Satire au nom du père...

Mère de famille exemplaire portée par sa foi, Elisabeth (Astrid Whettnall) coanime avec le père Achille (Achille Ridolfi) une ligne ouverte à Radio Espoir Chrétien, en plus de l'héberger parmi les siens. Jusqu'à la mort accidentelle de son mari. Qui l'ébranle, ainsi que son fils aîné Jean-Charles.
Vincent Lannoo - qui a pu compter sur la collaboration du Gatinois Philippe Falardeau au scénario - propose une satire pour le moins grinçante sur l'aveuglement (notamment religieux), la pédophilie et l'hypocrisie (de l'Église et des zélotes).
La satire passe par le ton dénonciateur de la manipulation et de la duplicité; par des scènes poussées à l'extrême (qui frôlent parfois la caricature, malheureusement); par des dialogues où les saintes écritures sont mises à profit pour étayer tous les points de vue; et par la musique délicieusement suave.
On ne fait pas ici dans la dentelle. D'ailleurs, plusieurs scènes se teintent d'une dose quasi-tarantinesque de coups de feu et d'hémoglobine. Ce qui aurait pu être un exercice irrévérencieux demeure malgré tout une charge efficace contre les excès de ferveur religieuse.
Bref, c'est cru et noir. Violent et sanglant. Soyez prévenus.
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Au nom du fils. De Vincent Lannoo. Avec Astrid Whettnall, Philippe Nahon et Achille Ridolfi.
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