le texte, l'animateur français Laurent Ruquier ne prend donc pas position sur le sujet, prévient-elle. Mais celui que certains ont par ailleurs déjà accusé de lui-même avoir recours à la chirurgie «grafigne juste un peu sous la surface pour nous faire rire jaune, par moments».
«En tout cas, son docteur Jouvence ne recule devant rien dans son souci esthétique. C'est un plasticien qui aime les femmes et la beauté féminine. Et il s'assure de corriger la nature... y compris jusqu'à l'excès. C'est justement ça que Laurent Ruquier dénonce: l'excès», renchérit Mme Dufour.
Outre ses clientes, le bon docteur devra également composer avec une nouvelle et intrigante secrétaire. Car ladite Claudine (Marie-Ève Fortier) est loin d'être la discrétion incarnée, et elle a tendance à mettre son nez (naturel!) un peu partout...
Ainsi, si la comédie estivale du Théâtre de l'Île générera inévitablement quelques éclats de rire, elle provoquera peut-être aussi quelques discussions sur la beauté. Du moins, c'est ce qu'espère la metteure en scène.
Cette dernière n'a pas choisi Si c'était à refaire innocemment: 70% de la clientèle du Théâtre de l'Île est féminine. «Il m'apparaissait d'autant plus intéressant, voire pertinent, de lui proposer un tel thème. Parce que j'ai l'impression que c'est non seulement actuel, comme questionnement, mais que ça le sera de plus en plus.»
Sylvie Dufour ne cache pas s'être interrogée sur son propre rapport à la chirurgie esthétique, en cours d'adaptation du texte de Laurent Ruquier.
«Disons que c'est un sujet qui m'a plus intéressée quand j'ai eu 50 ans, confie-t-elle en souriant. C'est une fatalité, de vieillir, et on peut, on doit se demander à quel point il est vrai qu'on est supposées souffrir pour être belles... Si la réponse à cette question appartient évidemment à chacun, il n'en demeure pas moins important, selon moi, de chercher à soulever la question, même par le biais d'une pièce de théâtre d'été!»