L'ancien des Sénateurs Sami Salo, joue un rôle de grand frère avec le Lightning cette saison auprès du jeune Victor Hedman.

Salo, héros obscur et grand frère

Vers la fin de leur camp d'entraînement, en 2002, les Sénateurs ont complété une transaction pour combler leurs besoins à court terme.
Ils avaient besoin d'un ailier gaucher. Ils ont obtenu les services de Peter Schaefer, qui faisait la grève à Vancouver.
Ils avaient un surplus de défenseurs. Ils ont cédé Sami Salo aux Canucks. Schaefer est aujourd'hui âgé de 36 ans. Il a joué son dernier match dans la LNH à l'automne 2010.
Salo fêtera bientôt ses 40 ans. Il est toujours actif. Il joue un rôle effacé, mais néanmoins crucial, dans les succès d'une des équipes les plus surprenantes de l'Association Est.
«Je suis un peu le filet de sécurité de Victor Hedman», raconte avec amusement le joueur le plus âgé du Lightning.
«C'est un rôle qui me convient. On me l'a confié dans le temps, à Vancouver, avec Alex Edler. Ça fonctionnait bien. Ici, avec Vic, c'est la même chose. Quand je saute sur la patinoire, on me demande souvent de calmer le jeu. Vic est bouillant, il a tendance à laisser ses émotions dicter sa conduite. Moi, je suis un gars très calme. Je n'ai pas de problèmes à ce chapitre.»
Le calme de Salo doit s'avérer un précieux atout. Edler a connu ses meilleures campagnes en sa compagnie.
Cette saison, en jouant avec Salo dans «95% des situations», Hedman a réussi à se hisser parmi l'élite. Il se maintient parmi les 10 défenseurs les plus productifs de la LNH.
«Je n'ai aucun mérite, assure le vétéran, sans doute un peu trop humble. Vic mérite pleinement le succès qu'il obtient. Il a été une des locomotives de notre équipe tout au long de la saison, avec Steven Stamkos, Valteri Filppula, Ben Bishop...»
Longue et difficile saison
Salo croit qu'avec tous ces joueurs à l'avant-plan, le Lightning pourrait faire un long bout de chemin en séries. «Quand Jon Cooper a vraiment pris le contrôle de notre équipe, l'été dernier, nous avons discuté de nos faiblesses et des trucs qu'il fallait améliorer pour aller de l'avant. C'était assez évident. Il fallait se concentrer sur l'aspect le plus important du jeu, c'est-à-dire la défensive. Tout le monde a décidé d'embarquer. Vous pouvez voir le résultat en consultant le classement», dit-il.
Du succès en séries éliminatoires compléterait de belle façon l'hiver de Salo, lui qui a déjà remporté une médaille de bronze lors du tournoi olympique de Sotchi.
De retour l'an prochain?
Surtout qu'il pourrait s'agir de sa dernière saison. Son contrat arrive à échéance dans quelques mois. Il se dit fatigué. «Ce fut, pour moi, une longue et difficile saison.»
Il sait pourtant qu'un athlète en forme qui sait jouer à l'intérieur de ses moyens peut connaître du succès dans la quarantaine. À Sotchi, justement, il a côtoyé pendant deux semaines l'éternel Teemu Selanne.
À 43 ans, il a mérité le titre de joueur par excellence de la compétition. Il a fait partie de l'équipe d'étoiles.
«On pouvait voir à quel point il était heureux chaque fois qu'il sautait sur la glace, raconte Salo. Il a vraiment apprécié le rôle que les dirigeants de l'équipe nationale lui ont confié. Il n'a pas été utilisé à outrance par son entraîneur chez les Ducks d'Anaheim cette saison. À Sotchi, il a prouvé qu'il a toujours le feu sacré et qu'il est encore capable de briller au plus haut niveau.»
Sstlaurent@ledroit.com