Senses, d'Omar Sosa

Le dépouillement extrême: un piano, seul fidèle compagnon de cet artiste cubain qui depuis plus de 15 ans défend une approche du jazz extatique.
Senses est né lors d'une résidence d'artiste à laquelle Omar Sosa était convié pour composer la musique d'un chorégraphe zimbabwéen. Était-ce l'abstraction de la danse qui l'inspirât? Le résultat nous laisse imaginer que le pianiste a mis au défi ses propres compositions, leur faisant subir une drastique cure d'épure, jusqu'à capter la substantifique moelle de chacune.
Cet album jalonné de 16 pistes aux titres bucoliques exhale toute l'essence irisée de sonorités métissées, effluves discrets qui s'évaporent délicatement de l'ébène du piano.
Apaisant, l'opus oscille entre une énergie souterraine et un romantisme musical à la lisière de la mélancolie. En filigrane, on perçoit que le piano est sa raison d'être, un prolongement de lui-même, un miroir qui ne l'a jamais déformé.