Denis Shapovalov a remporté son match au premier tour.

Shapovalov accueilli chaudement à Gatineau

Champion junior à Wimbledon, demi-finaliste du Challenger de Gatineau et gagnant d'une ronde du Masters de Montréal en 2016, Denis Shapovalov était déjà connu dans le paysage du tennis canadien.
Son nom a toutefois fait le tour du monde quand il a accidentellement atteint un arbitre d'une balle au visage dans un geste de frustration pendant un duel de la Coupe Davis à Ottawa au début du mois de février. Le grand droitier de 17 ans aurait bien voulu se cacher sous un tapis après l'incident malheureux qui s'est produit dans le duel décisif contre la Grande-Bretagne, mais il était trop tard. Son geste antisportif a mené à la disqualification du Canada.
Moins de quatre semaines plus tard, Shapovalov est de retour dans la région pour participer aux Futures de Gatineau, un tournoi sanctionné par l'ITF doté d'une bourse globale de 25 000 $US. Même s'il a fait son mea culpa après sa bourde, l'athlète originaire de Richmond Hill aurait pu appréhender son retour à la compétition en sol canadien cette semaine.
Mardi soir, il a été soulagé par la réaction de la foule qui l'a accueilli chaleureusement dans sa victoire décisive de 6-3, 6-2 au premier tour contre l'Américain Nathaniel Lammons. Les gradins de la Sporthèque débordaient pour assister à son premier match en simple. La veille, avec son partenaire Félix Auger-Aliassime, il avait éliminé les premières têtes de séries du tournoi en double.
À la fin de son match mardi, il a remercié la foule en se plaçant une main sur le coeur. « Le support de la foule a été incroyable. Ça aide de jouer à la maison parce que nos partisans viennent nous encourager », a-t-il dit après avoir complété un match avec 10 as au service.
S'il avait le sentiment d'avoir laissé tomber la nation avec sa disqualification en Coupe Davis, Shapovalov se doutait bien que le public allait lui pardonner son impair.
Devenu célèbre malgré lui
« Après l'incident, je suis retourné à la maison pour me remettre de mes émotions. J'ai sauté un tournoi en France, puis à mon retour en compétition à Marseille, j'étais un peu nerveux parce que l'arbitre que j'ai frappé était Français, mais je n'avais pas peur pour mon retour au pays. Je me suis rendu compte que les Canadiens ont le pardon facile. Bien des gens m'ont écrit pour me dire de ne pas m'en faire et de garder la tête haute. »
D'ailleurs, Shapovalov avance que l'incident l'a probablement rendu célèbre bien malgré lui. « C'est une façon comme une autre de devenir célèbre. J'étais littéralement partout à la télévision. Aux Indes. En Russie. Partout. Alors je suis convaincu que les yeux sont braqués sur moi maintenant. Les gens veulent savoir ce que je vais faire la prochaine fois, mais ceux qui me connaissent savent que je suis une bonne personne. »
Dans sa victoire contre le qualifié Lammons (1009e), Shapovalov (250e) a montré des signes de frustration une seule fois en laissant tomber sa raquette après une erreur. Rapidement, il a mis la foule de son côté. Il a commencé le match avec trois as consécutifs ! La deuxième tête de série du tournoi a gagné ses neuf manches au service.
« J'ai confiance en mon service. Je viens d'en réussir 16 à Marseille même si j'ai perdu 7-5, 6-4 dans un tournoi ATP de la série 250. »
Shapovalov reprendra l'action dès mercredi (pas avant 15 h) contre le Danois Frederik Nielsen (470e). « J'aimerais faire mieux que l'an dernier. J'ai fait deux rondes ici l'an dernier. Mon objectif sera aussi de gagner un Challenger en 2017 et j'aimerais percer le top 150. »
Mercredi palpitant à prévoir au «Futures»
Félix Auger-Aliassime
Une chance qu'il y a relâche scolaire au Québec cette semaine parce que les amateurs de tennis professionnel ne voudront rien manquer du menu de la journée de mercredi au tournoi Futures de Gatineau à la Sporthèque.
Le moindre que l'on puisse dire, c'est qu'ils auront l'embarras du choix. En plus du match de deuxième tour de Denis Shapovalov qui sera en action en même temps que le duel 100 % canadien entre Filip Peliwo et Stefan Frljanic (pas avant 15 h), il y a le jeune prodige québécois Félix Auger-Aliassime qui fera sa rentrée contre son compatriote Pavel Krainik (pas avant 17 h).
Avant eux, le Britanno-Colombien Philip Bester affrontera l'Américain JC Aragone. Sur le terrain voisin, l'Allemand Tim Puetz sera confronté à l'Américain Adam El Mihdawy. Les habitués du Futures se souviendront que Puetz avait été finaliste en simple et en double à Gatineau en 2015. Aujourd'hui classé 597e au monde, Puetz avait atteint le 163e rang mondial après son passage à Gatineau en 2015, mais une opération à un genou est venu ralentir sa progression. À son match de premier tour mardi, Puetz a éliminé la raquette ottavienne Malik Bathnagar 6-3, 6-2.
Toujours mardi, le premier favori du tournoi 2017, le Français Gleb Sakharov a dû trimer dur avant de se défaire difficilement du Québécois Samuel Monette 6-2, 7-6 (10), dans un match qui a duré deux heures et 15 minutes.
« À un moment donné, ils ont lutté pendant 28 minutes juste pour un jeu », a fait remarquer l'organisateur du tournoi, Mathieu Toupin.
Âgé de 23 ans, Monette sort des rangs de la NCAA et tente une percée chez les professionnels.
Troisième tête de série, le Français Laurent Lokoli a aussi avancé mardi alors que son compatriote Grégoire Barrère n'a pas eu la même chance. La quatrième tête de série a été éliminée par l'Américain Ryan Shane.
Mercredi, le dernier match de la journée sur le terrain 5 aura également une saveur particulière pour deux raquettes outaouaises qui feront leurs débuts professionnels en double alors que Sébastien Collard et Zacharie Pineault se mesureront aux troisièmes favoris.